Découverte d’un site biblique lié à l’Arche d’Alliance dans le centre d’Israël
Rechercher

Découverte d’un site biblique lié à l’Arche d’Alliance dans le centre d’Israël

Des fouilles menées dans un couvent, en partenariat avec le Collège de France, ont permis d’exhumer une structure monumentale unique jusqu’alors inconnue dans la région

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

  • Illustration tirée de la Bible Morgan du 13ème siècle montrant David qui apporte l'Arche à Jérusalem (2 Samuel 6). (Domaine public via wikipedia)
    Illustration tirée de la Bible Morgan du 13ème siècle montrant David qui apporte l'Arche à Jérusalem (2 Samuel 6). (Domaine public via wikipedia)
  • A Kiriath Jearim, fouille d'une série de terrasses le long de la pente sud-est du mont. (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath-Jearim)
    A Kiriath Jearim, fouille d'une série de terrasses le long de la pente sud-est du mont. (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath-Jearim)
  • Vue aérienne du site prise par l’armée de l’air bavaroise en 2918, vers le nord. Remarquez les grandes terrasses à l’ouest et à l’est. Le bâtiment moderne est la vieille maison du couvent ; au nord, on retrouve les fondations du secteur nord de l’hôtel (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath Jearim).
    Vue aérienne du site prise par l’armée de l’air bavaroise en 2918, vers le nord. Remarquez les grandes terrasses à l’ouest et à l’est. Le bâtiment moderne est la vieille maison du couvent ; au nord, on retrouve les fondations du secteur nord de l’hôtel (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath Jearim).
  • Modèle d'élévation digitale du mont de Kiriath Jearim (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath Jearim).
    Modèle d'élévation digitale du mont de Kiriath Jearim (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath Jearim).
  • Dans la terrasse haute de Kiriath-Jearim, on a mis à jour un mur à environ 15 cm en dessous du niveau du sol. Le mur bien conservé fait environ 3 mètres de large et 2,15 mètres de hauteur ont été préservés de sa partie extérieure. (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath-Jéarim)
    Dans la terrasse haute de Kiriath-Jearim, on a mis à jour un mur à environ 15 cm en dessous du niveau du sol. Le mur bien conservé fait environ 3 mètres de large et 2,15 mètres de hauteur ont été préservés de sa partie extérieure. (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath-Jéarim)
  • L'archéologue et professeur Israël Finkelstein (Argonauter, CC-BY-SA, via wikipedia).
    L'archéologue et professeur Israël Finkelstein (Argonauter, CC-BY-SA, via wikipedia).
  • Vue aérienne de la Zone C, une grande terrasse sur la pente est, à la fin de la saison 2017, orientée au nord. (Fouiles de la famille Shmunis à Kiriath-Jearim)
    Vue aérienne de la Zone C, une grande terrasse sur la pente est, à la fin de la saison 2017, orientée au nord. (Fouiles de la famille Shmunis à Kiriath-Jearim)

Construite par l’homme, la gigantesque structure datant du 8e siècle avant l’ère commune a été découverte dans un couvent catholique du centre d’Israël. Elle a peut-être servi d’ancien sanctuaire pour l’Arche d’Alliance, selon Israël Finkelstein, archéologue de renom de l’université de Tel Aviv. Exhumé à Kiriath-Jearim, le sanctuaire livrera peut-être de nouvelles informations sur les machinations politiques des royaumes frères de Juda et d’Israël.

Les vestiges d’une estrade monumentale et surélevée ont été mis au jour au sommet d’une colline de Judée, associée depuis longtemps au site biblique de Kiriath-Jearim. Selon la Bible, le lieu abrita pendant 20 ans la légendaire Arche d’Alliance, laquelle fut ensuite saisie par le roi David qui la fit défiler dans les rues de Jérusalem.

Or, les fouilles menées conjointement par l’université de Tel Aviv et le Collège de France n’avaient pas pour objet l’arche légendaire. De fait, Finkelstein, le co-directeur de la fouille, ne croit pas en l’existence de l’Arche de l’Alliance.

