En Iran, le gouvernement critiqué pour ne pas avoir bloqué internet
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En Iran, le gouvernement critiqué pour ne pas avoir bloqué internet

Au début des manifestations, les autorités avaient bloqué les réseaux sociaux Telegram et Instagram, qui relayaient des appels à descendre dans la rue

l'université de Téhéran durant une manifestation contre les problèmes économiques dans la capitale de Téhéran, le 30 décembre 2017. Les étudiants ont manifesté pour un troisième jour en raison des problèmes de l'économie iranienne, comme l'ont montré des vidéos sur les réseaux sociaux. Mais leur nombre a été surpassé par les contre-manifestants (Crédit :  AFP / STR)
l'université de Téhéran durant une manifestation contre les problèmes économiques dans la capitale de Téhéran, le 30 décembre 2017. Les étudiants ont manifesté pour un troisième jour en raison des problèmes de l'économie iranienne, comme l'ont montré des vidéos sur les réseaux sociaux. Mais leur nombre a été surpassé par les contre-manifestants (Crédit : AFP / STR)

Un responsable iranien de la Cybercriminalité et adjoint du procureur général a critiqué vendredi le gouvernement, en particulier le ministre des Télécommunications, pour ne pas avoir bloqué l’internet face aux « fauteurs de troubles et aux ennemis », faisant allusion aux manifestations des derniers jours.

« L’ordre de bloquer tous les canaux sur la messagerie cryptée Telegram qui invitaient la population à la violence ces derniers jours avait été transmis par les responsables judiciaires au ministre des Télécommunications depuis longtemps, mais malheureusement aucune mesure n’a été prise », a déclaré Abdolsamad Khoramabadi, secrétaire du Comité chargé de la cybercriminalité.

Après le début des protestations, le 28 décembre, les autorités ont bloqué les réseaux sociaux Telegram et Instagram, largement utilisés par des groupes d’opposition pour appeler les gens à descendre dans la rue.

Instagram a été de nouveau autorisé, mais mercredi le ministre des Télécommunications, Mohammad Javad Azari Jahromi, a subordonné la reprise des activités normales en Iran de Telegram à la suppression de ses contenus à caractère « terroriste ».

« S’il est prouvé que les responsables ont volontairement refusé de prendre les mesures nécessaires pour empêcher les activités (…) des canaux sur internet des fauteurs de troubles et des terroristes, ils devront être punis », a ajouté encore Khoramabadi.

Il a ajouté qu’il existait 8 500 canaux sur Telegram qui avaient un contenu visant « la sécurité nationale, les valeurs sacrées de l’islam et la morale publique ». « L’ancien et l’actuel ministre des Télécommunications ont résisté face aux ordres » de bloquer ces canaux.

« Malheureusement, certains, volontairement ou involontairement, ont assuré aux fauteurs de troubles que personne n’appuierait sur le bouton de filtrage (de l’internet) pour empêcher leurs actions illégales », a encore ajouté Khoramabadi.

Le président iranien Hassan Rouhani lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue russe, au Kremlin, à Moscou, le 28 mars 2017. (Crédit : Sergei Karpukhin/Pool/AFP)

Le 19 décembre dernier, le président Hassan Rouhani avait déclaré lors d’une réunion : « le ministre des Télécommunications (…) promet qu’il n’appuiera pas sur le bouton de filtrage » de l’internet.

Plus de 41 millions d’Iraniens possèdent des smartphones -sur une population de 80 millions d’habitants- et au moins 25 millions d’entre eux utilisent quotidiennement Telegram pour s’informer, être en contact avec d’autres utilisateurs ou acheter des produits.

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