France : Le gouvernement saisit la justice contre un rappeur antisémite
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France : Le gouvernement saisit la justice contre un rappeur antisémite

Le ministre de l'Intérieur français a demandé aux principaux réseaux sociaux de bloquer la diffusion des morceaux du rappeur, des "immondices".

Le rappeur Freeze Corleone. (Capture d’écran : Twitter)
Le rappeur Freeze Corleone. (Capture d’écran : Twitter)

Le gouvernement a annoncé jeudi avoir saisi la justice au sujet de plusieurs clips jugés antisémites et négationnistes du rappeur Freeze Corleone, qui ont provoqué l’indignation de la majorité LREM.

Le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) Frédéric Potier a indiqué avoir fait un signalement auprès du procureur de Paris après avoir recensé neuf passages qui constitueraient une incitation à la haine raciale, selon une saisine consultée par l’AFP et faite en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale.

Le ministère de l’Intérieur a également affirmé à l’AFP qu’un signalement en vertu de ce même article serait fait dans l’après-midi.

Dans des extraits de ses clips diffusés sur les réseaux sociaux et compilés notamment par la Licra, cette figure montante du rap français déclare entre autres : « J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30 », « Tous les jours RAF (rien à foutre, ndlr) de la Shoah » ou bien encore « Comme des banquiers suisses, tout pour la famille pour qu’mes enfants vivent comme des rentiers juifs ».

Plus tôt dans la journée, une cinquantaine de députés LREM avaient appelé à des sanctions, se disant « profondément choqués des propos absolument détestables antisémites et négationnistes tenus par Freeze Corleone ». 

« Ce dernier fait ouvertement l’apologie du nazisme et l’éloge du terroriste Mollah Omar », écrivent les députés parmi lesquels la députée des Yvelines, Aurore Bergé, l’ex-ministre de la Transition Ecologique, François de Rugy, ou la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet. 

Dans un tweet, le chef de file des députés LREM Christope Castaner a lui aussi indiqué avoir saisi le procureur face à un clip « intolérable ».

Ces élus demandent au ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti « d’agir pour que l’auteur de ce clip abject soit puni ». 

« Notre République ne peut accepter que la pseudo expression artistique puisse servir de prétexte aux appels à la haine ou à l’apologie du terrorisme », ont aussi commenté les députés. « Ne laissons plus rien passer », ajoutent-ils. 

Dans un tweet publié dans la nuit de mercredi à jeudi, le ministre de l’Intérieur s’était indigné de propos « inqualifiables ». « J’appelle Facebook et Twitter à ne pas diffuser ces immondices », avait écrit Gérald Darmanin.

La Licra estime, elle aussi, que « l’impunité doit cesser » et demande à l’ensemble des acteurs dont les grandes plateformes de diffusion de musique en ligne de « prendre leurs responsabilités ».

À droite, le député des Alpes-Maritimes (LR) Eric Ciotti dénonce un « vrai prêcheur de haine » et appelle également les plateformes numériques à le radier et à interdire ses chansons de diffusion.

Le Dilcrah a également souligné avoir signalé ces propos « aux fins d’enregistrement, à la plateforme Pharos de l’office central lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication ».

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