Début des travaux pour tripler la superficie d’un quartier juif à Jérusalem-Est
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Début des travaux pour tripler la superficie d’un quartier juif à Jérusalem-Est

Le projet créera 176 nouveaux logements à Nof Zion, situé à Jabel Mukaber ; le ministère du Logement va relancer un autre projet de 11 000 unités sur le site de l'aéroport Atarot

Le quartier de Nof Zion à Jérusalem-Est, le 25 octobre 2017. (Mahmoud Illean/AP)
Le quartier de Nof Zion à Jérusalem-Est, le 25 octobre 2017. (Mahmoud Illean/AP)

Les travaux ont commencé ces dernières semaines en vue de l’expansion d’un quartier juif de Jérusalem-Est qui, une fois achevée, deviendra la plus grande enclave juive d’un quartier arabe de la ville, a rapporté Haaretz mercredi.

Le projet ajoutera 176 unités de logement aux 96 maisons existantes de Nof Zion, qui se trouve dans le quartier arabe de Jabel Mukaber.

Actuellement, la plus grande présence juive de tous les quartiers arabes de la ville est celle des 106 familles de Maale Zeitim sur le mont des Oliviers, situé à Ras al Amud, d’après ce rapport.

L’expansion de Nof Zion a été approuvée il y a deux ans par le Comité de planification et de construction de Jérusalem après qu’un groupe de Juifs aurait acheté le terrain.

Le conseiller municipal de Jérusalem, Arieh King, qui soutient la présence juive à Jérusalem-Est, s’est félicité du développement et a déclaré à Haaretz que 300 autres unités de logement devraient être approuvées pour la population juive.

« Je suis très heureux que ce projet important en termes d’étendue de construction et de nombre d’unités de logement autour de la Vieille Ville progresse et soit en cours », a-t-il déclaré à Haaretz, soulignant que la demande pour ces appartements est importante.

Arieh King, membre du conseil municipal de Jérusalem, dans le quartier Yemin Moshe à Jérusalem, le 17 mai 2017. (Hadas Parush/Flash90)

M. King a indiqué que d’autres constructions sont également prévues pour d’autres communautés juives similaires dans des quartiers habités par des Palestiniens.

Cependant, Aviv Tatarsky, un chercheur de l’organisation de défense des droits Ir Amim, a déclaré que le projet est un obstacle supplémentaire pour les Israéliens et les Palestiniens qui veulent partager la ville.

Cette construction est « un symbole du choix du gouvernement d’empêcher la possibilité d’un accord à Jérusalem », a-t-il dit. « Jérusalem est une ville binationale [sic], et donc elle ne sera bonne pour les Israéliens que si elle est bonne pour les Palestiniens. »

Nof Zion a été fondée en tant que quartier juif à financement privé en 2000 et les premières familles y ont emménagé il y a environ huit ans.

Le terrain destiné à l’expansion a été acheté par l’homme d’affaires de Jérusalem Rami Levy en partenariat avec l’entrepreneur australien Kevin Bermeister, l’un des fondateurs du service d’appel téléphonique par Internet Skype.

Dans un autre développement potentiellement important pour Jérusalem-Est, le ministère de la Construction et du Logement prépare une proposition visant à construire jusqu’à 11 000 unités de logement sur le terrain de l’ancien aéroport Atarot, rapporte le quotidien Israel Hayom ce jeudi.

Le projet avait été bloqué à plusieurs reprises dans le passé en raison de considérations diplomatiques, mais le ministre du Logement de l’époque, Yoav Gallant, avait ordonné sa réactivation immédiatement après que le président américain Donald Trump fut élu en 2016, selon le rapport.

La zone industrielle d’Atarot, avec Kafr Aqab, la banlieue de Ramallah, à l’arrière-plan. (Miriam Alster/Flash90)

Le maire de Jérusalem Moshe Lion, le ministre des Affaires de Jérusalem Zeev Elkin et Ofer Berkovitch, chef du parti d’opposition Hitorerut au conseil municipal de Jérusalem, soutiennent tous cette idée et un plan doit être présenté au comité de planification du district de Jérusalem dans quelques mois.

L’administration Trump ne devrait pas s’opposer au projet tant que les permis de construire ne seront pas délivrés immédiatement, selon le rapport. Plus tôt ce mois-ci, Washington a annoncé un changement dans la politique américaine selon laquelle il ne considère plus les implantations israéliennes comme une violation du droit international.

Une porte-parole du ministère du Logement, répondant au rapport, a seulement déclaré que rien n’avait été fait jusqu’à présent concernant cette idée.

La zone industrielle d’Atarot, située à côté de l’aéroport, est actuellement le plus grand parc industriel de Jérusalem, couvrant plus de 150 hectares et abritant quelque 180 usines. En janvier, l’homme d’affaires Levy a ouvert un centre commercial dans la zone, au service des Israéliens et des Palestiniens.

L’aéroport d’Atarot, à la périphérie nord de Jérusalem, n’a pas été utilisé depuis le déclenchement de la seconde Intifada en 2000, lorsque les Palestiniens ont tiré sur des avions utilisant la piste d’atterrissage.

Dans le passé, Israël a offert aux Palestiniens une chance de rouvrir conjointement l’aéroport, mais l’idée a été rejetée par les Palestiniens, qui revendiquent cette zone comme faisant partie de Jérusalem-Est, a rapporté Israel Hayom.

Les Palestiniens veulent que la partie orientale de la ville soit la capitale d’un futur État palestinien.

Israël a pris le contrôle de Jérusalem-Est pendant la guerre des Six Jours de 1967 et a ensuite étendu sa souveraineté sur cette ville en 1980, ce qui n’a jamais été reconnu par la communauté internationale.

Les décisions israéliennes de construire à Jérusalem-Est suscitent invariablement la condamnation internationale. Israël rejette cela, disant que Jérusalem, toute entière, est la capitale éternelle et indivisible de l’Etat juif.

Alors qu’Israël considère comme légitimes tous les projets de construction dans n’importe quelle partie de Jérusalem, les projets de construction commercialisés pour les Juifs au cœur des quartiers arabes ont suscité des tensions et sont considérés par certains Israéliens comme plus controversés que les quartiers à majorité juive situés de part et d’autre de la Ligne verte, tels que Gilo.

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