Des Palestiniens plantent des arbres pour stopper la construction israélienne
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Des Palestiniens plantent des arbres pour stopper la construction israélienne

Le groupe palestinien “Union of Agricultural Work Committees” a annoncé la plantation de milliers d’arbres à Jérusalem-Est et en Cisjordanie

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Les officiers de la police des frontières montant la garde pendant que les agriculteurs palestiniens utilisent des tracteurs pour travailler la terre dans le village de Qusra en Cisjordanie, avec l'avant-poste Esh Kodesh en arrière-plan, le 19 novembre 2013. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Les officiers de la police des frontières montant la garde pendant que les agriculteurs palestiniens utilisent des tracteurs pour travailler la terre dans le village de Qusra en Cisjordanie, avec l'avant-poste Esh Kodesh en arrière-plan, le 19 novembre 2013. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Un groupe palestinien, l’Union des comités de travail agricole (UAWC), a lancé dimanche un projet visant à planter des milliers d’arbres dans des zones stratégiques de Jérusalem-Est ainsi que dans les zones contrôlées par Israël en Cisjordanie, afin d’empêcher la saisie de leurs terres pour l’expansion des implantations.

Dans un communiqué de presse annonçant le projet, l’UAWC a déclaré que le programme était une réponse à la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, et les projets de construction israéliens annoncés à la suite de la décision.

Ce projet « renforcera la détermination palestinienne sur le terrain et préservera les terres en danger de saisie et de confiscation », a indiqué le groupe.

L’ONG basée à Ramallah, qui se veut être le pendant du Fonds national juif (JNF/KKL), travaille avec des agriculteurs palestiniens et des professionnels de l’agriculture sur une foule de programmes et d’activités en Cisjordanie.

L’UAWC a déclaré que le projet viserait Jérusalem-Est, où le gouvernement israélien envisage de construire 6 000 nouvelles unités dans le cadre d’un projet plus vaste de construction de 14 000 logements autour de la ville lancé par le ministre du Logement suite à la décision de Trump du 6 décembre de reconnaître Jérusalem.

L’UAWC a également déclaré qu’elle planterait des arbres dans plusieurs endroits de la zone C de la Cisjordanie, qui est sous contrôle exclusif israélien en vertu des Accords d’Oslo et exige une autorisation spéciale du ministère de la Défense pour toute activité agricole palestinienne.

Il s’agit notamment de la zone E-1 entre Jérusalem et Maale Adumim, la vallée du Jourdain et les alentours du village de Qusra en Cisjordanie, là où le Palestinien Mahmoud Zaal Odeh a été abattu le mois dernier par un habitant des implantations qui surveillait une randonnée lors d’une bar-mitsva, en défense à une attaque de lanceurs de pierres palestiniens.

Les autorités israéliennes ont tenté dans le passé de construire dans le couloir E-1 afin de relier la grande implantation de Maale Adumim à Jérusalem, mais les Palestiniens entre autres s’y sont opposés avec véhémence, disant que cela rendrait impossible la création d’un Etat palestinien contigu en Cisjordanie.

Le groupe a également annoncé son intention de planter des arbres sur les terres entourant les implantations de Tekoa et Beitar Illit dans le Gush Etzion au sud de Jérusalem afin de contrer, selon leurs allégations, les tentatives des habitants de ces implantations d’empêcher les agriculteurs palestiniens d’accéder à leurs champs.

L’Administration civile, qui dépend du ministère de la Défense, qui autorise les constructions et les plantations en Cisjordanie, a déclaré être au courant du programme et qu’elle « agira contre toute invasion de terres d’Etat de manière rapide et décisive ».

Réagissant au rapport, Regavim, une ONG de droite qui surveille la construction palestinienne, a déploré ce qu’elle considère comme l’échec du gouvernement israélien à faire respecter le droit face aux constructions illégales palestiniennes.

« Alors que l’Autorité palestinienne accélère les constructions avec l’aide de fonds européens, le gouvernement israélien et l’Administration civile, qui est en charge de l’application de la loi, reste impassible et abandonne la terre », a déclaré Regavim dans un communiqué.

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