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Cyber-harcèlement de Magali Berdah : de la prison requise contre les 13 prévenus

La peine la plus lourde a été requise contre un homme de 32 ans, qui avait écrit à la victime : "Dommage que Hitler ne s'est pas occupé de tes grands-parents"

La propriétaire de l'agence d'influence Shauna Events, Magali Berdah, assistant à une conférence de presse, à Paris, le 14 septembre 2022. (Crédit : Christophe Archambault/AFP)
La propriétaire de l'agence d'influence Shauna Events, Magali Berdah, assistant à une conférence de presse, à Paris, le 14 septembre 2022. (Crédit : Christophe Archambault/AFP)

« L’espace numérique n’est pas une zone de non-droit » : le parquet a requis mardi des peines de prison, parfois assorties du sursis, contre l’ensemble des 13 prévenus jugés à Paris pour avoir pris part au cyberharcèlement en meute de l’ex-« reine des influenceurs » Magali Berdah.

« Insultes, menaces, propagation de rumeurs, incitation au suicide, publication de données personnelles : rien n’a été épargné » à Mme Berdah, a souligné dans son réquisitoire devant le tribunal correctionnel la substitut du procureur, Sophie Touchais.

Or, « le cyberharcèlement ne s’arrête pas à internet, il s’infiltre dans votre vie et dans celle de vos proches » et « peut conduire au suicide », a-t-elle ajouté, évoquant les graves répercussions psychologiques de cette affaire pour la victime, venue raconter à la barre qu’elle avait été « à deux doigts de (se) jeter par la fenêtre ».

La magistrate a en outre demandé au tribunal de contraindre tous les prévenus à suivre un stage de citoyenneté.

De telles réquisitions montrent qu' »on est à un tournant dans la prise de conscience de ce qu’est le cyberharcèlement et la gravité de ses conséquences », a commenté auprès de l’AFP, lors d’une suspension d’audience, l’une des avocates de Mme Berdah, Me Rachel-Flore Pardo.

La peine la plus lourde, soit un an de prison dont six mois avec sursis, a été requise contre un homme de 32 ans, qui avait écrit à la victime : « Dommage que Hitler ne s’est pas occupé de tes grands-parents ».

Dans ce dossier, « l’antisémitisme et le sexisme ont agi comme un booster du cyberharcèlement », a observé devant le tribunal Me Pardo.

À LIRE : Au procès du cyberharcèlement de Magali Berdah, la circonstance aggravante de l’antisémitisme

« Sale chienne », « arnaqueuse », « on viendra t’égorger chez toi », « tu mérites d’être décapitée et lapidée », « que ta fille meure »… Pendant quatre jours, le procès a permis d’évoquer la virulence des dizaines de milliers de messages reçus par Mme Berdah, 42 ans, dont la société Shauna Events – qui met en relation influenceurs et marques – a été au centre de polémiques.

Or, « rien ne saurait justifier la violence, et certainement pas le comportement de la personne qui en est la cible », a commenté Me Pardo.

Influenceurs et influencés

Les controverses visant Mme Berdah ont notamment été relayées par le rappeur Booba – mis en examen dans ce dossier mais pas concerné par le procès en cours. Booba s’était lancé en 2022 dans une croisade contre Mme Berdah et ceux qu’il appelle les « influvoleurs », qu’il accuse de multiples arnaques au préjudice des internautes.

Le rappeur français Booba (Crédit : Capture d’écran You Tube)

Dans une interview accordée à France 2 depuis son domicile de Floride, diffusée la semaine dernière, Booba a réitéré ses attaques contre Mme Berdah, qu’il a qualifiée de « démon ». Il a également rejeté toute responsabilité dans les faits reprochés aux 13 prévenus de ce procès – et à 15 autres personnes, qui doivent être jugées pour des faits similaires, mi-décembre puis fin janvier.

« La seule responsable, c’est elle » (Magali Berdah), a-t-il affirmé, rejetant tout rôle de « chef de meute ».

Pourtant, dans cette affaire, les prévenus sont eux-mêmes « influencés » par Booba, a estimé devant le tribunal l’avocat de l’un d’eux, Me Martin Méchin: le rappeur, sous prétexte de s’opposer aux « influvoleurs », « joue totalement le rôle d’un influenceur », selon lui.

Cela montre bien les mécanismes à l’oeuvre dans le cyberharcèlement, a-t-il relevé : son client a reconnu les faits et en a « honte », mais il a agi « dans le cadre d’un mouvement global ». « On n’est plus vraiment soi-même, on suit un mouvement qui vous entraîne là vous ne seriez jamais allé », a résumé Me Méchin.

D’autres avocats de la défense ont plaidé la relaxe, soulignant qu’il n’était pas prouvé que leurs clients avaient connaissance que leurs propos, pris individuellement, caractérisaient une répétition – ce qui définit le cyberharcèlement, une infraction spécifique créée par une loi de 2018.

Le harcèlement, « quelques-uns l’ont voulu, d’autres l’ont fait, tous ont laissé faire », a observé l’un des avocats de Mme Berdah, Me Antonin Gravelin-Rodriguez, citant l’auteur latin Tacite.

« Aujourd’hui, vous jugez ceux qui l’ont fait », a-t-il dit aux juges. « Un jour, vous aurez à juger celui qui l’a voulu », a-t-il accusé, en référence à Booba.

Le tribunal rendra sa décision le 19 mars 2024.

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