Comment Israël se prépare à la révolution de la voiture intelligente
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Comment Israël se prépare à la révolution de la voiture intelligente

Les véhicules du futur devraient avoir un impact "très important" dans de nombreux domaines pour améliorer le trafic, la productivité et la sécurité

Image de véhicules intelligents, de véhicules autonomes et de transports intelligents (ae Young Ju; iStock par Getty Images)
Image de véhicules intelligents, de véhicules autonomes et de transports intelligents (ae Young Ju; iStock par Getty Images)

Alors que les voitures électriques automatiques et les taxis collectifs doivent un jour remplacer les voitures privées, Israël a publié un rapport qui a vocation à devenir la feuille de route d’une politique pour aider la Startup Nation à se préparer à la révolution du transport intelligent.

Le rapport, publié par le Conseil économique national et décrivant deux scénarios possibles, mais radicalement opposés, sur les effets du transport intelligent dans une large gamme de domaines, comme l’urbanisme, les emplois, la santé et la sécurité, sera distribué dans les prochaines semaines à tous les ministères du gouvernement.

Son but est de relancer la réflexion du gouvernement et d’inciter les ministères à mieux coordonner leurs efforts, afin de devenir la base d’une politique nationale qui conduira à « l’adoption positive », dans les vingt prochaines années, de véhicules connectés et autonomes.

Le développement de voitures électriques, autonomes et connectées a déjà lieu en Israël dans un certain nombre de projets pilotes, et le taux de pénétration du marché devrait augmenter après 2025-2030, a déclaré le rapport, rédigé par Roni Bar du conseil. Ces véhicules seront peut-être différents, dans leur structure globale, de ceux que nous connaissons maintenant.

Image de voiture automatique (metamorworks; iStock par Getty Images)

Même s’il est encore très incertain pour savoir quelle forme ces nouvelles technologies prendront, quand elles seront au point et comment elles seront mises en place, la plupart des experts mondiaux de l’industrie pensent qu’elles vont modifier la manière dont les personnes et les biens se déplacent.

Elles vont avoir un « impact très fort » sur l’économie, y compris dans la construction et l’urbanisme, le marché de l’énergie, les revenus de l’État, les coûts de la vie, le marché du travail, la pollution, la sécurité, la santé publique et d’autres domaines, a indiqué le rapport.

« L’objectif de ce document est de discuter des conséquences de la pénétration dans le marché des véhicules autonomes, connectés, partagés et électriques sur l’économie israélienne, a déclaré le rapport. Il s’agit également de brosser un tableau général des implications possibles dans une grande variété de domaines ».

Le but consiste à sensibiliser le public sur le « processus important » qui va avoir lieu et sur ses conséquences potentielles, pour le meilleur et pour le pire. De fait, la révolution pourrait conduire à deux scénarios radicalement différents, dans lesquels le public pourra soit bénéficier ou, au contraire, payer le prix fort pour l’adoption de ces nouvelles technologies. Des mesures doivent donc être prises, et une politique globale doit être mise en place pour s’assurer que ces changements seront positifs.

Le bon scénario contre le mauvais

Les transports intelligents vont probablement aider à réduire les embouteillages, a expliqué le rapport. Les embouteillages coûtent environ 35 milliards de shekels (9 milliards d’euros) par an à l’économie israélienne, une somme qui devrait doubler d’ici 2040, à moins que des mesures soient prises. Des voitures autonomes peuvent potentiellement aider à réduire les embouteillages puisque certains des trajets seront partagés et le nombre de voitures privées va diminuer.

Embouteillagemontre sur l’autoroute Ayalon de Tel Aviv, le 28 octobre 2015. (Simcha Simon, courtesy)

Dans la même logique, le développement des voitures autonomes et partagées va réduire le besoin en places de parking, puisque moins de familles auront leurs propres voitures. Cela pourrait libérer des places de parking pour d’autres besoins, comme des constructions supplémentaires pour des habitations, des bureaux, des pistes cyclables et des espace verts.

