Faire du shopping à l’Atarot Mall s’apparente à une trahison, selon Palestine TV
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Faire du shopping à l’Atarot Mall s’apparente à une trahison, selon Palestine TV

Le Fatah a estimé que faire des courses chez le roi des supermarchés israéliens Rami Levy équivalait à "soutenir l'occupation"

Une image diffusée par la télévision de l'Autorité palestinienne, le 13 janvier 2019 (Capture d'écran :  Palestinian Media Watch)
Une image diffusée par la télévision de l'Autorité palestinienne, le 13 janvier 2019 (Capture d'écran : Palestinian Media Watch)

Des images diffusées sur Palestine TV, chaîne officielle de l’Autorité palestinienne (AP), ont mis sur le même plan la trahison et faire son shopping dans un nouveau centre commercial de Jérusalem, propriété du roi du supermarché Rami Levy.

Ces images comprennent un dessin représentant une femme poussant un chariot alors qu’elle passe devant un miroir. Son reflet dans la glace montre le chariot rempli de crânes humains.

Une déclaration implore les Palestiniens de ne pas fréquenter le nouveau centre commercial, Atarot Mall, qui se trouve à la jonction des quartiers arabes et Juifs.

« Ne soyez pas le partenaire de la judaïsation de la ville », dit-elle, selon Palestinian Media Watch, observatoire de la presse palestinienne. « La normalisation économique est une trahison ».

PMW a dit qu’au bas de l’image figurait un appel des Forces nationales et islamiques – groupe local d’activistes palestiniens – à boycotter l’endroit.

« Il y a des appels des forces nationales et islamiques à boycotter ce complexe dans la mesure où il finance l’occupation et est une tentative de judaïser la ville », a-t-il déclaré.

La chaîne de télévision de l’AP a diffusé ces images dans le cadre d’une émission intitulée « Affaires de la capitale » le 13 janvier, selon PMW.

Le roi du supermarché Rami Levy boit un café à l’Atarot Mall, son nouveau complexe à la jonction du Jérusalem Juif et arabe (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

L’Atarot Mall, un projet qui a coûté 200 millions de shekels, a ouvert ses portes au public en date du 8 janvier.

Il se trouve à l’extrémité nord de Jérusalem, où les quartiers juifs et palestiniens se frôlent, à l’intérieur des frontières municipales élargies de la municipalité, là où Israël a revendiqué sa souveraineté depuis la guerre de 1967.

Atarot jouxte Beit Hanina, un important quartier palestinien de Jérusalem-Est bordé par un autre quartier palestinien, Shuafat, et les quartiers à majorité juive de Pisgat Zeev et Ramot. A proximité mais à l’extérieur des frontières de la ville se trouve la ville palestinienne de Hizma et plusieurs autres villages.

Il a fallu cinq ans pour construire ce centre commercial de 25 000 mètres-carrés, avec 13 000 mètres-carrés d’espace de boutiques.

Levy a déclaré ne pas se préoccuper de « la nationalité de ceux qui viennent faire du shopping ou travailler ici ».

« Parlons moins de qui est qui. Faisons nos courses tous ensemble, soyons au service les uns des autres et respectons-nous », a-t-il déclaré au mois de janvier.

Dans un communiqué récent, le Fatah – parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas – a appelé à boycotter les magasins de Rami Levy.

« Faire son shopping chez Rami Levy est une trahison », a écrit sur Facebook le porte-parole du Fatah Osama Qawasma. « Le Fatah appelle les Palestiniens à complètement boycotter les marchés coloniaux. Faire ses courses ou louer un espace de vente là-bas est une trahison de la patrie ».

Rami Levy possède des douzaines de supermarchés en Israël et en Cisjordanie.

Qawasma a ajouté que faire du shopping dans les magasins de Rami Levy équivalait à « soutenir l’occupation et son économie qui est utilisée pour tuer nos jeunes, construire des colonies et judaïser Jérusalem ».

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