Elazar Stern quitte Yesh Atid et devrait rejoindre le parti Yashar d’Eisenkot
Le député laisse entendre qu’il restera en politique ; Yashar devance largement dans les sondages BeYachad, la nouvelle alliance électorale de Yaïr Lapid et Naftali Bennett
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Le député Elazar Stern a annoncé vendredi son départ de Yesh Atid, formation dont il était membre depuis onze ans.
Lors de récents entretiens, Stern avait laissé entendre qu’il rejoindrait probablement Yashar, le parti de Gadi Eisenkot, à l’approche des élections législatives du 27 octobre.
Dans un communiqué, il s’est également dit « convaincu que, s’il restait en politique », Yesh Atid et lui continueraient à œuvrer ensemble afin de « sortir l’État d’Israël de la situation très grave dans laquelle le gouvernement actuel nous a plongés ».
Le président de Yesh Atid, Yaïr Lapid, qui s’est allié à l’ancien Premier ministre Naftali Bennett au sein de BeYachad en vue des élections, a remercié Stern « pour ses nombreuses années d’amitié et de partenariat au service de l’État d’Israël » et lui a souhaité « beaucoup de succès pour la suite ».
Selon la chaîne N12, Stern s’en est pris jeudi à Bennett, estimant qu’il était temps pour ce dernier de se ranger derrière Eisenkot, alors que Yashar devance largement BeYahad dans les derniers sondages.
« Bennett doit annoncer au plus vite que l’ensemble du bloc soutiendra celui qui arrive en tête dans les sondages », aurait déclaré Stern. « Je me réjouis que ce soit Eisenkot. C’est peut-être le seul dirigeant qui fasse consensus, dans la mesure où tout le monde lui fait confiance. »
Quelques heures après l’annonce de Stern, Eisenkot a réagi vendredi en le saluant à son tour, alimentant un peu plus les spéculations sur un possible ralliement de ce dernier à Yashar.
« J’espère le voir poursuivre son engagement au service de la population d’Israël », a déclaré le président de Yashar dans un communiqué.
En 2021, Stern avait suscité une polémique après avoir déclaré avoir ignoré des plaintes pour harcèlement sexuel lorsqu’il dirigeait la Direction des ressources humaines de Tsahal. Face au tollé provoqué par ses propos, il avait retiré sa candidature à la présidence de l’Agence juive, tout en conservant son siège à la Knesset.
Avant de rejoindre Yesh Atid, Stern avait été membre de Hatnua, le parti de Tzipi Livni.
Cette annonce est intervenue au lendemain de la confirmation, par l’ancien député de Yesh Atid Yoav Segalovitz et le président de Raam, Mansour Abbas, de discussions sur une éventuelle adhésion du premier au parti islamiste.
Segalovitz a remis dimanche sa lettre de démission au président de la Knesset, Amir Ohana, après avoir annoncé quelques jours plus tôt son départ de Yesh Atid.
Ancien haut responsable de la police, Segalovitz est notamment reconnu pour avoir contribué à faire reculer la criminalité dans les communautés arabes israéliennes lorsqu’il était vice-ministre de la Sécurité intérieure au sein du précédent gouvernement, dirigé par Bennett et Lapid.
Les contacts entre Segalovitz et Abbas font l’objet de rumeurs depuis plusieurs semaines. Selon un récent sondage télévisé, l’arrivée de Segalovitz au sein de Raam permettrait au parti de gagner deux sièges, passant de cinq à sept députés, un niveau sans précédent. Un tel ralliement pourrait également renforcer la légitimité d’Abbas comme éventuel partenaire de coalition aux yeux des partis d’opposition, dont certains restent hostiles à la participation de formations à majorité arabe à un futur gouvernement.
Par ailleurs, un sondage publié jeudi par Zman Yisrael, le site en hébreu affilié au Times of Israel, donne 25 sièges à Yashar, le parti d’Eisenkot, contre seulement 21 au Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu si les élections avaient lieu aujourd’hui.
Dans l’ensemble, toutefois, le sondage ne fait apparaître que peu de changements dans le rapport de force entre les blocs pro- et anti-Netanyahu. Le « bloc du changement », qui rassemble les formations opposées à Netanyahu, obtiendrait 58 sièges, soit trois de moins que la majorité absolue de 61 sièges à la Knesset, qui en compte 120, tandis que les partis soutenant Netanyahu en remporteraient 50.
Les partis arabes obtiendraient 12 sièges, répartis à parts égales entre Raam et Hadash-Taal.
Sam Sokol a contribué à cet article.
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