Deux Israéliens extradés aux Etats-Unis pour une affaire de piratage
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Deux Israéliens extradés aux Etats-Unis pour une affaire de piratage

Une enquête israélo-américaine a mené à l'arrestation de Gery Shalon et de Ziv Orenstein pour vol de données

Gery Shalon, deuxième à gauche, et Ziv Orenstein, deuxième à droite, soupçonnés d'être impliqués dans plusieurs escroqueries et de fraudes liées à la NYSE, au Tribunal de première instance de Jérusalem, le 22 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Gery Shalon, deuxième à gauche, et Ziv Orenstein, deuxième à droite, soupçonnés d'être impliqués dans plusieurs escroqueries et de fraudes liées à la NYSE, au Tribunal de première instance de Jérusalem, le 22 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les autorités américaines ont procédé mardi à de premières mises en examen dans l’une des plus importantes escroqueries informatique de l’histoire, avec l’infiltration de plus de 83 millions de comptes de clients de la banque américaine JPMorgan Chase.

Deux Israéliens ont été mis en examen pour piratage à grande échelle et vol d’identité et devraient être extradés vers les Etats-Unis pour leur procès, a indiqué Louba Samri, la porte-parole de la police jeudi.

Gery Shalon et Ziv Orenstein, deux citoyens israéliens, et Joshua Samuel Aaron, un citoyen américain vivant à Moscou, sont entre autres accusés d’une vingtaine de chefs d’accusation dont intrusion informatique illégale, fraude, vol d’identités, conspiration de blanchiment d’argent.

Preet Bharara, le procureur fédéral de Manhattan, a inculpé quatre personnes qu’il accuse d’avoir ciblé la banque et douze autres sociétés financières américaines dont le groupe de médias Dow Jones, maison mère du Wall Street Journal et de l’agence d’informations du même nom.

Si l’acte d’accusation ne parle que d’une grande banque américaine, Patricia Wexler, une porte-parole deJPMorgan, a confirmé à l’AFP qu’il s’agissait bien de la banque. Et une source proche du dossier a indiqué que Dow Jones était bien l’entreprise de presse évoquée par le procureur.

C’est la première fois que des personnes sont officiellement identifiées par les Etats-Unis dans ce dossier, qui a ravivé aux Etats-Unis les craintes sur la fragilité des entreprises face aux cyber-criminels.

En Israël, l’extradition est menée par le département d’Etat des Affaires internationales du bureau du Procureur et la branche des renseignements de la police israélienne.

Samri a salué la coopération entre les organismes représentants de la loi israélienne et américaine au cours de l’enquête, a qualifié la « coopération fructueuse entre les autorités ».

L’enquête a impliqué une coordination étroite entre le FBI et les membres de la division spéciale de la cyber-unité Lahav 433 de la police israélienne. Les membres de la Division des enquêtes policières et des renseignements d’Israël ont également participé au processus.

Shalon et Orenstein ont été arrêtés en juillet pour leur implication présumée dans l’affaire, suite à une enquête d’infiltration.

Samri a déclaré que plus de 10 représentants des forces de l’ordre des États-Unis étaient en Israël lors de l’arrestation et pendant l’enquête subséquente, en collaboration avec Lahav 433 et le Bureau du Procureur de l’État.

Shalon et Orenstein avaient été arrêtés l’été dernier par la police israélienne, à la demande des Etats-Unis, soupçonnés à l’époque d’une fraude s’élevant à plusieurs milliards de dollars. 

Le directeur adjoint du FBI en charge de l’enquête, Diego G. Rodriguez, a salué l’enquête conjointe à la mise en examen de mardi à New York. « Nous tenons à reconnaître spécifiquement le travail remarquable de la police nationale israélienne pour leur soutien exceptionnel tout au long de cette enquête », a déclaré Rodriguez.

Un quatrième homme, Anthony Murgio, résident américain, arrêté en juillet à son domicile en Floride (sud-est), est lui accusé de détention illégale d’une licence de bitcoin, la monnaie virtuelle controversée.

Il opérait une plate-forme d’échanges de bitcoin appelée Coin.mx, permettant aux victimes de cyber-attaques commises par les trois autres inculpés d’acheter des bitcoins pour verser une sorte de rançon aux hackers ayant pris possession de leurs données.

L’argent était versé dans des comptes bancaires domiciliés à Chypre, Hong Kong et en Europe de l’Est, d’après les documents judiciaires.

Les autres sociétés victimes des hackers sont les courtiers américains E*Trade et Scottrade.

« Nous sommes contents de notre coopération avec les autorités pour traîner les criminels devant la justice », a commenté Patricia Wexler, la porte-parole de JPMorgan.

L’établissement avait assuré lors de la révélation de l’attaque que les hackers n’avaient pas pu accéder aux données personnelles de ses clients tels les numéros de comptes, les mots de passe, les dates de naissance et les numéros de sécurité sociale.

L’acte d’accusation présente Shalon comme le leader du groupe et le procureur a déclaré que les trois travaillaient ensemble depuis 2007.

JTA a contribué à cet article.

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