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Cisjordanie : La marche vers un avant-poste démantelé aura bien lieu

L'armée s'était opposée à ce projet de marche jusqu'à l'avant-poste de Homesh ; un accord a été trouvé avec le ministère de la Défense et les soldats sécuriseront l'événement

Le village palestinien de Burqa. Un drapeau israélien a été placé dans l'avant-poste juif de Homesh en Cisjordanie, le 17 janvier 2022. (Crédit : AP/Ariel Schalit)
Le village palestinien de Burqa. Un drapeau israélien a été placé dans l'avant-poste juif de Homesh en Cisjordanie, le 17 janvier 2022. (Crédit : AP/Ariel Schalit)

Des milliers de personnes prévoient de prendre part, ce mardi, à une marche qui rejoindra l’avant-poste démantelé de Homesh, en Cisjordanie, malgré l’opposition initiale de l’armée.

Parmi les participants attendus, des députés du parti Sionisme religieux d’extrême-droite et notamment son président Bezalel Smotrich.

L’armée avait averti les organisateurs qu’elle ne serait pas en mesure de garantir la sécurité de l’événement qui doit commencer à l’implantation de Shavei Shomron, à 11 heures ce matin. La marche en elle-même se fera sur environ 14 kilomètres et passera aux abords de plusieurs villages palestiniens.

Mais lundi après-midi, Haaretz a fait savoir que les organisateurs – qui travaillent à la yeshiva de Homesh – avaient trouvé un accord avec le ministère de la Défense et que les militaires assureraient la sécurité des participants près des villages palestiniens, malgré l’inquiétude de Tsahal qui redoute en Cisjordanie de nouveaux affrontements consécutifs à l’évènement.

Homesh était revenu à la une des médias au mois de décembre dernier, quand un terroriste palestinien avait ouvert le feu sur un véhicule qui transportait des étudiants qui quittaient la yeshiva. L’attaque avait fait un mort, Yehuda Dimentan.

Suite à cet attentat meurtrier, les députés ultra-nationalistes avaient appelé à faire revivre l’avant-poste qui avait été démantelé en 2005.

Yehuda Dimentman. (Crédit : Autorisation)

Cette marche constitue une violation de la loi martiale qui interdit aux Israéliens de retourner sur les territoires des quatre implantations abandonnées par le gouvernement en 2005, dans le cadre du désengagement à Gaza. En pratique, cette loi a été à peine respectée, avec la yeshiva qui a continué à mener illégalement ses activités à Homesh au cours des 15 dernières années, souvent après avoir bénéficié de la protection de l’armée. Des jugements judiciaires accordant aux agriculteurs palestiniens l’accès à leurs terres dans le périmètre des implantations évacuées n’ont aussi que rarement été appliqués.

Dans une lettre récente écrite aux organisateurs de la marche à la yeshiva de Homesh, le major Roy Zweig, commandant de la brigade régionale de Samarie, a averti que les forces étaient débordées et qu’elles n’étaient pas suffisamment nombreuses pour garantir la sécurité lors les différents événements de Pessah en raison du niveau d’alerte élevé concernant de possibles attaques terroristes dans toute la Cisjordanie.

Zweig a averti les organisateurs qu’ils « mettaient en danger en toute connaissance de cause un important groupe de personnes ignorantes des nombreuses menaces pesant sur la sécurité », tout en « trompant le public en laissant croire que l’événement est approuvé et sécurisé ».

Il a ajouté que « ceux qui choisissent d’éviter les forces de l’armée israélienne qui se trouvent dans la zone et qui choisissent d’emprunter des itinéraires dangereux en traversant les villages palestiniens ou en passant à côté mettaient leur vie en péril ».

Des partisans du mouvement pro-implantation dans l’implantation vide de Sa-Nur, le 24 juillet 2018. (Crédit : Homesh T’cheela)

Mais les organisateurs ont indiqué qu’ils prévoyaient de maintenir la marche, indépendamment de la présence de l’armée.

Selon le site d’information national-religieux Kipa, les parents de plusieurs partisans du mouvement pro-implantations tués dans des attentats terroristes ont exprimé leur surprise, dans un courrier adressé lundi au Premier ministre et au ministère de la Défense, face à ce manque de main-d’œuvre dans l’armée alors que « des forces bien plus nombreuses permettent à une fête musulmane d’être organisée » et que la Cisjordanie est restée ouverte pour les Palestiniens, qui peuvent entrer en Israël.

« Un défilé festif des Israéliens pour Pessah a-t-il moins de valeur qu’une célébration musulmane ? », est-il écrit dans la lettre.

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