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Décès de Nagi Zeidan, spécialiste controversé de la communauté juive du Liban

Sur les réseaux sociaux, il partageait l’actualité de ses travaux, au sujet de synagogues, de cimetières… Et ne cessait de raconter sa passion pour l’histoire juive

Nagi Zeidan lors de la rénovation du cimetière juif de Saïda, en 2018. (Crédit : Nagi Zeidan / Facebook)
Nagi Zeidan lors de la rénovation du cimetière juif de Saïda, en 2018. (Crédit : Nagi Zeidan / Facebook)

Nagi Zeidan, qui s’était fait connaître en tant que spécialiste de la communauté juive du Liban, est décédé dans la nuit du 12 au 13 novembre à Beyrouth, a rapporté le journal libanais francophone L’Orient-Le Jour. Il est mort des suites d’une chute, après avoir passé un mois dans le coma. Il a été enterré dans son village de Wadi Chahrour.

Ce titre qu’il s’était attribué restait néanmoins sujet à controverse.

Ancien coiffeur et coloriste pour dames, l’homme s’était reconverti depuis 1995 en chercheur spécialisé sur la communauté juive libanaise.

Sur les réseaux sociaux, il partageait ainsi l’actualité de ses travaux, au sujet de synagogues, de cimetières… Et ne cessait de raconter sa passion pour l’histoire juive.

Vivant à Bruxelles, il était retourné à Beyrouth, sa ville natale, en juillet, dans le but de voir ses proches et de poursuivre des recherches sur la généalogie de familles juives du Liban.

L’homme était né dans une famille grecque-orthodoxe proche du Parti syrien national social, connu pour son antisémitisme.

Alors qu’il se disait être devenu « l’ami des Juifs », il reconnaissait que, dans sa jeunesse, il avait pu mépriser la communauté juive du pays, une position commune au Liban.

Ses détracteurs, notamment au sein de la très réduite communauté juive libanaise, lui reprochait de ne pas avoir de diplôme universitaire sur sa spécialité ni de véritable expérience, et d’importantes imprécisions historiques, notamment dans son livre Juifs du Liban – d’Abraham à nos jours, histoire d’une communauté disparue (VA Éditions, 2020).

L’Orient-Le Jour rapporte notamment, qu’entre autres polémiques, des poursuites judiciaires avaient été engagées contre lui début 2022 suite à une plainte déposée par le vice-président de la communauté juive libanaise qui l’accusait d’avoir volé des rouleaux de Torah à la synagogue de Saïda. Il a néanmoins depuis été innocenté par la justice selon ses proches.

Nagi Zeidan était néanmoins régulièrement sollicité pour ses connaissances, par les médias et des universitaires. Il était en effet l’un des rares individus en mesure de pouvoir et d’accepter de s’exprimer publiquement sur l’histoire des Juifs du Liban.

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