Il s’agissait plutôt de trouver des preuves physiques, vieilles de presque trois millénaires, de la situation géopolitique dans la ville frontière, à cheval sur les deux royaumes monothéistes.

Selon Finkelstein, la grande plate-forme surélevée a été construite par le royaume du Nord, tel un sanctuaire de l’histoire biblique de l’Arche.

« Les fouilles de Kiriath-Jearim ont mis en lumière la puissance d’Israël (le royaume du Nord) au début du 8e siècle, et, peut-être aussi, sa domination sur la Judée », a déclaré Finkelstein au Times of Israël. Les recherches apportent aussi des informations sur un thème important de la Bible – l’Arche et son histoire ».

Vue aérienne de la Zone C, une grande terrasse sur la pente est, à la fin de la saison 2017, orientée au nord. (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath-Jearim)

A l’été 2017, Finkelstein et les co-directeurs Thomas Römer et Christophe Nicolle, entourés de 50 étudiants volontaires, ont débuté les fouilles liées à la famille Shmunis à Kiriath-Jearim, sur le terrain privé d’un couvent catholique situé à proximité du village israélo-arabe d’Abu Gosh, dans le centre du pays.

Selon Römer, un expert de la Bible reconnu dans le monde entier, les histoires bibliques entourant l’Arche d’Alliance ont servi des objectifs politiques. « Le fond de l’histoire originale était de légitimer Kiriath-Jearim comme nouveau sanctuaire après la destruction ou l’abandon de Shilo », écrivaitt Römer dans un courriel adressé au Times of Israël cette semaine.

En 1995 et 1996, une petite fouille sauvage dirigée par Gabriel Barkay fut organisée avant la construction du couvent au sommet de la colline. D’autres études avaient aussi été menées par Amir Feldstein dans les années 1980 et par Boaz Zissu et Chris McKinny en 2013.

« Les études précédentes – les fouilles sauvages et les recherches – ont permis de brosser un tableau similaire de l’histoire de l’implantation du site, même s’il n’y a pas eu de découvertes notoires », a expliqué Finkelstein.

Mais c’était avant la découverte récente d’une plate-forme massive, faite de la main de l’homme, qui changea complètement la donne. Selon les archéologues, l’estrade rectangulaire surélevée devait mesurer environ 150 mètres sur 110 et couvrir une zone d’environ 1,65 hectare. Formée de murs typiques de l’âge du fer, mesurant 3 mètres de large et se dressant encore à 2 mètres de hauteur, la structure est orientée exactement nord-sud et est-ouest.

L’archéologue et professeur Israël Finkelstein (Argonauter, CC-BY-SA, via wikipedia).

C’est un élément singulier dans le royaume de Juda qui, selon la Bible, régnait autrefois à Kiriath-Jearim.

Finkelstein et ses co-directeurs pensent que la plate-forme a pu avoir été un sanctuaire construit par le royaume d’Israël en commémoration de l’histoire de l’Arche d’Alliance, un récit fascinant qui évoque une tradition partagée avec le royaume de Juda.

Pourrait-il s’agir d’une preuve de la lutte de pouvoir qui agitait la région au 8e siècle avant l’ère commune ?

« Rattacher le site au royaume du Nord au début du 8e siècle n’est pas surprenant, dans la mesure où Israël dominait la Judée à cette époque et que l’Arche d’Alliance semble venir du nord, selon les Livres de Samuel », a expliqué Finkelstein.

Selon un rapport préliminaire sur les fouilles menées par l’équipe, « le but était probablement de légitimer Kiriath-Jearim comme le ‘nouveau’ sanctuaire de l’Arche. Si l’on suit cette logique, dans le cas d’une affiliation au royaume du nord, la plate-forme surélevée fut construite pour accueillir un bâtiment de l’administration israélite, dont un temple, afin de dominer le royaume vassal de Juda ».

