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De lourds soupçons pèsent sur la mécène américaine de l’archéologie israélienne

Shelby White a déjà renoncé à plus d'une vingtaine d'objets d'une valeur d'au moins 20 millions de dollars suite à de multiples enquêtes

La philanthrope Shelby White au centre de la mosaïque de Lod, vieille de 1700 ans, avant l'inauguration d'un nouveau centre d'accueil des visiteurs qu'elle a contribué à financer pour présenter cette pièce précieuse dans la ville israélienne de Lod, le 27 juin 2022. (Crédit : Menahem Kahana/AFP via Getty Images)
La philanthrope Shelby White au centre de la mosaïque de Lod, vieille de 1700 ans, avant l'inauguration d'un nouveau centre d'accueil des visiteurs qu'elle a contribué à financer pour présenter cette pièce précieuse dans la ville israélienne de Lod, le 27 juin 2022. (Crédit : Menahem Kahana/AFP via Getty Images)

JTA – Un procureur new-yorkais en croisade, qui a déjà mis en lumière des trafics de contrebande sur le marché des antiquités par le biais d’une succession de descentes de police très médiatisées, a jeté son dévolu sur sa prochaine cible : la collection privée de Shelby White, veuve d’une légende de Wall Street – Leon Levy – et philanthrope connue pour ses dons aux musées juifs de New York et à l’Autorité israélienne des Antiquités (IAA).

À la suite de l’enquête sur les objets pillés menée par Matthew Bogdanos, procureur adjoint de Manhattan, White s’est déjà dessaisie d’au-moins une vingtaine d’objets d’une valeur de plus de 20 millions de dollars, selon le New York Magazine.

Certains de ces objets ont été rendus à l’Italie et à la Turquie au cours des derniers mois.

Une demande de commentaire adressée à une organisation caritative dirigée par White est restée sans réponse. Le procureur du district de Manhattan, Alvin L. Bragg, Jr., a remercié White dans un communiqué de presse du 3 février pour sa coopération avec les enquêteurs.

L’attention portée à White intervient après que l’unité de Bogdanos, chargée du trafic d’antiquités, a conclu un accord sans précédent en décembre 2021 avec un autre grand collectionneur d’antiquités et donateur à des causes juives.

Michael Steinhardt, l’ancien investisseur qui a fondé le programme populaire Taglit-Birthright, avait remis 180 objets, dont certains avaient été volés en Israël, et il s’était engagé à ne plus jamais acheter d’antiquités dans le cadre d’un accord qui lui a épargné d’éventuelles poursuites pénales.

White est la présidente d’une organisation caritative américaine nommée Friends of the Israel Antiquities Authority. Cet organisme de bienfaisance achemine des dons exonérés d’impôts à un bureau du gouvernement israélien et à une agence d’application de la loi qui commandite des fouilles archéologiques et réglemente l’achat et la vente d’antiquités.

White a fait des dons directement à l’IAA par l’intermédiaire de l’organisation caritative de sa famille, la Fondation Leon Levy, nommée en l’honneur de son défunt mari, un pionnier des fonds communs de placement. En juin dernier, l’IAA a inauguré le Shelby White & Leon Levy Lod Mosaic Archaeological Center près de l’aéroport Ben Gurion.

De nombreuses institutions culturelles juives de New York ont bénéficié des dons de White. Elle est l’un des directeurs du Center for Jewish History, qui l’a remerciée en 2010 pour un don de 860 000 dollars qui avait permis de préserver des documents d’archives.

Le site Web de sa fondation mentionne également parmi ses bénéficiaires le Jewish Museum, le Tenement Museum du Lower East Side et un programme consacré à la culture matérielle juive au Bard Graduate Center.

Le colonel des Marines, Matthew Bogdanos, en 2003. (Crédit : Helene C. Stikkel, domaine public via Wikimedia Commons)

Depuis que le bureau du procureur du district de Manhattan l’a placé à la tête d’une unité de trafic d’antiquités nouvellement créée en 2010, Bogdanos a bouleversé le marché des objets archéologiques. S’appuyant sur une loi new-yorkaise jusqu’alors obscure, il a convaincu les tribunaux de considérer la possession d’antiquités volées comme potentiellement criminelle, même si un collectionneur avait légalement acheté l’objet pillé en question.

Étant donné qu’un grand nombre d’antiquités entrées aux États-Unis ont certainement été pillées à un moment donné, ce précédent juridique a mis en péril le statut d’un grand nombre, voire de toutes les grandes collections détenues par des musées et des particuliers.

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