Des rescapées de Parkland au rassemblement « March for Our Lives » de Tel Aviv
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Des rescapées de Parkland au rassemblement « March for Our Lives » de Tel Aviv

Trois adolescentes juives ayant survécu à la fusillade du mois dernier en Floride manifestent contre la violence des armes à feu devant l'ambassade des États-Unis

Dani Tylim, rescapée de la fusillade de Parkland, s'exprimant lors de la manifestation 'March for Our Lives' à Tel Aviv le 23 mars 2018. (Tracy Frydberg/Times of Israel)
Dani Tylim, rescapée de la fusillade de Parkland, s'exprimant lors de la manifestation 'March for Our Lives' à Tel Aviv le 23 mars 2018. (Tracy Frydberg/Times of Israel)

Trois rescapées de la fusillade de l’école de Floride se sont jointes aux quelque 200 personnes qui ont protesté devant l’ambassade des États-Unis à Tel Aviv vendredi, dans le cadre d’une série de rassemblements mondiaux de la Marche pour nos vies [March for Our Lives rallies] appelant au contrôle des armes à feu.

La manifestation était l’un des 800 rassemblements qui se déroulent dans le monde entier au cours des deux prochains jours en réponse à la fusillade du mois dernier à l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas à Parkland, en Floride, qui a fait 17 morts – dont cinq victimes juives.

Trois adolescentes ayant survécu à la fusillade, les sœurs Maia, 18 ans, et Eden Hebron, 14 ans, et Dani Tylim, 18 ans, qui se trouvent toutes en Israël pour rendre visite à leur famille lors de la semaine de vacances de printemps, ont pris la parole lors du rassemblement.

Les survivantes de la fusillade de Parkland (de gauche à droite) Dani Tylim, Maia Hebron et Eden Hebron ont pris la parole lors du rassemblement de la « March for Our Lives » à Tel Aviv le 23 mars 2018. (Tracy Frydberg/Times of Israel)

Les trois font partie d’un mouvement plus large d’étudiants de leur lycée qui se sont rapidement transformés de victimes en militants après la tragédie, déclenchant un mouvement à travers les États-Unis pour plaider en faveur de nouvelles lois sur les armes à feu à la lumière de la fusillade de masse.

Le public de Tel Aviv était composé d’environ 200 Américains – la majorité d’entre eux sont en Israël pour une année sabbatique. En brandissant des pancartes créées quelques minutes auparavant, les participants se sont rassemblés pour écouter les témoignages des rescapées.

Eden Hebron a fait pleurer la foule en se remémorant avoir vu sa meilleure amie, Alyssa Alhadeff, et deux autres camarades de classe mourir devant elle.

Alyssa Alhadeff (Oregon Youth Soccer Association/Facebook via JTA)

S’exprimant clairement et sans hésitation, Hebron a dit : « Nous étions en cours et j’étais assise à côté de ma grande amie, Alyssa Alhadeff. Là, nous étions assises et nous échangions des remarques sur le fait que nous nous ennuyions en classe. Nous avons entendu un bruit mais je ne voulais pas croire qu’il y avait un tireur dans mon école à Parkland, Floride. »

Le tireur, Nikolas Cruz, a commencé à tirer à travers la porte.

« Je suis assise là et je me dis : ‘Je suis en train de vivre un cauchemar !' » raconte Hebron. « On a tiré sur notre porte. il y avait du verre devant moi. »

« Assise juste devant Alyssa, je commence à prier. » Alhadeff a été touchée par une balle et est tombée au sol devant Hébron.

Eden Hebron, survivante de la fusillade de Parkland, partageant son histoire devant le rassemblement de Tel Aviv ‘March for Our Lives’ le 23 mars 2018. (Tracy Frydberg/Times of Israel)

« Je ne peux toujours pas réaliser, mais je ne permettrai à personne d’autre de vivre ce que j’ai vécu, de se préparer à mourir comme je l’ai fait », a déclaré Hebron, disant à la foule que c’est désormais son travail de se battre pour Alhadeff.

L’organisatrice de l’événement, Marni Mandell, a également parlé de façon émouvante devant la foule, présentant le rassemblement comme une manifestation contre une idée beaucoup plus vaste que le simple fait de prôner des lois sensées sur les armes à feu aux États-Unis.

« La vraie raison de ‘Pourquoi suis-je ici et pourquoi avons-nous fait cela’, a-t-elle dit à la foule, vient de l’idée juive et islamique : ‘Celui qui détruit une vie, c’est comme s’il détruit le monde entier. Et quiconque sauve une vie, c’est comme s’il sauve toute l’humanité’. »

« Les lois sur le contrôle des armes à feu ne concernent pas seulement les États-Unis, mais toute l’humanité. Vous pensez peut-être que nous nous mobilisons pour le contrôle des armes à feu, mais ce n’est pas que cela », a-t-elle dit.

