Des diplomates européens agacés après que Netanyahu « s’est auto-invité » au sommet
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Des diplomates européens agacés après que Netanyahu « s’est auto-invité » au sommet

Les ministres des Affaires étrangères voient la participation du Premier ministre à une réunion à Bruxelles comme un coup arrangé dans leur dos et affirment qu’Abbas recevra une invitation similaire, selon un média israélien

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la chef de la politique étrangère de l'Union européenne, Federica Mogherini, à Jérusalem, le 20 mai 2015 (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la chef de la politique étrangère de l'Union européenne, Federica Mogherini, à Jérusalem, le 20 mai 2015 (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)

Des dirigeants européens ont été pris par surprise la semaine dernière quand le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé sa participation au sommet des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) prévu le 11 décembre. Certains ont accusé le dirigeant israélien d’avoir concocté un coup diplomatique dans leurs dos, a annoncé la Dixième chaîne mercredi.

Les diplomates de l’UE, en colère, ont depuis accepté sa visite, mais ils ont prévenu Netanyahu qu’il ferait face à des questions difficiles, et promettent que les dirigeants palestiniens recevront une invitation similaire, expliquait-on dans le reportage.

Netanyahu a annoncé plus tôt ce mois qu’il prendrait part à la rencontre de Bruxelles organisée le 11 décembre. C’est la première fois en 22 ans qu’un dirigeant israélien participe à une rencontre de l’UE.

Mais l’invitation était loin d’être officielle : Netanyahu a été invité par le ministre des Affaires étrangères de la Lituanie pour participer à un petit-déjeuner avant la rencontre sans l’accord ni avoir informé d’autres diplomates de haut rang, a révélé la Dixième chaîne.

La nouvelle a été accueillie avec colère par plus d’un ministre des Affaires étrangères, et plusieurs étaient au début opposés à la manœuvre du dirigeant israélien de s’inviter lui-même à un forum de haut niveau.

« C’est l’Union européenne, pas le Congres Américain, Netanyahu ne peut pas s’inviter lui-même », a déclaré un diplomate européen à la Dixième chaîne, en référence au discours de Netanyahu prononcé devant le Congrès américain contre l’accord sur le nucléaire iranien en mars 2015, et qui avait été organisé dans le dos de l’administration Obama.

Le reportage expliquait que la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, qui était elle-même furieuse par la manœuvre de Netanyahu, a depuis trouvé un accord avec les membres de l’UE qui permettra à Netanyahu de participer : cela inclura une invitation similaire, dans un avenir proche, au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et une promesse que la question palestinienne sera en tête de l’ordre du jour quand les ministres des Affaires étrangères recevront Netanyahu.

« Netanyahu a eu la rencontre qu’il voulait, mais les ministres des Affaires étrangères au sommet lui poseront des questions difficiles sur les politiques d’Israël » menées dans les Territoires palestiniens, a déclaré un officiel de l’UE.

Ce sera la première fois que Netanyahu rencontrera l’ensemble des ministres des Affaires étrangères en même temps.

Le Premier ministre rencontrera à Paris le président français Emmanuel Macron le 10 décembre.

La relation de Netanyahu avec l’Union européenne est glaciale depuis des années, même s’il y a un an, des officiels ont promis d’améliorer les liens.

En juillet, lors d’une visite en Hongrie, Netanyahu a crititiqué l’Union européenne, en des termes inhabituellement durs, pour son traitement à l’égard d’Israël, appelant les dirigeants de quatre pays d’Europe Centrale à utiliser leur influence dans l’organisation pour faciliter les conditions afin de faire avancer les liens bilatéraux.

« Je pense que l’Europe doit décider si elle veut vivre et fleurir ou si elle veut se déssecher et disparaître, a-t-il déclaré dans une réunion à huis clos dont le contenu avait été diffusé accidentellement aux journalistes présents à l’extérieur de la pièce. Je ne suis pas politiquement très correct. Je sais que cela choque certains d’entre vous. C’est une plaisanterie. Mais la vérité est la vérité – aussi bien au sujet de la sécurité que du futur économique de l’Europe. Ces deux préoccupations imposent une politique différente à l’égard d’Israël ».

Plus tôt ce mois-ci, Israël a forcé un groupe de législateurs européens – dont des Français – à annuler leur voyage en Israël, expliquant que certains des participants cherchaient à rencontrer les terroristes palestiniens – Marwan Barghouthi et Salah Amouri.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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