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Des Palestiniens affrontent des troupes en marge de la marche de Homesh

Tandis que des centaines de personnes marchaient le long de la route vers Homesh, des vidéos montrent des manifestants lançant des pierres et incendiant des bennes à ordures

Le chef du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, au centre, dirige une marche vers Homesh aux côtés des députés Itamar Ben Gvir, à droite, et Bezlel Smotrich, à gauche, le 19 avril 2022. (Crédit: Conseil régional de Samarie)
Le chef du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, au centre, dirige une marche vers Homesh aux côtés des députés Itamar Ben Gvir, à droite, et Bezlel Smotrich, à gauche, le 19 avril 2022. (Crédit: Conseil régional de Samarie)

Des Palestiniens ont affronté les troupes israéliennes qui assuraient la sécurité d’une grande marche initiée par des membres de la droite de l’échiquier politique vers l’avant-poste de Homesh, en Cisjordanie.

La marche a eu lieu alors même que l’armée avait averti les organisateurs qu’elle ne serait pas en mesure de sécuriser correctement l’événement, qui a commencé dans l’implantation de Shavei Shomron mardi à 11 heures et qui a parcouru 14 kilomètres au travers de plusieurs villages palestiniens.

L’armée avait bouclé les routes menant à plusieurs villages palestiniens de la région dans le cadre des mesures de sécurité prises par le ministère de la Défense et les organisateurs de la yeshiva de Homesh. Dans un premier temps, l’armée israélienne s’était opposée à la marche, craignant qu’elle ne déclenche de nouveaux affrontements en Cisjordanie.

L’organisateur Bareleh Kromby a déclaré à Radio 103 FM qu’il avait conclu un accord avec l’armée pour raccourcir le parcours de 3 kilomètres.

« Non seulement il ne s’agit pas d’une provocation, mais ces marches sont en outre effectuées dans un esprit remarquable et digne », a déclaré Kromby. « L’objectif est de retourner Homesh, nous ne le cachons pas. La plus grande folie du désengagement [de 2005] se manifeste dans le nord de la Samarie. C’est une zone que nous n’avons même pas quittée, elle est par ailleurs ouverte aux Arabes israéliens, il n’y a donc aucune raison qu’elle ne soit pas ouverte aux Juifs. »

Les organisateurs avaient prévu que des milliers de personnes participent à l’événement et ont affirmé que 20 000 personnes étaient présentes.

Une vidéo de la marche montre des centaines de personnes se dirigeant vers Homesh, qui a été évacué en 2005, mais où les habitants des implantations reviennent régulièrement.

Parmi les manifestants se trouvaient de hauts responsables politiques nationalistes, dont le chef du parti Sionisme religieux, Bezalel Smotrich, et le député Itamar Ben Gvir, ainsi que le législateur de Yamina, Idit Silman, qui était la cheffe de la coalition avant de passer dans l’opposition au début du mois.

Des Palestiniens jettent des pierres sur les forces israéliennes dans le village de Burqa, en Cisjordanie, lors d’affrontements pour protester contre une marche d’Israéliens vers l’avant-poste sauvage de Homesh, le 19 avril 2022. (Crédit : Jaafar Ashitiyeh/AFP)

Des affrontements ont éclaté près du parcours de la marche entre les forces de sécurité et les Palestiniens qui s’opposent à l’événement.

À Burqa, près de Naplouse, des vidéos ont montré des manifestants lançant des pierres et incendiant des bennes à ordures alors que les troupes lançaient des gaz lacrymogènes dans leur direction.

Le Croissant-Rouge palestinien a affirmé que 32 Palestiniens à Burqa ont été soignés pendant les affrontements, dont 25 pour inhalation de gaz lacrymogène.

Homesh avait fait les gros titres en décembre dernier, lorsqu’un terroriste palestinien avait ouvert le feu sur un convoi ramenant des étudiants de la yeshiva et avait tué l’Israélien Yehuda Dimentman.

Cette attaque meurtrière avait relancé les revendications des députés ultra-nationalistes en faveur de la résurrection des implantations démantelées en 2005.

Yehuda Dimentman. (Crédit : Autorisation)

Cette marche constitue une violation des lois militaires, qui interdisent aux Israéliens de retourner sur les terrains des quatre avant-postes que le gouvernement a quittées en 2005 dans le cadre du désengagement de Gaza. Dans la pratique, la loi n’a jamais vraiment été respectée, la yeshiva fonctionnant illégalement au sommet de la colline de Homesh depuis 15 ans, et bénéficiant régulièrement de la protection de Tsahal. Les décisions de justice autorisant les agriculteurs palestiniens à accéder à leurs terres dans les avant-postes évacués ont également rarement été appliquées.

Dans une lettre adressée récemment aux organisateurs de la marche à la yeshiva de Homesh, le commandant de la brigade régionale de Samarie, le major Roy Zweig, a prévenu que les effectifs étaient trop réduits pour assurer la sécurité des différents événements de Pessah, en raison de l’alerte élevée aux attaques terroristes en Cisjordanie.

Le commandant Zweig a averti les organisateurs qu’ils mettaient « sciemment en danger un groupe important de personnes qui ne sont pas au courant des nombreuses menaces pour leur sécurité », tout en « faisant croire au public que l’événement est approuvé et sécurisé ».

Des personnes marchent près du château d’eau sur les ruines de Homesh, le 27 août 2019. (Crédit : Hillel Maeir/Flash90)

Il a ajouté que « ceux qui choisissent de contourner les forces de Tsahal situées dans la zone et de passer par des routes dangereuses dans et près des villages mettaient leur vie en danger ».

Selon le site d’information national-religieux Kipa, les parents de plusieurs personnes tuées dans des attaques terroristes ont écrit lundi une lettre au Premier ministre et au ministre de la Défense pour s’étonner que l’armée se plaigne d’un manque d’effectifs alors qu’elle consacre « des forces beaucoup plus importantes pour permettre le déroulement des fêtes musulmanes », et qu’elle supprime la fermeture de la Cisjordanie pour les Palestiniens.

« Une marche de protestation festive du peuple israélien à l’occasion de Pessah vaut-elle moins que les célébrations musulmanes ? », ont-ils demandé.

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