D’anciens hauts responsables sécuritaires américains entretiennent les liens avec Israël
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D’anciens hauts responsables sécuritaires américains entretiennent les liens avec Israël

Une délégation a rencontré les meilleurs officiers du Mossad, de l’armée et du Shin Bet pour mieux comprendre les défis dans la région

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le vice-amiral des Etats-Unis à la retraite Peter Neffenger, à gauche, avec le général (reserviste.) Ronen Simchi, ancien pilote de chasse et commandant de l'armée de l'air, lors d'une visite en Israël de l'Institut juif pour la sécurité nationale d'Amérique en juin 2017 (Crédit : Unité des porte-parole de l'armée israélienne)
Le vice-amiral des Etats-Unis à la retraite Peter Neffenger, à gauche, avec le général (reserviste.) Ronen Simchi, ancien pilote de chasse et commandant de l'armée de l'air, lors d'une visite en Israël de l'Institut juif pour la sécurité nationale d'Amérique en juin 2017 (Crédit : Unité des porte-parole de l'armée israélienne)

L’ancien chef de l’Administration américaine de la sécurité des transports (TSA) a déclaré qu’il s’attendait à ce que la coopération de défense israélo-américaine se développe dans les années à venir grâce à la collaboration des deux pays sur des projets militaires et alors qu’ils s’allient contre un Moyen-Orient de plus en plus imprévisible.

Peter Neffenger, un commandant adjoint à la retraite des Gardes côtiers des États-Unis et le chef du TSA pendant les 18 derniers mois de la présidence de Barack Obama, s’est rendu en Israël ce mois-ci avec une délégation de 10 anciens responsables militaires américains de haut rang et avec un groupe connu sous le nom de l’Institut juif pour la sécurité nationale d’Amérique (JINSA).

« C’est vraiment impressionnant de voir à quel point la relation est proche, en particulier parmi les services militaires… mais ce qui nous a impressionné, c’était la nécessité que cette relation reste forte à l’avenir », a-t-il déclaré au Times of Israël lundi, un jour avant que la délégation ne retourne aux États-Unis.

« Les relations entre les deux pays sont aussi fortes qu’elles l’ont été – et elles se renforcent », a-t-il déclaré.

« Je vois réellement l’opportunité dans les mois à venir ».

Neffenger a déclaré que la coopération en matière de sécurité s’accroîtra probablement alors que les États-Unis s’appuieront sur les renseignements et la présence géographique d’Israël afin de suivre l’évolution de la région. « C’est un Moyen-Orient très différent de ce qu’il était », a-t-il déclaré.

Le développement et l’expérimentation d’équipements militaires avancés, comme le F-35, permettraient également aux deux pays de se rapprocher, a-t-il ajouté.

Neffenger a noté que, même si lui et les autres participants ne sont plus des membres actifs du service, ils suivent toujours les politiques américaines. L’amiral à la retraite, par exemple, a commencé à travailler comme chercheur dans le groupe de réflexion du Conseil atlantique basé à Washington au début de cette année.

Le vice-amiral américain retraité Peter Neffenger, à droite, parle avec le général Yaniv Asor, commandant de la 210e division de l'armée israélienne, lors d'une visite en Israël en juin 2017 avec l'Institut juif pour la sécurité nationale de l'Amérique (Crédit : Unité des porte-parole de l'armée)
Le vice-amiral américain retraité Peter Neffenger, à droite, parle avec le général Yaniv Asor, commandant de la 210e division de l’armée israélienne, lors d’une visite en Israël en juin 2017 avec l’Institut juif pour la sécurité nationale de l’Amérique (Crédit : Unité des porte-parole de l’armée)

Au cours du voyage payé et durant 10 jours, lui et les autres généraux retraités ont rencontré le chef du Mossad, les généraux de l’armée israélienne, l’administrateur général du service de sécurité Shin Bet et d’autres responsables israéliens afin de mieux connaître les menaces auxquelles est confronté l’Etat juif et ce qu’Israël fait pour y remédier.

« Vous avez une région difficile autour de vous », a déclaré l’ancien chef du TSA par téléphone.