Une colline avec vue

Le site moderne de Kiryat Jearim est bordé par Abu Gosh, un village israélien célèbre pour sa grande diversité de magasins de houmous. Aujourd’hui, il est aussi connu sous le nom de Telz-Pierre, du fait des racines européennes de la communauté ultraorthodoxe qui y réside. Située à moins d’un kilomètre au nord de l’autoroute qui relie Tel Aviv et Jérusalem, la colline sur laquelle se dresse le couvent jouit d’un emplacement stratégique.

Selon le récent rapport préliminaire intitulé « Fouilles à Kiryat-Jearim à proximité de Jérusalem, 2017 », et publié en 2018 dans la revue annuelle Semitica évaluée par des experts du domaine, la colline « offre une vue à 180 degrés des grandes étendues de la plaine côtière et de la côte méditerranéenne (de Jaffa à Ashkelon) à l’ouest, des quartiers ouest de la Jérusalem moderne à l’est et des montagnes de Judée au sud-est ».

Dans la terrasse haute de Kiriath-Jearim, on a mis à jour un mur à environ 15 cm en dessous du niveau du sol. Le mur bien conservé fait environ 3 mètres de large et 2,15 mètres de hauteur et sa partie extérieure est bien préservé. (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath-Jéarim)

Aujourd’hui, la colline est jalonnée de terrasses en pente garnies d’oliviers, qui constituent un abri verdoyant à la construction en pierre du couvent de 1906, à l’hôtel bâti ultérieurement et à l’église Notre-dame de l’Arche d’Alliance de 1924.

De façon inhabituelle, la fouille archéologique se trouve sur la propriété privée de l’église, placée sous la protection du gouvernement français, une situation résultant d’un accord de 1949 avec l’Etat d’Israël alors en développement. Aujourd’hui, le site accueille le Couvent de l’Arche d’Alliance, qui recouvre le sommet de la colline, et est occupé par les sœurs Saint-Joseph de l’Apparition.

Il n’est pas possible de mener des fouilles au sommet, un site d’une importance stratégique dans l’ancien monde : « Tout d’abord, nous ne voulons pas perturber la paix du couvent ; ensuite, le sommet est probablement victime d’érosion ; enfin, il a été construit sur un important monastère de la période byzantine », a énuméré Finkelstein.

Pourtant, même avec la construction de l’église, il reste surprenant qu’un site biblique aussi important n’ait toujours pas été fouillé. « C’est peut-être parce qu’il s’agit d’une propriété privée ; on peut bien comprendre que le sœurs n’aient pas  envie d’être dérangées. Avec l’implication du Collège de France, il a été plus facile d’obtenir le feu vert du couvent », a déclaré Finkelstein.

Dès la phase de préparation initiale, l’équipe a collaboré étroitement avec les sœurs pour déterminer les endroits appropriés entre les différentes structures du bâtiment. « L’interaction avec les sœurs est cordiale et amicale », a précisé Finkelstein.

A la fin des fouilles, les sœurs pourront choisir d’ouvrir le site aux touristes. Selon lui, les sœurs ont été très arrangeantes, mais à mesure que les découvertes se succèdent, elles s’inquiètent de plus en plus de leur tranquillité d’esprit

Illustration tirée de la Bible Morgan du 13ème siècle montrant David qui apporte l’Arche à Jérusalem (2 Samuel 6). (Domaine public via wikipedia)

De fait, l’analyse des objets retrouvés jusqu’à présent laisse peu de place au doute qu’il s’agirait bien du lieu biblique de Kiriath-Jéarim. Le nom est mentionné dans plusieurs livres de la Bible hébraïque, y compris dans une histoire détaillée dans les Chroniques 13, 5-8, dans laquelle le roi David transporte avec jubilation l’Arche à Jérusalem.

« Et David est monté, et tout Israël, jusqu’à Baalah, c’est-à-dire, jusqu’à Kiriath-Jearim, qui appartenait à Juda, a apporté l’Arche de Dieu… David et tous les Israélites ont joué, ont célébré de toutes leurs forces devant Dieu, avec des chants et avec des harpes, des lyres, des tambourins, des cymbales et des trompettes », peut-on ainsi y lire.

