Des partis d’opposition boycottent les festivités des 60 ans de la Knesset
Kakhol Lavan, Les Démocrates, et Avoda s’opposent ainsi à' Amir Ohana qui n'a pas invité le président de la Cour suprême à la cérémonie célébrant la fondation de la Knesset

Plusieurs partis d’opposition ont annoncé qu’ils boycotteraient la séance plénière du Parlement marquant le 60ᵉ anniversaire de la Knesset, en signe de protestation contre la décision du président Amir Ohana de ne pas inviter le président de la Cour suprême, Isaac Amit, aux festivités de la journée.
La décision d’Ohana est le dernier camouflet infligé par le gouvernement au plus haut magistrat d’Israël dans le cadre de sa campagne visant à affaiblir le système judiciaire. Le président de la Cour suprême n’a pas non plus été invité à assister aux discours du président américain Donald Trump et de plusieurs autres dirigeants mondiaux.
« Je suggère que le président de la Knesset et tous les membres de la coalition se concentrent sur la guerre contre l’Iran, et non sur une guerre contre la Cour suprême », a déclaré lundi Benny Gantz, chef du parti Kakhol Lavan, aux journalistes à la Knesset, avant une réunion de faction. Il faisait référence aux tensions actuelles avec Téhéran, après que son parti a indiqué dans un communiqué qu’il ne participerait pas à la session.
« Nous célébrons le soixantième anniversaire du bâtiment de la Knesset, et au lieu d’en faire un moment sioniste et fédérateur, [Ohana] insiste pour transformer la Knesset, qui est la maison du peuple, en la maison de la moitié du peuple. »
« J’appelle le président de la Knesset et le Premier ministre à mettre fin à cette folie. Ne récompensez pas les extrémistes », a-t-il ajouté.
Les députés du parti Avoda Naama Lazimi et Gilad Kariv ont également condamné le refus d’inviter Amit et ont déclaré que leur parti, Les Démocrates, boycotterait également la session plénière de la Knesset.
« Pardonnez-moi si je ne suis pas impressionné par les fleurs, les expositions, les coins d’activités et les poupées [Ben Gurion], » a déclaré Kariv lors d’une réunion de la commission de la Knesset.
Il a reproché à Ohana d’avoir introduit « un conflit interne entre les branches du gouvernement dans le bâtiment de la Knesset ».
S’adressant à Ohana de manière directe dans un message publié sur le réseau social X, Kariv a ajouté qu’il avait directement « nui au statut de cette assemblée et qu’il était une source d’embarras pour nous tous ».
Cette absence d’invitation survient alors que les relations entre le chef de la prestigieuse juridiction et le gouvernement sont particulièrement tendues.
Amit, dont le ministre de la Justice, Yariv Levin, refuse de reconnaître le titre depuis sa nomination à la tête de la Cour suprême, a implicitement accusé le gouvernement, dans un discours prononcé mercredi, de porter atteinte à l’État de droit en ne respectant pas les décisions de justice. Il a affirmé qu’en ignorant ces décisions, ceux qui sont au pouvoir « vident la loi de toute valeur ».
Levin boycotte Amit depuis sa nomination au poste de président de la plus haute instance judiciaire d’Israël, en janvier 2025. Il a refusé de le rencontrer ou de simplement s’adresser à lui en tant que président de la Cour suprême – la nomination n’a d’ailleurs pas été publiée au Journal officiel, comme l’exige pourtant la loi.
Certains membres du gouvernement ont suivi son exemple. Ainsi, le ministre des Affaires de la Diaspora, Amichaï Chikli, et le ministre des Communications, Shlomo Karhi, ont ouvertement appelé à maintes reprises le gouvernement à ne pas se conformer à certaines ordonnances et décisions rendues par la Cour suprême.