Le vice-amiral à la retraite et les autres généraux américains de trois et quatre étoiles ont rencontré le général des renseignements militaires, le général Herzl Halevi, le général du commandement nord de l’armée israélienne Yoel Strick, le général de la marine israélienne, le général Eli Sharvit, et le chef de l’armée de l’air israélienne, le général de division Amir Eshel.

Selon Neffenger, en visitant les frontières d’Israël et en rencontrant directement les responsables de la sécurité israélienne, le groupe a pu voir les « défis stratégiques » du pays et aussi « voir immédiatement comment les politiques doivent être appliquées tous les jours au niveau tactique ».

Ils ont visité un tunnel destiné au terrorisme du Hamas que les soldats israéliens ont découvert à l’intérieur du territoire israélien et ont visité la frontière syrienne pour comprendre comment les soldats s’occupent de la guerre civile (et y sont supposément impliqués)  à quelques kilomètres de là, a déclaré Neffenger.

« Vous faites face aux menaces du Hezbollah, du Hamas, de l’influence croissante de l’Iran dans la région », a-t-il déclaré. « Bien sûr, avoir la guerre juste à côté de vous en Syrie – sans même penser au problème des réfugiés et à la souffrance humaine qui en résulte – [représente] un véritable défi stratégique pour vous ».

En tant qu’ancien commandant des Gardes côtiers américains, Neffenger a déclaré qu’il s’intéressait également aux préoccupations navales israéliennes. Contrairement à la marine américaine « expéditionnaire », les marins israéliens étaient historiquement proches de leur maison, se souciant surtout des plages et des ports du pays.

Cependant, la découverte des réserves de gaz naturel au large de la côte d’Israël a changé cette dynamique, ce qui a donné à la marine israélienne un nouvel intérêt stratégique à défendre.

« Nous avons pu entendre dans la présentation [du chef de marine] comment cela a changé peut-être toute la politique qui sous-tend le service », a déclaré Neffenger. « Comment incorporez-vous ce nouvel intérêt stratégique dans ce qui était tout simplement des défis opérationnels quotidiens ? De toute évidence, c’est ce que votre armée pense ».

Le voyage a été organisé par l’unité des porte-parole de l’armée israélienne en coordination avec le JINSA. Il a fallu près de six mois pour verrouiller l’itinéraire car de nombreux responsables israéliens de haut rang étaient impliqués, selon un responsable militaire. C’était le quatrième voyage du vice-amiral à la retraite en Israël, mais pour la plupart des participants, c’était leur première fois dans l’Etat juif.

Pour Israël, ces visites annuelles du JINSA sont considérées comme une opportunité à la fois pour renseigner les généraux américains à la retraite sur la situation sécuritaire d’Israël et pour forger des liens entre les responsables israéliens et américains de la défense , ce qui peut avoir une influence considérable sur les politiques américaines.

L'ancien chef de l'Administration américaine de la sécurité des transports, Peter Neffenger (Crédit : Transportation Security Administration / Wikimedia)
L’ancien chef de l’Administration américaine de la sécurité des transports, Peter Neffenger (Crédit : Transportation Security Administration / Wikimedia)

Neffenger connaissait déjà mieux les défis et les techniques sécuritaires israéliens que la plupart des autres fonctionnaires américains qui faisaient partie du voyage car il avait consulté les responsables israéliens sur la question de la sécurité aéroportuaire en sa qualité de responsable de la TSA.

Israël est considéré comme un leader mondial dans la sécurité des aéroports, en développant de nombreuses techniques et technologies qui sont maintenant utilisées dans les terminaux du monde entier.

« Israël a été l’un des premiers pays que j’ai visités lorsque je suis devenu administrateur du TSA », a déclaré Neffenger. « Nous avons beaucoup appris à propos de la détection et de la modélisation comportementales, de la détection des explosifs et des types de formation dont vous avez besoin pour vos employés ».

Cependant, l’ancien administrateur du TSA a noté qu’Israël avait une culture différente et un ensemble de lois qui permettent à ses autorités aéroportuaires d’adopter des mesures que les États-Unis ne peuvent pas, a déclaré Neffenger.

Il a ajouté qu’Israël a un autre avantage lorsqu’il s’agit de sécurité aéroportuaire. « Vous avez un aéroport majeur que vous devez protéger. Les États-Unis en ont environ 450 ».

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