D’autres textes historiques, dont le répertoire des lieux géographiques anciens, « l’Onomasticon » d’Eusèbe de Césarée, un historien de l’Eglise du 3e et 4e siècle après l’ère commune et conseiller de Constantin le Grand, indiquent aussi que cet endroit est bien le lieu biblique en question.

Pour consolider encore plus cette hypothèse, les archéologues notent que le nom arabe du site, Deir el-ʿAzar, « semble être une déformation de ‘Monastère d’Eleazar’, probablement le nom du monastère byzantin qui commémorait le nom du prête responsable de l’Arche lorsqu’elle était conservée à Kiriath Jearim (1 Sam 7 : 1) ».

La technologie pour sonder d’anciennes profondeurs

Pour déterminer le lieu de fouille le plus pertinent entre les différents bâtiments du couvent, l’équipe a consulté des images aériennes d’une étude bavaroise datant de la Première Guerre mondiale ainsi que des clichés aériens modernes. L’équipe a aussi établi une orthophotographie de haute technologie de la zone à l’aide d’un drone et d’un modèle numérique de terrain (MNT).

« Les méthodes de haute-technologie nous ont aidés à visualiser l’ancienne topographie et à localiser les lignes des terrasses principales. Ces modèles nous ont permis de déterminer les lieux de fouilles, qui se sont révélés très pertinents », a déclaré Finkelstein.

Vue aérienne du site prise par l’armée de l’air bavaroise en 2918, vers le nord. Remarquez les grandes terrasses à l’ouest et à l’est. Le bâtiment moderne est la vieille maison du couvent ; au nord, on retrouve les fondations du secteur nord de l’hôtel (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath Jearim).

Même si l’équipe a exhumé d’innombrables objets, la découverte des murs de la plate-forme de l’âge du fer reste indubitablement sa plus grande réussite.

« Incontestablement, l’existence de ces murs, qui soutenaient une plate-forme surélevée de l’âge du fer, est notre découverte la plus importante jusqu’à présent », a dit Finkelstein.

Avec la visualisation en 3D du mont, quand les preuves de l’existence de la plate-forme ont finalement été découvertes », a expliqué Finkelstein, « j’étais surpris sans vraiment l’être. Surpris, parce que ce type d’estrades surélevées est surtout connu dans le royaume du Nord (Israël), et nous sommes à sa frontière la plus au sud. Mais pas vraiment surpris, car en observant la topographie et l’orthophotographie, je soupçonnais l’existence de cette structure au sommet ».

La plateforme, un exploit architectural monumental, suscite forcément diverses interrogations : qui l’a construite ? Quel peuple aurait pu être capable de la construire à l’époque suggérée par les datations de poterie et l’apparence des murs ? Pour compliquer encore plus les choses, nous manquons de découvertes marquées culturellement. « Il n’y a rien en terme de culture, si ce n’est l’estrade, qui indique qu’il s’agit du nord », a remarqué Fintelstein.

Contrariés, les scientifiques se sont tournés vers la datation de haute technologie par Luminescence optique stimulée (LOS). Cette méthode suggéra que la plate-forme datait de l’âge du fer IIB, soit environ du 8e siècle avant l’ère commune.

Modèle d’élévation digitale du mont de Kiriath Jearim (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath Jearim).

« En gardant à l’esprit la dimension monumentale de la construction, et le fait qu’aucune plate-forme de ce type ne soit connue en Judée, il y a deux possibilités dans l’âge du fer IIB : il pourrait s’agir d’une entreprise assyrienne risquée menée après l’an 720 de l’ère chrétienne, ou d’une construction israélite du nord d’avant 732 avant l’ère commune, à savoir avant le début du déclin du royaume en 747 avant l’ère chrétienne », ont écrit les archéologues dans leur rapport.

Selon eux, d’autres plate-formes similaires étaient bien connues dans le royaume du Nord dans le laps de temps suggéré, y compris dans la capitale de Samarie. Typiquement, ces structures consistaient en des supports muraux massifs remplis de terre qui formaient une colline artificielle.

