Cyberharcèlement d’une féministe juive: la majorité des prévenus relaxés
Le ministère public avait réclamé jusqu'à huit mois de prison ferme, estimant les "circonstances aggravantes d'antisémitisme et d'homophobie (...) caractérisées pour la plupart des prévenus
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Le tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi deux des neuf cyberharceleurs présumés d’Elise Goldfarb, féministe juive et chroniqueuse sur RMC, à trois mois de prison avec sursis et relaxé les sept autres.
La majorité des prévenus a été relaxée car « la condition de répétition n’est pas remplie », a estimé la présidente, ces derniers n’ayant adressé qu’un seul message à Mme Goldfarb.
Son avocate, Me Rachel-Flore Pardo, a immédiatement indiqué à l’AFP faire appel de cette décision.
« La condamnation pour cyberharcèlement de deux des prévenus est un soulagement pour Elise Goldfarb. Mais cette décision qui en relaxe sept autres va à rebours tant des réquisitions du procureur de la République, que des débats lors l’audience, et de la jurisprudence », a estimé l’avocate.
Le ministère public avait réclamé jusqu’à huit mois de prison ferme, estimant les « circonstances aggravantes d’antisémitisme et d’homophobie (…) caractérisées pour la plupart des prévenus.
Le 24 mars 2024, le compte Instagram PBB.News, depuis suspendu par Meta, publie une photo de Benjamin Netanyahu grimé en membre du groupe Etat islamique qu’Elise Goldfarb republie avec une légende ironique: « Évidemment Israël et les juifs sont derrière le terrorisme mondial et d’ailleurs ils ont inventé la charia… ».
Mentionnée en retour dans une story par PBB.News, suivi par plus d’un million d’abonnés, dans laquelle elle est taxée d' »islamophobe » et accusée de « prendre les musulmans pour des terroristes », la chroniqueuse dépose plainte le soir même, « de peur de se faire tuer ».
Le procès, véritable caisse de résonance des tensions communautaires post-7 Octobre, s’est déroulé dans une ambiance électrique pendant trois jours en mars.
La jeune femme, issue d’une famille juive conservatrice, s’est fait connaître à travers le podcast Coming Out, en tête des écoutes sur Spotify en 2020, dans lequel ses invités racontaient comment ils ont révélé leur homosexualité.
Les prévenus, âgés de 25 à 45 ans, ont tenté de justifier leurs messages à la barre en dénonçant « la politique génocidaire » de Netanyahu, un deux poids-deux mesures dans le traitement des souffrances des peuples juif et palestinien, et la propagande supposée d’Elise Goldfarb en faveur d’Israël.
Des justifications sans rapport avec les propos de Mme Goldfarb sur Instagram, a rappelé son avocate qui a insisté sur le fait que « rien » ne pouvait « justifier de tels propos » et « cette convergence de haines antisémite, homophobe et sexiste ».
Face à des propos tels que « Hitler a raté une partie d’entre vous », l’un des prévenus a exercé son droit au silence à la barre tandis qu’un autre a refusé de répondre à la plupart des questions.
Seul l’un d’entre eux avait exprimé sa honte de lui avoir envoyé le message « Vivement les trains », peu après le récit de terreur de la jeune femme.
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