Damas accuse Israël de frappes sur des bases près de Homs
Rechercher

Damas accuse Israël de frappes sur des bases près de Homs

Les médias d’État syriens affirment que sa défense aérienne a fait face à une attaque de missiles israéliens tirés depuis le plateau du Golan

Une explosion dans la ville de Homs, attribuée à des frappes israéliennes, le 5 mars 2020. (Capture d'écran Twitter)
Une explosion dans la ville de Homs, attribuée à des frappes israéliennes, le 5 mars 2020. (Capture d'écran Twitter)

La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans la nuit de mercredi à jeudi dans le sud et le centre de la Syrie, a rapporté l’agence de presse d’État Sana jeudi matin.

« Notre défense aérienne a fait face à une attaque de missiles israéliens dans le sud-ouest de la province de Qouneitra », dans le sud de la Syrie, ainsi que dans le centre du pays, a indiqué Sana dans un communiqué.

« A 00H30 jeudi (22H30 GMT mercredi), notre défense aérienne a observé des mouvements d’avions de guerre israéliens (…) plusieurs missiles ont été tirés dans le centre de la région. Les missiles hostiles ont été immédiatement contrés avec succès, aucun d’entre eux n’a pu atteindre sa cible », selon le communiqué.

La Syrie affirme régulièrement, et de façon mensongère, intercepter des missiles israéliens.

A la mi-février, des frappes imputées à Israël ont tué sept combattants syriens et iraniens dans « le secteur de l’aéroport de Damas », selon l’OSDH.

Parmi les victimes figuraient trois soldats syriens et quatre membres des Gardiens de la Révolution iraniens, selon la même source.

Sana avait fait savoir par la suite que ces missiles avaient été lancés depuis l’espace aérien libanais et le Golan.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un large réseau de sources dans le pays en guerre a indiqué que les frappes de cette nuit visaient deux aéroports militaires dans la province centrale de Homs, ainsi que deux zones dans la province de Qouneitra où des combattants du Hezbollah libanais, allié du régime, sont présents.

Mais l’OSDH, basé en Grande-Bretagne, n’a fait état d’aucun mort ou dégât matériel dans l’immédiat.

Les autorités israéliennes martèlent que cette base est utilisée par les forces iraniennes dans le cadre du projet de la République islamique visant à s’implanter militairement en Syrie, ce qu’Israël veut à tout prix empêcher.

L’État juif n’a pas commenté le communiqué syrien.

Bien que les responsables israéliens s’abstiennent généralement d’assumer la responsabilité de certaines frappes en Syrie, ils ont reconnu avoir mené des centaines, voire des milliers de raids dans le pays depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011.

Ces raids ont été en grande majorité dirigés contre l’Iran et ses mandataires, notamment le groupe terroriste libanais du Hezbollah, mais les forces israéliennes ont également effectué des frappes sur les défenses aériennes syriennes lorsque ces batteries ont tiré sur des avions israéliens.

Des photos par satellite diffusées par ImageSat International montrent la base T-4 après qu’elle a été prise pour cible par des frappes aériennes attribuées à Israël près de Palmyre, le 2 juin 2019 (Crédit : ImageSat International)

Dans le passé, l’État juif a accusé l’Iran d’avoir mis en place des équipes chargées de tirer des roquettes et d’autres « infrastructures terroristes » sur le plateau du Golan syrien qui ont été utilisées pour frapper l’Etat juif.

Un accord avec la Russie était supposé repousser à des dizaines de kilomètres de la frontière les forces de la république islamique ainsi que les milices soutenues par Téhéran.

La semaine dernière, au moins trois soldats syriens ont été blessés jeudi soir dans des tirs d’hélicoptères israéliens dans la province de Qouneitra, dans le sud de la Syrie, a indiqué l’agence officielle syrienne Sana.

« Des hélicoptères israéliens ont tiré des missiles au-dessus du Golan occupé sur des positions de l’armée (syrienne) à Kahtaniyeh, Al-Horiyyat et la ville de Qouneitra, faisant trois blessés parmi les soldats », avaient indiqué Sana.

Ces frappes sont survenues après une attaque plus tôt dans la journée d’un drone israélien, également dans la province de Qouneitra, et dans laquelle un Syrien membre de la « Résistance syrienne pour la libération du Golan » a été tué, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Il n’y a pas eu de réactions de la part d’Israël, qui reconnaît rarement les frappes menées en Syrie.

Ces bombardements sont survenus plusieurs heures après un communiqué de SANA qui avait indiqué qu’un drone israélien avait tué une personne dans la province de Qouneitra, en Syrie, dans la zone démilitarisée située aux abords de la frontière avec Israël.

L’agence officielle Sana a rapporté de son côté la mort d’ « un civil » après une frappe menée par un « drone israélien ayant visé sa voiture dans la ville de Hadar » dans la province.

Le communiqué n’a pas précisé quand la frappe présumée avait eu lieu et n’a pas identifié l’homme.

Citant des informations transmises par la Syrie, les médias israéliens ont fait savoir que la victime s’appelait Imad Tawil – un résident du secteur qui avait été recruté par le groupe terroriste libanais du Hezbollah, qui servait comme commandant local pour l’organisation.

Les mêmes informations ont précisé que Tawil était apparemment impliqué dans la formation d’une « structure terroriste » susceptible d’être utilisée pour lancer des attaques le long de la frontière.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...