Cisjordanie : La démolition de la maison d’un terroriste palestinien reportée
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Cisjordanie : La démolition de la maison d’un terroriste palestinien reportée

Washington aurait demandé à Israël de ne pas détruire l'habitation de Muntasir Shalabi, qui a tué Yehuda Guetta ; la famille de l'homme aurait la nationalité américaine

Les soldats israéliens cartographient l'habitation de Muntasir Shalabi, un Palestinien soupçonné d'avoir commis un attentat par arme à feu, avant sa potentielle démolition à Turmus Ayya, en Cisjordanie, le 6 mai 2021. (Crédit : Armée israélienne)
Les soldats israéliens cartographient l'habitation de Muntasir Shalabi, un Palestinien soupçonné d'avoir commis un attentat par arme à feu, avant sa potentielle démolition à Turmus Ayya, en Cisjordanie, le 6 mai 2021. (Crédit : Armée israélienne)

Israël a reporté la démolition du domicile familial d’un Palestinien accusé d’avoir tué un étudiant israélien, après une intervention de Washington, qui a demandé à ce que cette initiative ne soit pas prise, a fait savoir mardi la Douzième chaîne.

Selon des informations rendues publiques le mois dernier, tous les membres de la famille ont la citoyenneté américaine.

Muntasir Shalabi a été inculpé pour le meurtre de Yehuda Guetta, âgé de 19 ans, au carrefour de Tapuah, en Cisjordanie. Il avait également blessé par balle deux autres adolescents, l’un d’eux grièvement.

Même si la démolition de l’habitation de Shalabi, qui se situe dans la ville de Turmus Ayya, en Cisjordanie, a été approuvée et que la justice a rejeté, le mois dernier, un appel lancé contre l’ordre de destruction, l’habitation est aujourd’hui encore intacte.

Ce week-end, le gouvernement américain est entré en contact avec le ministère de la Défense israélien et il a demandé que la démolition ne soit pas menée à bien. Les autorités ont décidé de mettre en pause le dossier, a affirmé la chaîne.

Malgré ce report, les responsables restent déterminés à détruire la maison même au risque d’un différend avec les États-Unis, a précisé le reportage, qui n’a pas cité ses sources.

Au mois de juin, la Haute cour de justice avait, à l’unanimité, rejeté un appel réclamant l’annulation de la démolition.

Muntasir Shalabi, suspect dans la fusillade qui a eu lieu au carrefour de Tapuah, en Cisjordanie, le 1er mai 2021. (Autorisation)

La famille avait affirmé que le terroriste présumé vivait peu dans l’habitation, mais les magistrats avaient néanmoins estimé que les informations récoltées lors de l’enquête ouverte sur l’attentat avaient laissé penser le contraire. La maison appartenait à Shalabi, avaient-ils dit, et le terroriste présumé l’avait lui-même rénovée.

Concernant l’affirmation faite par la famille – qui avait déclaré que la destruction de l’habitation s’apparentait à une sanction collective – la cour avait indiqué que la force de dissuasion d’éventuels terroristes que représentait la démolition de la maison était plus importante que la prise en considération des proches, même s’ils n’avaient pas été impliqués dans l’attaque.

Muntasir Shalabi a été inculpé par le tribunal militaire de Judée pour homicide volontaire, tentative d’homicide, possession et usage d’une arme sans permis et obstruction à la justice.

Shalabi, 47 ans, est soupçonné de s’être rendu en voiture au carrefour de Tapuah, dans le nord de la Cisjordanie, en date du 2 mai et d’avoir ouvert le feu en direction d’un groupe d’étudiants israéliens de la yeshiva de l’implantation voisine d’Itamar. Les coups de feu avaient finalement entraîné la mort de Yehuda Ghetta, 19 ans, grièvement blessé un autre adolescent et plus légèrement un troisième.

Shalabi avait finalement été arrêté après une chasse à l’homme de trois jours – une heure après la mort de Guetta, qui avait succombé à ses blessures.

Yehuda Guetta, 19 ans. (Autorisation)

Shalabi, père de sept enfants, ne serait affilié à aucun groupe terroriste palestinien, ont indiqué les services de sécurité du Shin Bet.

Les autorités israéliennes prennent souvent des mesures punitives – comme les démolitions de maison – avant une condamnation dans les dossiers d’attentat terroriste. Israël défend cette pratique en affirmant qu’elle dissuade les éventuels terroristes de commettre de futurs attentats et les responsables estiment que la rapidité est ici un facteur essentiel, affirmant que la force de dissuasion des démolitions s’amoindrit avec le temps.

Au fil des années, un certain nombre de responsables de la Défense ont mis en doute l’efficacité de cette pratique et les activistes des droits de l’homme dénoncent, pour leur part, une punition collective injuste.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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