Comment Abraham s’est rendu de Mésopotamie en Terre promise ?
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Comment Abraham s’est rendu de Mésopotamie en Terre promise ?

Les solutions à ce mystère antique et à d'autres abondent au Musée des Pays de la Bible de Jérusalem

Ancien modèle en bronze d'un chariot tiré par des taureaux (autorisation: Musée des Pays de la Bible de Jérusalem)
Ancien modèle en bronze d'un chariot tiré par des taureaux (autorisation: Musée des Pays de la Bible de Jérusalem)

« L’Éternel avait dit à Abram : ‘Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et vas au pays que je t’indiquerai… » Abram prit Saraï son épouse, Loth le fils de son frère, et tous les gens et les biens qu’ils avaient acquis à Harân. Ils partirent pour se rendre dans le pays de Canaan… » (Genèse XII, 1-5)

Vous êtes-vous jamais demandé comment exactement le patriarche Abraham et son entourage se sont rendu de Harân en Mésopotamie vers la Terre promise ? Ont-ils chevauché des chameaux ? Ou bien auraient-ils voyagé avec plus de style – peut-être dans un carosse confortable ?

Vous pouvez trouver la réponse en visitant le Musée des Pays de la Bible de Jérusalem qui est unique en son genre. Vous embarquez pour un voyage fascinant à travers les peuples, les pays et les cultures de la Bible.

Vous apprendrez comment les anciennes coutumes et traditions ont influencé nos ancêtres et ont fourni la toile de fond de la religion juive, de l’esprit juif et de la patrie juive.

Les archéologues pensent que la famille d’Abraham a voyagé dans un chariot tiré par des taureaux exactement comme un modèle exposé dans l’une des galeries.

Fabriqué en bronze, le modèle est un original qui remonte à quelque part entre 3 000 et 2 000 avant notre ère. Ce qui le rend si passionnant, c’est le fait qu’il ait été découvert tout près de Harân, la ville où Abraham vivait lorsqu’il reçut l’ordre « d’aller au pays ». Il se peut que les personnes résidant au Moyen-Orient il y a longtemps ont fait des modèles de leurs chariots et les ont laissés à la maison, avec la foi que cela les protégerait lors de leurs voyages.

Ancien modèle en bronze d'un chariot tiré par des taureaux (autorisation: Musée des Pays de la Bible de Jérusalem)
Ancien modèle en bronze d’un chariot tiré par des taureaux (autorisation: Musée des Pays de la Bible de Jérusalem)

Une deuxième galerie accueille de nombreux couteaux en silex.

Malgré sa force, le silex peut être effrité pour lui donner un tranchant très aiguisé – ce qui permet à un fabricant d’outils qualifié de le transformer aisément en couteau.

Les anciens Egyptiens, qui circoncisaient les adolescents de la classe supérieure, effectuaient l’opération avec des couteaux en silex.

Un couteau de silex (autorisation: Musée des Pays de la Bible de Jérusalem)
Un couteau de silex (autorisation: Musée des Pays de la Bible de Jérusalem)

Mais pourquoi Josué a-t-il utilisé le silex pour circoncire les enfants d’Israël en masse, quand le fer était déjà en usage ? Peut-être comme marque de respect au patriarche Abraham, qui aurait effectué les premiers circoncisions au silex ?

De plus, le fer, encore rare en tout cas, se serait émoussé après seulement quelques circoncisions et aurait dû être aiguisé constamment. Le silex était préférable pour une autre raison également : selon la légende au moins, la pierre contient un antibiotique naturel, très utile pour les circoncisions de masse.

L’aspect étrange des statuettes d’argile dans une troisième galerie sont des divinités domestiques qui ont joué un rôle important dans le monde antique.

Après avoir travaillé pour Laban pendant 20 ans, Jacob est parti pour Canaan avec ses deux épouses, ses enfants et ses troupeaux.

Laban a passé trois jours à le traquer, hors de lui parce que quelqu’un de la maison de Jacob avait volé ses idoles (c’était Rachel, et elle s’était assise sur elles afin que son père ne les découvre pas).

Des idoles domestiques exposées au Musée des Pays de la Bible de Jérusalem (Credit photo: Shmuel Bar-Am)
Des idoles domestiques exposées au Musée des Pays de la Bible de Jérusalem (Credit photo: Shmuel Bar-Am)

Pourquoi Rachel les avaient-elles prises – et pourquoi étaient-elles si importantes pour Laban ? Des petites idoles comme celles-ci étaient censées veiller sur la maisonnée, et intercéder auprès des dieux principaux.

Mais lorsque leur propriétaire décédait, celui qui les possédait devenait apparemment l’héritier de la maison.

Rachel, sans nul doute, désirait une protection pour leur périple vers Canaan. Mais elle a peut-être également pensé à l’avenir, apres qu’elle (et Léa) aient amèrement – et rhétoriquement demandé à Jacob : « Est-il encore pour nous une part et un héritage dans la maison de notre père ? N’avons-nous pas été considérées par lui comme des étrangères, puisqu’il nous a vendues ? Il a consommé, oui, consommé notre bien ! (Genèse XXXI, 14-15).

