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En Israël, tout se fait avec WhatsApp, même les émissions de télé-réalité

La nouvelle émission de Keshet, intitulée 'The Group', rassemble 12 célibataires, qui ne peuvent communiquer que par SMS et messages vocaux

Les 12 participants de la première saison de l’émission de Keshet 'The Group.' (Crédit : Tal Givoni; Eran Levi)
Les 12 participants de la première saison de l’émission de Keshet 'The Group.' (Crédit : Tal Givoni; Eran Levi)

Si vous voulez joindre quelqu’un en Israël, vous prenez votre téléphone.

Pas pour les appeler, non, mais pour leur envoyer un message WhatsApp, devenu le principal mode de communication numérique.

Et si vous connaissez plus de deux personnes, il y a de fortes chances que vous fassiez partie de l’un des innombrables « groupes » WhatsApp, avec les amis, la famille, les collègues, voisins, camarades de classe actuels ou anciens, parents des camarades de classe de vos enfants ou supporters de la même équipe sportive, parti politique ou organisation caritative.

Si jamais la plate-forme de messagerie tombe en panne – comme elle l’a fait dans le monde entier il y a quelques semaines – tout le pays s’arrête, ou presque.

La nouvelle émission de télé-réalité produite par Keshet 12, en Israël, va placer l’un de ces groupes WhatsApp au cœur de son programme.

Sobrement intitulée « The Group », l’émission rassemble 12 Israéliens célibataires – six hommes et six femmes – qui se trouvent tous chez eux et ne peuvent se contacter qu’avec le groupe WhatsApp.

Les candidats ne se voient pas, mais ils peuvent s’envoyer des SMS et des messages vocaux (on aime ou on déteste).

Au fil de l’émission, la production les autorisera à avoir des conversations individuelles et même à passer des appels téléphoniques privés pour apprendre à se connaître, mais en aucun cas avec la vidéo.

Logo WhatsApp sur un téléphone. (Crédit : AP Photo/Patrick Sison, File)

Enfermer les candidats chez eux n’est pas sans rappeler la période des confinements de 2020.

L’émission s’apparente également au programme de Netflix « Love is Blind » [NDLT : L’amour est aveugle], dans lequel des hommes et des femmes se retrouvent pendant une semaine à l’intérieur de « capsules », où ils peuvent parler aussi longtemps qu’ils le souhaitent, mais sans jamais se voir.

Dans cette émission, les candidats ont la possibilité de faire leur demande en mariage… à travers une cloison. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’ils peuvent enfin se voir, avant de se marier quatre semaines plus tard.

Dans « The Group », il n’y a pas de mariage à la clef, du moins rien de scénarisé.

Mais une fois que les candidats décident de devenir « petit ami et petite amie », ils se voient et partent ensemble une semaine dans une destination paradisiaque, où ils décideront si l’amour né sur WhatsApp s’est transformé en amour réel.

Le « Groupe » est assez homogène : ce sont tous des Israéliens juifs jeunes, hétérosexuels, laïcs et d’une beauté classique.

La plupart vit dans la grande région de Tel-Aviv et deux d’entre eux s’appellent Shai.

Le format ne s’éloigne finalement guère des modes de rencontres réels à Tel Aviv, où les premiers contacts ont souvent lieu par texto ou via des applications.

Regarder ces 12 célibataires, assis sur leur canapé, se casser la tête – écrire, effacer, réécrire – pour savoir ce qu’il faut envoyer aux uns et aux autres sera familier à ceux qui se sont rencontrés au 21ème siècle.

L’amour peut-il naître de messages vocaux ?

Cela reste à voir.

Tant que personne ne décide de mettre le groupe en sourdine.

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