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Des permis de travail dans les nouvelles technologies pour les Palestiniens

Le projet pilote vise à délivrer des permis à 500 Palestiniens de Cisjordanie d'ici 2024 - de nombreux Palestiniens travaillent déjà avec des entreprises israéliennes du secteur

Illustration - Sur cette photo du 6 avril 2013, une programmeuse palestinienne participe à un atelier dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)
Illustration - Sur cette photo du 6 avril 2013, une programmeuse palestinienne participe à un atelier dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

Le gouvernement israélien a approuvé dimanche un projet pilote visant à délivrer des permis de travail israéliens à 500 travailleurs palestiniens de Cisjordanie dans le secteur de la technologie sur une période de trois ans.

Jusqu’à présent, le gouvernement israélien n’a approuvé que des permis pour les travailleurs palestiniens dans les secteurs de la construction et de l’agriculture. Environ 130 000 Palestiniens travaillent en Israël et dans les implantations israéliennes de Cisjordanie, selon les statistiques du ministère de la Défense.

Certains Palestiniens sont déjà employés en Israël dans des entreprises technologiques, mais essentiellement au cas par cas, plutôt que dans le cadre d’une politique gouvernementale.

« Il y a beaucoup de jeunes Palestiniens de Cisjordanie chez Google, Amazon et Mobileye… donc le phénomène existe déjà, mais sur une base individuelle », a déclaré l’entrepreneur palestinien Mahmoud Khweis, qui dirige deux startups à Jérusalem et Ramallah.

Le secteur technologique israélien est confronté à une grave pénurie de main-d’œuvre, ce qui conduit les entreprises à chercher des programmeurs à l’étranger, en Europe de l’Est et en Inde. M. Khweis a déclaré que les Palestiniens pourraient combler une partie de cette pénurie et que certaines entreprises israéliennes sous-traitaient déjà leur travail à des codeurs palestiniens en Cisjordanie et à Gaza.

« En Cisjordanie, nous avons 3 000 à 4 000 diplômés en technologie chaque année. Beaucoup travaillent pour des entreprises palestiniennes qui passent des contrats avec des entreprises israéliennes », a déclaré M. Khweis, qui a qualifié les Palestiniens de « culturellement plus proches » des Israéliens que d’autres partenaires potentiels.

Mahmoud Khweis, un entrepreneur palestinien notamment cofondateur de l’organisation 50/50, qui vise à soutenir la coopération palestino-israélienne dans le domaine de la haute technologie. (Autorisation)

Selon Mahmoud Khweis, un développeur senior à Tel Aviv peut toucher un salaire mensuel allant de 30 000 NIS (près de 8 400 euros) à plus de 45 000 NIS (12 500 euros). À Ramallah, le même codeur de haut rang pourrait toucher environ 14 000 NIS (près de 4 000 euros).

« Les salaires de ces programmeurs palestiniens sont assez bas et les conditions de travail pourraient être meilleures, pour le dire poliment », a-t-il ajouté.

Selon le cadre approuvé par le cabinet dimanche, les travailleurs de la technologie ne seront pas payés moins de 150 % du salaire national moyen israélien.

Bien que l’industrie technologique israélienne verse généralement des salaires plus élevés que les autres secteurs, le salaire brut moyen national s’élevait à 11 799 NIS (près de 3 300 euros) en août, mois le plus récent pour lequel des statistiques étaient disponibles, selon le Bureau central des statistiques la semaine dernière.

Le nombre de permis de travail à délivrer dans le secteur de la technologie est faible : seuls 200 permis initiaux seront délivrés en 2022. Le quota augmentera de 200 autres en 2023 avant de plafonner à 500 permis au total en 2024.

Ce chiffre est dérisoire par rapport aux 130 000 Palestiniens qui détiennent actuellement des permis de travail en Israël et dans les implantations de Cisjordanie, dont la majorité occupe des emplois manuels. Parmi les travailleurs journaliers, on compte de nombreux diplômés d’université palestiniens, attirés en raison d’un manque d’opportunités pour des emplois de bureau dans la Cisjordanie appauvrie.

« Cela ouvrira les portes non seulement aux travailleurs à bas salaire, mais aussi aux employés d’une industrie de pointe », a déclaré dans un communiqué le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej, membre du Meretz, qui a travaillé sur le projet.

Le député Issawi Frej lors d’une conférence du parti à Tel Aviv, le 14 janvier 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le gouvernement israélien, formé de partis disparates, s’est engagé à prendre des mesures pour soutenir l’Autorité palestinienne. Au début de l’année, le cabinet a approuvé environ 15 000 nouveaux permis pour les travailleurs palestiniens dans le secteur de la construction.

Dans le même temps, le cabinet a augmenté dimanche de 8 600 le nombre de permis de travail standard pour les Palestiniens de Cisjordanie en Israël, qui entreront en vigueur en janvier 2022. 3 600 permis supplémentaires seront délivrés pour la zone industrielle d’Atarot, située au nord de Jérusalem, dans le centre de la Cisjordanie.

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