Deri ferme la porte à Eisenkot : « Nous soutenons Netanyahu, point barre »
Le chef du Shas balaie toute perspective d’alliance avec le dirigeant de Yashar, qu’il accuse d’être à la tête d’un camp "qui déteste tout ce qui touche au judaïsme"
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Après que la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est empressée d’adopter une série de lois réclamées de longue date par les partis ultra-orthodoxes, le chef du parti Shas, Aryeh Deri, a réaffirmé jeudi son soutien sans réserve au Premier ministre.
Une déclaration qui est intervenue après les ouvertures faites par Gadi Eisenkot au Shas, dans l’espoir de rallier le parti ultra-orthodoxe à une future coalition.
« Nous soutenons Netanyahu, point barre », a-t-il déclaré au site d’information ultra-orthodoxe Kikar Hashabbat, rejetant ainsi les avances d’Eisenkot, principal rival électoral de Netanyahu.
« Eisenkot est à la tête d’un camp qui déteste tout ce qui a trait au judaïsme », a affirmé Deri. « Nous sommes à fond derrière Netanyahu. »
Eisenkot s’était dit prêt à former une coalition avec le Shas si celui-ci acceptait de respecter les trois principes fondamentaux de sa nouvelle formation politique, à savoir, reconnaître Israël comme un État juif et démocratique, adhérer aux valeurs de la Déclaration d’indépendance et s’engager à ce que tous les Israéliens accomplissent un service national.
Comme une grande partie de l’électorat du Shas, Eisenkot est d’origine mizrahi. Il avait d’ailleurs récemment confié, non sans humour, que pendant 30 ans sa mère avait voté pour le Shas et qu’il « n’a pas été simple » de la convaincre de rejoindre son nouveau parti, Yashar.
Cette main tendue avait trouvé un écho prudent au sein du Shas. La semaine dernière, son chef spirituel, l’ancien grand rabbin Yitzhak Yosef, avait déclaré que Netanyahu « ne se repentirait certainement pas », tandis qu’Eisenkot « pourrait le faire ».
Invité dimanche sur les ondes de la radio de l’armée Galei Tsahal, Eisenkot avait réaffirmé qu’il envisageait de rejoindre un gouvernement avec des partenaires souscrivant à ses trois principes.
Tout espoir de rapprochement semble toutefois avoir été douché jeudi par Aryeh Deri, qui a réaffirmé son soutien sans réserve à Netanyahu avant de s’en prendre au chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, en raison de sa vive opposition à la loi récemment adoptée par la coalition gelant les arrestations des Haredim réfractaires à la conscription. Deri l’a accusé de chercher « à aider le bloc de gauche pendant une campagne électorale ».
Ancien chef d’état-major lui aussi, Gadi Eisenkot a vivement réagi, qualifiant les propos de Deri de « manifestation d’arrogance et de déconnexion de la réalité ».
« Il n’y a rien de juif à n’envoyer qu’une partie du peuple d’Israël mener une guerre nécessaire », a déclaré Eisenkot, considéré par les sondages comme l’un des principaux candidats de l’opposition à la succession du Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Il n’y a aucun sens du leadership à transformer le chef d’état-major de Tsahal en simple instrument de votre sordide jeu politique. »
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