Des soldats limogés des unités de combat après leur réponse à un attentat
Rechercher

Des soldats limogés des unités de combat après leur réponse à un attentat

L'enquête sur la fusillade commise par un Palestinien qui avait tué un soldat et un rabbin en Cisjordanie a déterminé que les soldats n'avaient pas agi de manière appropriée

Des soldats de l'armée israélienne sur la scène d'une fusillade à proximité du carrefour d'Ariel, dans le nord de la Cisjordanie, le 17 mars 2019 (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats de l'armée israélienne sur la scène d'une fusillade à proximité du carrefour d'Ariel, dans le nord de la Cisjordanie, le 17 mars 2019 (Crédit : Armée israélienne)

Plusieurs soldats ont été destitués de leur devoir de combat en raison de leur réponse médiocre à un attentat terroriste survenu au mois de mars, au cours duquel un militaire et un rabbin avaient été tués, a fait savoir l’armée israélienne mercredi.

Les résultats de l’enquête consacrée à cette épopée meurtrière d’un tireur palestinien et survenue à deux endroits distincts de Cisjordanie ont récemment été présentés au chef d’Etat-major Aviv Kohavi.

« Un certain nombre de soldats impliqués dans l’incident n’ont pas réagi comme on pouvait s’y attendre de la part de militaires de combat au cours d’une attaque terroriste. Ils ont été retirés des unités de combat », a fait savoir Tsahal dans un communiqué.

Le 17 mars, Omar Abu Laila avait mortellement poignardé le sergent Gal Keidan au carrefour d’Ariel, aux abords de l’implantation du même nom. Il s’était saisi de son arme à feu et il avait alors tiré, touchant le rabbin Achiad Ettinger, avant de voler son véhicule et de prendre la fuite. Keidan avait tenté de lutter avec le tireur malgré ses blessures et Ettinger avait ouvert le feu sur Laila à l’aide d’un pistolet avant d’être mortellement blessé.

Laila s’était alors rendu au carrefour voisin de Gitai, où il avait encore fait usage de son arme à feu, blessant le soldat Alexander Dvorsky, avant d’échapper à pieds vers le village de Burqin, situé à proximité.

Photo non datée du soldat Gal Keidan qui a été tué dans l’attaque terroriste dans le nord de la Cisjordanie, le 17 mars 2019. (Porte-parole de l’armée israélienne)

« L’enquête a révélé des échecs opérationnels variés liés à la discipline des forces présentes, des actions qui ont manqué lors des préparations aux missions comme dans le contrôle des commandants », a expliqué le communiqué, se référant aux soldats qui se trouvaient en patrouille sur les deux lieux de l’attaque quand cette dernière est arrivée.

Kohavi « a pointé le fait que les militaires s’étaient médiocrement comportés au cours de l’incident lui-même et qu’ils n’avaient pas fait ce qu’on est en droit d’attendre de combattants sur les lieux d’un attentat », a noté Tsahal, qui a toutefois salué Keidan pour avoir affronté le terroriste avant de mourir et également Ettinger qui avait tenté de le tuer.

Suite à l’enquête, une série de mesures ont été mises en place, avec notamment des blâmes émis à l’encontre du commandant de bataillon présent sur les lieux ainsi qu’au commandant des soldats, qui a depuis quitté l’armée, a fait savoir le communiqué. Son service dans le futur dans les réserves sera aussi réexaminé.

La mort de Keidan avait été prononcée sur les lieux de l’attaque et Ettinger, père de 12 enfants, avait succombé à ses blessures vingt-quatre heures plus tard.

Rabbi Achiad Ettinger, qui avait été blessé lors d’une fusillade au carrefour d’Ariel le 17 mars 2019 (Crédit : Nadav Goldstein/TPS)

Abu Laila avait été tué dans un échange de tirs avec les soldats à la fin de cette semaine-là, près de Ramallah, après plusieurs jours de chasse à l’homme. Au mois d’avril, les forces de sécurité ont détruit son habitation en Cisjordanie, située à proximité de la ville de Salfit.

« Suite à cet incident et à d’autres, une série de leçons ont été tirées concernant l’aptitude au combat et l’acuité opérationnelle de la division de Judée et Samarie », a dit l’armée, se référant à la division responsable de la sécurité en Cisjordanie.

« Dans ce contexte, il a été décidé que des initiatives seraient prises pour améliorer les capacités professionnelles et mentales des militaires, et que d’autres seront mises en place pour améliorer les infrastructures dans la zone », a-t-elle ajouté.

Kohavi a également reçu une évaluation de l’opération de renseignements et de la traque de l’homme armé. Il a salué les différentes instances impliquées qui ont su tirer les leçons de chasses à l’homme passées, a indiqué l’armée.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...