COVID-19 : 33 Israéliens soignés avec les anticorps de patients guéris
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COVID-19 : 33 Israéliens soignés avec les anticorps de patients guéris

La cheffe du service de transfusion sanguine du Magen David Adom opte tout de même pour un optimisme prudent

Un patient du coronavirus guéri (au centre) donne du plasma pour une expérimentation d'un nouveau traitement aux anticorps, avec Eilat Shinar, à droite. (Crédit : Magen David Adom)
Un patient du coronavirus guéri (au centre) donne du plasma pour une expérimentation d'un nouveau traitement aux anticorps, avec Eilat Shinar, à droite. (Crédit : Magen David Adom)

Les anticorps d’anciens patients ayant guéri du COVID-19 ont été administrés à 33 Israéliens infectés par le virus et les résultats seraient encourageants, selon une responsable des services de transfusion sanguine du Magen David Adom (MDA), le service d’urgence officiel d’Israël, d’ambulance et de don du sang.

Entre 30 à 40 % des malades ayant reçu les anticorps depuis le début des traitements, il y a trois semaines, ont vu leur état s’améliorer, a déclaré Eilat Shinar au Times of Israel.

« L’état de certains malades modérément touchés s’est vraiment amélioré », a-t-elle précisé, ajoutant que des patients plus gravement frappés par la maladie voyaient une amélioration de leur pression sanguine et de leurs fonctions respiratoires et rénales.

Mais Shinar, directrice des services de transfusion sanguine au Magen David Adom, a souligné que ces chiffres restaient modestes et qu’il n’y avait pas de groupe de contrôle, ce qui signifie qu’il n’y a pas de moyen scientifique de savoir si ce sont les anticorps qui sont vraiment à l’origine de ces améliorations.

Il faut se montrer « très prudent » avant de tirer des conclusions fermes, a-t-elle prévenu. « Il est connu que si vous êtes exposé à un virus, vous allez produire des anticorps. Ce que nous faisons, c’est relier les malades à une machine similaire, une machine de dialyse, qui sépare le plasma du reste du sang. »

« Et dans ce plasma, il y a des anticorps qui ont été produits par votre sang », ajoute-t-elle.

Plusieurs autres pays, notamment la Chine, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, réalisent des expériences similaires. Cette technique a d’ores et déjà été utilisée durant d’autres crises sanitaires – notamment pendant les épidémies du virus Ebola et du SaRs – mais les données restent limitées en ce qui concerne son efficacité.

L’équipe de Shinar recueille des dons du sang 14 jours après la guérison des malades à l’aide de deux tests négatifs au COVID-19. Le ministère de la Santé met en contact l’équipe et ces malades et les taux de réponse sont très positifs, clame-t-elle.

Le plasma est testé de façon à déterminer s’il n’est pas porteur de différentes maladies, dont l’hépatite et la syphilis, et il est ensuite gelé.

Les médecins peuvent prescrire ce traitement dans tous les hôpitaux israéliens et, jusqu’à présent, le ministère de la Santé a accepté toutes les requêtes soumises, précise Shinar. Les malades reçoivent le plasma par voie intraveineuse, en deux doses de 200 millilitres, qui sont administrées à vingt-quatre heures d’intervalle.

« Personne n’a vu son état se dégrader après avoir obtenu le plasma, ce qui est important », note-t-elle, tout en soulignant qu’il ne s’agit pas d’ « une solution magique ».

Shinar espère tout de même qu’une preuve tangible de l’efficacité du plasma pourra être apportée et qu’il pourra aider un grand nombre de personnes touchées par le COVID-109.

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