Corbyn regrette d’avoir défini le Hamas et le Hezbollah comme ses “amis”
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Corbyn regrette d’avoir défini le Hamas et le Hezbollah comme ses “amis”

Le chef contesté du Labour dément promouvoir un environnement antisémite et rejette les remarques de son allié Livingstone sur Hitler

Jeremy Corbyn, dirigeant du Labour britannique, répond aux questions de la commission des Affaires domestiques sur l'antisémitisme, au parlement britannique, le 4 juillet 2016. (Crédit : capture d'écran parliamentlive.tv)
Jeremy Corbyn, dirigeant du Labour britannique, répond aux questions de la commission des Affaires domestiques sur l'antisémitisme, au parlement britannique, le 4 juillet 2016. (Crédit : capture d'écran parliamentlive.tv)

Le chef contesté du Labour, Jeremy Corbyn, a exprimé lundi ses regrets d’avoir parlé des groupes terroristes islamistes du Hezbollah et du Hamas comme de ses « amis », et a rejeté les remarques de Ken Livingstone, l’ancien maire de Londres, qui avait déclaré qu’Hitler avait soutenu le sionisme, mais a soutenu que son parti ne promouvait pas l’antisémitisme.

La commission des Affaires domestiques du Parlement britannique a interrogé Corbyn sur l’antisémitisme du Labour, alors qu’il subit des appels croissants à démissionner en raison du soutien minimal qu’il aurait apporté à la campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne.

Corbyn, qui a été élu à la tête du parti en septembre dernier, avait autrefois parlé du Hamas et du Hezbollah comme ses « amis », et avait jusqu’à présent refusé de retirer cette déclaration.

Il a démenti à maintes reprises que son parti avait « un problème d’antisémitisme », malgré une série de suspensions de membres du parti ces derniers mois pour des commentaires antisémites ou anti-israéliens.

« La formulation que j’ai utilisée à cette réunion, qui était en fait ici au Parlement, et il s’agissait d’encourager la rencontre à se poursuivre, de les encourager à avoir une discussion au sujet du processus de paix », a déclaré Corbyn devant la commission à propos de ses remarques sur le Hezbollah et le Hamas. « J’ai utilisé un terme inclusif, qu’avec du recul j’aurais mieux fait de ne pas utiliser… Je regrette d’avoir utilisé ces mots. »

Il a déclaré que le Hezbollah et le Hamas « n’ont jamais été » ses amis.

Il a également ajouté que l’affirmation de Livingstone selon laquelle Hitler avait un moment soutenu le sionisme était « totalement inacceptable et fausse ». Livingstone, allié proche de Corbyn, a refusé à maintes reprises de revenir sur cette déclaration.

Ken Livingstone comparaît devant une commission parlementaire sur l'antisémitisme à Londres, le 14 juin 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Ken Livingstone comparaît devant une commission parlementaire sur l’antisémitisme à Londres, le 14 juin 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Corbyn avait été critiqué jeudi dernier quand il avait semblé comparer Israël à l’Etat islamique dans son propre discours en réponse à la publication d’un rapport sur l’antisémitisme.

« Nos amis juifs ne sont pas plus responsables des actions d’Israël ou du gouvernement Netanyahu que nos amis musulmans ne le sont par les divers organisations ou états proclamés islamiques », avait-il alors déclaré, s’attirant des réponses furieuses des députés israéliens.

Corbyn avait démenti avoir comparé directement Israël à l’Etat islamique. Le chef de l’opposition et des travaillistes israéliens, Isaac Herzog, avait écrit en anglais sur Twitter que la comparaison était « scandaleuse, inacceptable, et une trahison des valeurs travaillistes mondiales. »

Il avait ajouté que « Corbyn représente une position de haine constante d’Israël. »

Le récent rapport du Labour sur l’antisémitisme a précisé que le parti n’était pas « envahi par le racisme », a déclaré Corbyn pour défendre son parti pendant l’audition de lundi, soulignant que le Labour avait été au premier plan de toutes les lois contre le racisme de Grande-Bretagne.

Le président de la commission, le député travailliste Keith Vaz, a exprimé son inquiétude que Corbyn « promeuve une période dans le parti où l’antisémitisme existe », ce à quoi le président du parti a répondu que cette accusation était « profondément injuste et profondément fausse ».

« C’est absolument le dernière chose que je veux faire », a-t-il déclaré.

« Il y a longtemps, il y a eu des moments où des remarques antisémites étaient faites, quand j’ai d’abord rejoint le parti puis après, a déclaré Corbyn. Ces dernières années, non, et parmi mes électeurs, pas du tout. »

« J’ai reçu des rapports et ai pensé que la meilleure chose à faire était de lancer une enquête. »

La députée juive britannique travailliste Ruth Smeeth quitte la présentation d'un rapport sur l'antisémitisme au sein de son propre parti après qu'un soutien de Jeremy Corbyn l'a accusée de contrôler les médias, à Londres, le 30 juin 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
La députée juive britannique travailliste Ruth Smeeth quitte la présentation d’un rapport sur l’antisémitisme au sein de son propre parti après qu’un soutien de Jeremy Corbyn l’a accusée de contrôler les médias, à Londres, le 30 juin 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

La semaine dernière, pendant la présentation des conclusions d’une enquête interne sur l’antisémitisme au sein du Labour, la députée travailliste juive Ruth Smeeth a quitté brutalement l’évènement après qu’un partisan de Corbyn lui a adressé des injures antisémites.

Avant son élection à la tête du Labour britannique, Corbyn, député très à gauche, faisait pression pour un boycott d’Israël et avait appelé le secrétaire aux Affaires étrangères britanniques de l’époque à interdire aux politiciens israéliens d’entrer dans le pays, comme l’ont montré des lettres datant de 2010 à 2015 publiées le mois dernier.

« Les actions actuelles d’Israël et la victimisation des personnes de Jérusalem Est sont une abomination qui est totalement illégale, avait-il écrit à l’époque. Surement, le seul moyen logique d’avancer ici est de prendre des mesures concrètes pour pénaliser Israël, via la méthode la plus évidente. »

Lundi, Corbyn a répondu à la commission qui lui demandait s’il pensait que l’Etat d’Israël avait le droit d’exister en disant que lui et son parti soutenaient une solution à deux états.

Corbyn affronte en ce moment ses propres députés, qui ont la semaine dernière voté avec une majorité écrasante une motion de défiance contre lui, mais il refuse de démissionner de la tête du parti.

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