Élections: Un parti ultra-orthodoxe appelé à autoriser les femmes à se présenter
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Élections: Un parti ultra-orthodoxe appelé à autoriser les femmes à se présenter

La Cour suprême donne jusqu’au 2 septembre à Agudath Israël pour inclure des femmes dans sa liste à la Knesset et aux municipales ou bien elle devra statuer sur la question

Les partis YaHadout HaTorah et Shas lors d'une réunion d'urgence à la Knesset concernant la décision prise par la Cour suprême sur l'exemption des ultra-orthodoxes du service militaire obligatoire, le 13 septembre 2017 (Crédit : Flash90)
Les partis YaHadout HaTorah et Shas lors d'une réunion d'urgence à la Knesset concernant la décision prise par la Cour suprême sur l'exemption des ultra-orthodoxes du service militaire obligatoire, le 13 septembre 2017 (Crédit : Flash90)

La Cour Suprême a demandé à un parti politique ultra-orthodoxe d’autoriser les femmes à concourir sur ses listes électorales en tant que candidates aux élections nationales et locales.

Mardi, la Cour Suprême a donné à Agudath Israël jusqu’au 2 septembre pour résoudre ce problème avec ses responsables rabbiniques afin de permettre aux femmes de concourir aux élections. « Si vous n’acceptez pas, nous serons contraints de prendre une décision judiciaire », ont déclaré les juges.

La plainte a été déposée par Tamar ben-Porat, une laïque, mais a été soutenue par Nivcharot, un mouvement de femmes ultra-orthodoxes qui se compare aux suffragettes du début du 19e siècle, du 21e siècle.

La plainte concernait une clause spécifique des règles du parti qui stipule que seuls les hommes peuvent se présenter aux élections.

Même si le tribunal n’a pas statué, et que la question était relativement mineure, l’affaire pourrait bien avoir des conséquences beaucoup plus importantes.

« Il s’agit d’une décision historique, a déclaré Esty Shushan, fondatrice du groupe, à la Dixième chaîne d’information. Quelque chose de très important s’est produit aujourd’hui ».

Esty Shushan, fondatrice du groupe féminin ultra-orthodoxe Nivcharot, lors d’une interview, le 31 juillet 2018 (Capture d’écran : Dixième chaîne)

Fondé en 1912, Agudath Israel représente principalement la branche hassidique de la communauté ultra-orthodoxe. Avec le parti non hassidique Degel Hatorah, ils forment le parti Yahadout HaTorah qui dispose actuellement de six sièges à la Knesset. Aucun groupe, ni le parti Shas, qui représente principalement la communauté ultra-orthodoxe juive sépharade d’Espagne et d’Afrique du Nord, n’a de femmes candidates à la Knesset ou aux élections municipales.

Nivcharot a publié un message sur Facebook expliquant que l’avocat qui représente Agudah Israël avait reconnu qu’il n’y avait pas de base claire dans la loi juive (halakha) pour interdire aux femmes d’être élues. Cette interdiction provenait de coutumes internes à la communauté.

« S’il n’y a pas de problème halakhique à l’élection de femmes, cela n’est toutefois pas approprié », aurait-il déclaré devant le tribunal.

Estee Rieder-Indursky, membre du groupe féminin ultra-orthodoxe Nivcharot, lors d’une interview, le 31 juillet 2018 (Capture d’écran : i24 News)

Même si les partis autorisaient des femmes à être sur des listes électorales, volontairement ou par décision du tribunal, cela ne serait certainement qu’une victoire symbolique. Les partis pourraient s’arranger pour que les femmes ne soient pas placées en haut de la liste et éviter qu’elles aient une chance réelle d’être élues.

Estee Rieder-Indursky, la représentante de Nivcharot, a déclaré à i24news que les victoires symboliques étaient aussi importantes. « Pour nous ce n’est pas 2018. C’est 1918, a-t-elle déclaré. Nous sommes en pleine lutte, exactement comme celle menée par les suffragettes ».

Environ 11 % des 8,5 millions de citoyens d’Israël sont haredi, ou ultra-orthodoxes. Reconnaissables par les chapeaux et les vêtements noirs des hommes, ils vivent souvent une vie isolée, séparée de la majorité juive plus laïque, et suivent très étroitement les lois juives.

Les femmes ultra-orthodoxes portent traditionnellement de longues robes avec de longues manches ; elles se couvrent les cheveux si elles sont mariées. Les hommes et les femmes qui ne sont pas d’une même famille évitent tout contact physique.

Les femmes ne sont pas seulement exclues de la politique. En effet, la plupart des médias ultra-orthodoxes d’Israël – qui incluent quatre quotidiens, deux hebdomadaires et deux sites Internet – refusent de montrer des images de femmes, affirmant que cela contreviendrait aux règles de pudeur.

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