Deux mis en examen après les dégradations de la stèle de Simone Veil en Bretagne
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Deux mis en examen après les dégradations de la stèle de Simone Veil en Bretagne

Les deux hommes sont âgés d'une soixantaine d'années, originaires des Côtes-d'Armor, "sans condamnation à leur casier judiciaire" ni "lien entre eux"

Simone Veil vote aux élections européennes, le 10 juin 1979. (Crédit :(Pierre Guillaud/AFP)
Simone Veil vote aux élections européennes, le 10 juin 1979. (Crédit :(Pierre Guillaud/AFP)

Deux hommes ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire jeudi pour dégradations et injures publiques aggravées, ainsi que pour provocation à la haine après les profanations de la stèle en mémoire de Simone Veil à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), a annoncé jeudi le parquet de Saint-Brieuc.

« Une information judiciaire a été ouverte (…) au terme des deux gardes à vue des chefs de dégradations aggravées, injures publiques aggravées et provocation à la haine », indique dans un communiqué le vice-procureur de la République de Saint-Brieuc, Antoine Loussot.

La circonstance aggravante des infractions retenues contre les deux hommes « résulte de leur caractère racial », précise-t-il.

Les deux hommes sont âgés d’une soixantaine d’années, originaires des Côtes-d’Armor, « sans condamnation à leur casier judiciaire » ni « lien entre eux », ajoute le parquet.

Le premier homme, interpellé mardi et placé en garde à vue, a reconnu avoir « rédigé et distribué » des tracts mais a nié avoir commis les dégradations, « sans éléments pour le confondre pour l’heure », indique le vice-procureur.

Selon une source proche du dossier, il s’agissait de « tracts hostiles et injurieux envers Simone Veil ».

Le deuxième homme, bénéficiant d’une mesure de curatelle, s’est « présenté volontairement » à la gendarmerie lundi en fin d’après-midi où il a reconnu les premiers faits de dégradations commis sur la stèle. Par deux fois début août la stèle avait été souillée par des jets d’excréments ou encore de mayonnaise. Puis des tags de croix-gammées ont été découverts le 11 août.

Mais l’homme n’a pas reconnu les faits en date du 14 août, précise le parquet. Cette fois ce sont des tags antisémites qui ont été découverts sur la stèle, selon une source proche du dossier.

Ces faits semblent relever « d’un autre mode opératoire » et restent « sans auteur identifié » à ce stade des investigations, indique le parquet.

« Le mobile de leurs actes demeure imprécis et devra être analysé à la lumière des expertises psychologiques et psychiatriques qui seront sollicitées », précise le vice-procureur. L’information judiciaire « aura pour but, entre autre, de réaliser les expertises de personnalité et de chercher d’éventuels complicités ou co-auteurs ».

Installée sur le parvis de l’hôtel de ville, renommé « Parvis Simone-Veil », la stèle en granit a été inaugurée en novembre 2017.

Simone Veil (1927-2017), qui fut déportée à Auschwitz, a notamment laissé en 1975 son nom à la loi légalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Elle a aussi été présidente du Parlement européen (1979-1982). Également académicienne, elle a été présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (2001-2007). Elle a fait son entrée au Panthéon en 2018.

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