Décès d’Albrecht Weinberg, survivant de la Shoah
Rentré en Allemagne il y a 14 ans après avoir vécu à New York, il s'était engagé dans un travail de mémoire auprès des jeunes
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Albrecht Weinberg, survivant de la Shoah, s’est éteint « paisiblement » mardi matin à l’âge de 101 ans, a déclaré sa colocataire Gerda Dänekas à l’AFP.
Il avait survécu à plusieurs camps de concentration et d’extermination ainsi qu’à des marches de la mort durant la période nazie.
Né à Rhauderfehn, en Frise orientale, près de Leer, il a émigré à New York avec sa sœur après la guerre. Pendant des décennies, il n’a pas voulu parler de l’Allemagne ni des horreurs des camps.
Dans son autobiographie, Damit die Erinnerung nicht verblasst, wie die Nummer auf meinem Arm (« Pour que le souvenir ne s’efface pas, comme le numéro sur mon bras »), Albrecht Weinberg, issu d’une famille juive, écrivait qu’une quarantaine de ses proches avaient été assassinés par les nazis.
Lui-même a été déporté à Auschwitz en 1943, à l’âge de 18 ans, dans un wagon à bestiaux, où il a été soumis aux travaux forcés les plus éprouvants.
Il a vécu la fin de la guerre dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, dans un état qu’il décrivait comme étant « plus mort que vivant ».
En 2012, il est revenu s’installer dans sa région natale, à Leer, où il s’est engagé dans un travail de mémoire auprès des jeunes.
Il a expliqué avoir changé d’avis lorsqu’un enseignant lui a envoyé une photo d’élèves d’une école juive de la région.
Ce rescapé de la Shoah a suscité l’émoi dans toute l’Allemagne l’an dernier lorsqu’il avait rendu sa Croix fédérale du Mérite pour protester contre un vote commun de l’Union conservatrice (CDU/CSU) et de l’AfD au Bundestag, malgré la tentative du président fédéral d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, de l’en dissuader.
Ein Mensch gegen das Vergessen
Albrecht Weinberg ist nicht mehr unter uns – und doch bleibt er für immer bei uns.
Albrecht war ein Mensch voller Würde, Wärme, Humor und unerschütterlicher Kraft.
Als Überlebender der Shoa hatte er es sich zur Aufgabe gemacht zu erinnern,… pic.twitter.com/Tz05555ilu— Ambassador Ron Prosor (@Ron_Prosor) May 12, 2026
Albrecht Weinberg avait alors déclaré à l’AFP craindre que l’histoire ne se répète.
« L’expérience que j’ai vécue dans ma jeunesse a été très dangereuse et terrible pour moi », avait-il souligné.
Il avait déclaré craindre « que cela se reproduise, que je doive faire mes valises et partir dans un autre pays qui accepterait de m’accueillir ».
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