« Ce pour quoi nous nous mobilisons, c’est le principe même que la vie est la valeur la plus sacrée que nous pouvons défendre dans la société en tant que peuple et en tant que nation ».

Mani Mandell, organisatrice du rassemblement  » March for Our Lives  » de Tel Aviv, s’exprimant devant la foule le 23 mars 2018 (Tracy Frydberg/Times of Israel).

Mandell a également comparé les lois américaines sur les armes à feu à celles d’Israël, soulignant que même si les armes à feu en Israël sont constamment présentes, il est beaucoup plus difficile d’obtenir un permis de port d’armes.

« Pour obtenir une arme à feu [en Israël], il y a une liste d’exigences longue d’environ un kilomètre et même dans ces conditions, 40 % des personnes qui présentent une demande sont rejetées », a-t-elle dit.

A LIRE : Comparer l’Amérique à Israël sur les lois des armes à feu est malhonnête

Ted Deutsch, membre du Congrès de Floride, qui représente le district de Parkland, a écrit une lettre qui a été remise lors du rassemblement de Tel Aviv.

« Nous ne nous contenterons pas de pensées et de prières suite à cette tragédie », a-t-il écrit.

« Je suis fier que les États-Unis se tiennent aux côtés d’Israël, et aujourd’hui, je suis tellement reconnaissant qu’Israël se tienne aux côtés du lycée Stoneman Douglas, de Parkland et des Américains », a conclu le membre du Congrès juif.

De participants à militants

Parmi les participants se trouvaient de nombreux jeunes Américains en année sabbatique après leurs études secondaires.

Sophie Brilliant, qui est en Israël dans le cadre du programme Aardvark, a dit qu’elle rendait visite à sa famille à Miami lorsque la fusillade a eu lieu.

Sophie Brilliant (à gauche) qui connaissait personnellement les victimes de la fusillade de l’école secondaire Parkland était présente au rassemblement « March for Our Lives » le 23 mars 2018 (Tract Frydberg/Times of Israel).

« Ma camarade (« Alyssa Alhadeff ») et le cousin d’un cousin ont été tués. Depuis lors, je participe à des rassemblements et je milite pour le contrôle des armes à feu », a-t-elle dit.

« J’étais vraiment bouleversée d’apprendre qu’il y aurait une manifestation aujourd’hui et je savais que je devais venir. »

Casey Adashek, qui assistait au rassemblement avec 83 autres personnes dans le cadre du programme Nativ, le programme d’année sabbatique du mouvement conservateur, a réitéré à quel point la fusillade de Parkland était proche de leur domicile pour de nombreux participants dans la foule.

« Beaucoup d’entre nous connaissent au moins une personne qui est morte ou qui était là. Ce sont en fait des gens que nous connaissons. Beaucoup d’entre nous auraient aimé être à Washington pour la manifestation principale, mais ce sera le prochain grand événement », a-t-elle dit.

Sarah Machlis, également de Nativ, a déclaré que le groupe n’était pas seulement là en tant que spectateurs, mais aussi en tant que partisans du changement.

« Nous nous considérons toutes comme des militantes. Nous sommes conscientes de ce qui se passe et nous nous sentons si fortement liées à cette cause. Le contrôle des armes à feu concerne tout le monde », a-t-elle ajouté.

Cependant, le rassemblement semblait largement déconnecté de son environnement sur la promenade de Tel Aviv le long de la plage alors que les Israéliens en maillot de bain jetaient un regard curieux vers la foule, et que les gens sur leurs vélos électriques klaxonnaient en passant près d’eux.

Pour Ariel Katz, Casey Adashek et Sarah Machlis, du programme Nativ, la participation au rassemblement de Tel Aviv « March for Our Lives » était une évidence. (Tracy Frydberg/Times of Israel)

Rassemblement puis vote

Elana Sztokman, une dirigeante de l’organisation basée en Israël, Democrats Abroad, a dit à la foule : « Nous sommes ici parce que nos enfants nous ont poussés à dire assez ».

Le message de Sztokman à la foule était clair et concret : voter aux élections de mi-mandat.

Benji Lovitt, comédien israélo-américain et blogueur du Times of Israel, a également déclaré que le rassemblement était un rappel important pour les Américains vivant en Israël de continuer à exercer leur droit de vote aux élections américaines.

« Je n’ai jamais voté aux élections de mi-mandat et je vais le faire pour la première fois. Ce sont des sujets importants », a-t-il souligné.

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