Les voitures électriques intelligentes vont réduire la dépendance aux énergies fossiles, mais aussi entraîner une diminution de la pollution et, comme on peut l’espérer, des accidents de la route, a souligné le rapport. Des estimations ont indiqué qu’en retirant le facteur humain de la conduite, il y aura une baisse d’environ 90 % des accidents de la route, a annoncé le rapport.

En outre, les gens qui passent actuellement du temps à conduire pourront travailler alors qu’une voiture autonome les conduira, ce qui aura un impact positif sur la productivité. Et ceux qui ne possèdent pas leur propre voiture seront plus mobiles.

Sans un plan bien adapté, ce scénario pourrait facilement dérailler, a prévenu le rapport, puisque cette révolution ne vient pas sans un certain nombre de risques. Au lieu de baisser, les embouteillages et les problèmes de parking pourraient en réalité augmenter, particulièrement dans les centre-villes, puisque des gens pourraient décider d’utiliser leurs véhicules partagés ou les voitures autonomes au lieu de prendre un vélo ou de marcher.

Cela pourrait entraîner une augmentation des risques pour la santé alors que la population deviendrait plus paresseuse à mesure de l’automatisation. En outre, si des voitures autonomes remplacent des voitures privées sans impliquer une augmentation du nombre de véhicules partagées, ou s’ils ne sont pas accompagnés des transports en communs intelligents, cela pourrait conduire à une augmentation, et non pas une diminution, des embouteillages.

Les gens embauchés comme chauffeurs pourraient bien être licenciés, alors que les revenus de l’État liés aux taxes sur les carburants et les achats automobiles pourraient aussi chuter : en 2016, l’État a empoché 41,5 milliards de shekels sur les carburants et les nouvelles voitures, notait le rapport.

Pour s’assurer que le scénario positif est celui qui va se réaliser, le gouvernement doit promouvoir des solutions de transports public et des options de transports partagés, et il doit ré-évaluer comment il taxe le système de transports, en utilisant des méthodes de tarification qui prennent en compte les kilomètres parcourus, le lieu et le temps de conduite, pour développer la demande pour ce genre de services.

Le gouvernement devrait aussi mettre en place des plans pour développer les rénovations urbaines, et faire la meilleure utilisation des places de parking qui sont probablement vides. Des régulations en matière de sécurité et de respect de la vie privée dans le domaine des transports doivent être mises en place, et doivent impliquer tous les ministères, afin que les opérations puissent être coordonnées.

Image d’une famille conduisant une voiture (Solovyova; iStock par Getty Images)

Les problèmes mentionnés dans le rapport concernent tous les pays, mais puisque l’infrastructure de transport d’Israël est si mauvaise, des mesures immédiates devraient être prises pour promouvoir l’infrastructure de transport en commun et étudier des solutions de transition, avant même l’arrivée des véhicules autonomes, a expliqué le rapport.

En outre, puisque la population d’Israël se développe et beaucoup de familles ont de jeunes enfants, il sera difficile pour les Israéliens d’abandonner leurs voitures personnelles à moins que les véhicules partagés ne fournissent des services bien adaptés. En préparation du futur, Israël doit s’assurer qu’il prendra en compte les besoins des familles avec des jeunes enfants et ceux des populations plus âgées, a expliqué le rapport.

Alors qu’Israël n’a pas été jusqu’à présent un acteur de l’industrie automobile, le pays joue un rôle central dans le domaine des transports intelligents, « où il a un avantage relatif », précisait le rapport. « Le passage des phases de développement aux phases de mise en pratique des transports intelligents a créé des opportunités supplémentaires importantes pour Israël, qui devient un centre » pour les sites pilotes beta, expliquait le rapport.

Le rapport a été écrit en coopération avec tous les ministères du gouvernement, y compris l’Administration des transports intelligents et de combustibles alternatifs du Bureau du Premier ministre, le ministère des Transports, le ministère de l’Energie et de l’Administration de l’action publique.

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