Les débris de poterie retrouvés à proximité du mur datent de l’âge du fer IIB (900 à 700 avant l’ère chrétienne), ont déclaré les archéologues et la date de la construction pourrait aussi indiquer une œuvre du royaume du Nord : « Une plate-forme surélevée à Kiriath-Jearim aurait pu être construite par Israël après sa domination sur la Judée par Joash », comme cela est inscrit dans 2 Rois 14 : 11-13.

« De manière cohérente, le règne de Jéroboam II (788-747 avant l’ère chrétienne), au milieu du 8e siècle, correspond bien à la fois à la datation par LOS et celle des céramiques », ont souligné les experts.

Pendant les fouilles, et en comparant les conclusions établiées lors d’anciennes fouilles plus petites, les archéologues ont mis en évidence un mouvement d’implantation continu et intensifié dans le sillage de l’âge du fer IIC (700-586 avant l’ère chrétienne), tout comme la reconstruction de la plate-forme. Une autre reconstruction eut lieu pendant les périodes hellénistiques tardives. « Il pourrait s’agir d’efforts de fortification entrepris par le général séleucide Bacchidès », ont suggéré les universitaires.

Une plate-forme pour tous les commander

La deuxième période de fouilles commencera en août 2019 avec une équipe aussi importante, composée de professionnels et de volontaires. « Cette fois aussi, nous prévoyons de nous focaliser sur les grands murs qui soutiennent la plate-forme surélevée », a déclaré Finkelstein.

Finkelstein, qui considère l’Arche d’Alliance comme une légende et non un fait, a dit qu’il n’y a pas de preuve physique à Kiriath-Jearim démontrant que l’Arche y aurait résidé historiquement – il ne s’attend d’ailleurs pas non plus à en trouver. Pourtant, l’équipe souhaite comprendre pourquoi la légende s’est développée.

A Kiriath Jearim, fouille d’une série de terrasses le long de la pente sud-est du mont. (Fouilles de la famille Shmunis à Kiriath-Jearim)

« Pourquoi l’histoire de l’Arche du nord a été introduite dans la Bible est une très bonne question. C’est une des traditions du nord qui a trouvé son chemin jusqu’au sud. Peut-être l’idée était-elle d’expliquer comment l’Arche a pu arriver jusqu’à Jérusalem », a-t-il expliqué.

Le co-directeur des fouilles, Römer, a également exprimé son point de vue : « l’histoire de l’Arche a été introduite dans la Bible car dans sa présente forme, elle donne de la légitimité à Jérusalem comme le seul sanctuaire ‘officiel’ de YHWH, puisque selon le récit biblique, David y transféra l’Arche depuis Kiriath Jearim ».

« Les rédacteurs tardifs ont fait de la présence de l’Arche à Kiriath Jearim une courte période [dans 1 Samuel 7:2: il est écrit que l’Arche y est restée 20 ans], afin de laisser entendre qu’elle est parvenue assez rapidement jusqu’à Jérusalem. Mais historiquement parlant, cela se produisit bien plus tard, probablement sous le règne du roi Josiah », a écrit Römer.

La grande plate-forme de Kiriath Jearim aurait rempli plusieurs fonctions, à la fois sanctuaire et lieu administratif de pouvoir, ont déclaré les scientifiques.

« Une plate-forme peut, bien évidemment, contenir un sanctuaire, a déclaré Römer, et le fait que selon Samuel 7:1 l’Arche ne soit pas retournée à Shiloh d’où elle a été capturée, mais soit venue à Kiriath Jearim, indique clairement la fonction de culte de l’endroit ».

Finkelstein a suggéré que l’histoire de l’Arche a pu « servir l’idéologie du royaume du Nord à l’époque de Jéroboam II, mais aussi les besoins territoriaux réels qui résultaient de la domination de la Judée ».

« Je pense que ce sanctuaire de l’Arche relevait d’une idéologie d’Israël unifié (dirigé depuis la Samarie) – le précurseur de l’ultérieure Monarchie unifiée d’Israël et Juda », a expliqué Finkelstein.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...