Joseph, le fils de Rachel qui a été vendu comme esclave par ses demi-frères jaloux, est finalement devenu le second du Pharaon égyptien. Quand il est mort, à l’âge de 110 ans, ses frères l’ont embaumé et placé dans un cercueil qui convenait à un enterrement de la classe supérieure qui aurait ressemblé à un cercueil sophistiqué exposé dans une autre des galeries. Appartenant à un homme nommé Tjetu, ce cercueil égyptien est typique de ceux utilisés pour les nobles et autres aristocrates.

Cercueil égyptien (autorisation: Musée des Pays de la Bible de Jérusalem)
Cercueil égyptien (autorisation: Musée des Pays de la Bible de Jérusalem)

Des cercueils de ce genre étaient préparés à l’avance, rempli d’objets précieux pour une utilisation dans l’autre monde, et illustrés d’images. Celui-ci est décoré avec deux très grands yeux. Ils appartiennent au dieu Horus, qui avait la forme d’un faucon et avait une vue exceptionnellement perçante.

Comme il contemplait son lieu de repos éternel, l’Egyptien devait se demander comment éloigner les voleurs après sa mort. Peindre Horus sur le cercueil signifiait que même après la mort, il serait en mesure de voir un éventuel voleur – et de lui envoyer le message : « Méfiez-vous, car je vous vois ! Et quand votre tour viendra, je m’en souviendrai. »

La première femme de David était la fille du roi Saül, Michal, et à un moment donné ils ont été très amoureux. Mais évidemment, cela a changé – au moins pour elle. À une occasion, les Philistins venaient de rendre aux Juifs l’Arche sainte. Et comme elle
« entrait dans la Cité de David, Michal (…) regarda par la fenêtre, vit le roi David sautant et dansant devant le Seigneur, et elle en conçut du dédain pour lui ». (2 Samuel VI, 16).

Fenêtre avec le visage dégoûté d'une femme regardant vers l'extérieur, au Musée des Pays de la Bible de Jérusalem (Crédit photo: Shmuel Bar-Am)
Fenêtre avec le visage dégoûté d’une femme regardant vers l’extérieur, Musée des Pays de la Bible de Jérusalem (Crédit photo: Shmuel Bar-Am)

Est-ce qu’un magnifique ivoire exposé au musée – une fenêtre avec le visage dégoûté d’une femme regardant vers l’extérieur – nous montre ce que ressentait Michal devant la danse de son mari ? Il a été fabriqué au Moyen-Orient et remonte à environ 850 avant notre ère – pas trop longtemps après le règne de David. Ou s’agit-il plutôt d’une représentation de Jézabel qui « s’enduisit les yeux de fard, se para la tête et regarda par la fenêtre ? (2 Rois IX,30).

Un grand vase brisé, datant du 6e siècle avant notre ère, se dresse sur un rebord dans une galerie différente et permet d’expliquer un passage du livre de Jérémie : « Le roi Sédécias donna des ordres, à la suite desquels on lui [à Jérémie] fournissait chaque jour une miche de pain de la rue des boulangers, jusqu’au moment où le pain vint à manquer dans la ville. » (Jérémie XXXVII, 21)

Jarre de boulanger au Musée des Pays de la Bible de Jérusalem (Crédit photo: Shmuel Bar-Am)
Jarre de boulanger au Musée des Pays de la Bible de Jérusalem (Crédit photo: Shmuel Bar-Am)

Peut-être utilisé avant la conquête babylonienne de Jérusalem, et découvert parmi les ruines de la ville au Sud du Mont du Temple, cette jarre aurait pu contenir du vin ou de l’huile – ou de la farine pour les boulangers qui pétrissaient le pain. Le bâtiment dans lequel elle a été trouvée faisait partie d’un complexe administratif royal, dans la zone des entrepôts. L’inscription dit : « Appartenant à la ministre de… ».

Au cours de la période du Premier Temple, les Juifs étaient généralement enterrés dans des caveaux familiaux, puis leurs ossements rassemblés plus tard dans de grandes fosses.

A l’époque romaine, en revanche, un millier d’années plus tard, ils étaient inhumés dans des sarcophages personnels (« mangeurs de chair » en grec) qu’ils avaient souvent confectionnés avant leur décès.

Un sarcophage de Jérusalem datant de la fin de la période du Second Temple, raconte une histoire fascinante. Une inscription en araméen, la langue des Juifs de l’époque, dit : « Ferme ceci, et ne mets personne d’autre à l’intérieur ! »

Un sarcophage de la fin de l'ère du Second Temple au Musée des Pays de la Bible de Jérusalem (Crédit photo: Shmuel Bar-Am)
Un sarcophage de la fin de l’ère du Second Temple au Musée des Pays de la Bible de Jérusalem (Crédit photo: Shmuel Bar-Am)

Ce sarcophage a été préparé pendant que le propriétaire était encore en vie, et il a interdit d’enterrer deux personnes dans le même cercueil.

Peut-être que le propriétaire voulait faire passer un message à sa femme – la seule personne qui aurait pu insister à le rejoindre un jour malgré l’interdiction.

Le musée est entièrement accessible en fauteuil roulant. Il présente actuellement une exposition passionnante appelée ‘By the Rivers of Babylon’, sur la vie des Juifs exilés à Babylone qui ont reconstruit leur vie dans une ville appelée Al-Yahudu (la ville de Juda).

Le Musée des Pays de la Bible de Jérusalem (autorisation)
Le Musée des Pays de la Bible de Jérusalem (autorisation)
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