En plein COVID, les archéologues se tournent vers des laboratoires futuristes
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RÉTROSPECTIVE 2020 : LES PODCASTS DE L’ARCHÉOLOGIE 2020

En plein COVID, les archéologues se tournent vers des laboratoires futuristes

Des études du tartre dentaire aux techniques médico-légales en passant par l'IA pour démasquer l’auteur de la Bible, la science gagne contre les truelles pour découvrir le passé

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

  • Fouilles de l'Autorité israélienne des antiquités à l'église byzantine. (Yoli Schwartz / Autorité israélienne des antiquités)
    Fouilles de l'Autorité israélienne des antiquités à l'église byzantine. (Yoli Schwartz / Autorité israélienne des antiquités)
  • Des étudiants du programme pré-militaire de Beit Harel nettoient leurs trouvailles à la fouille archéologique de Beit Nattif. (Yoli Schwartz / Autorité israélienne des antiquités)
    Des étudiants du programme pré-militaire de Beit Harel nettoient leurs trouvailles à la fouille archéologique de Beit Nattif. (Yoli Schwartz / Autorité israélienne des antiquités)
  • Des lycéens de l'Autorité israélienne des antiquités ont fouillé la plus ancienne fabrique de savon en Israël, à Rahat, une ville bédouine du désert du Néguev. (Emil Aladjem / Autorité israélienne des antiquités)
    Des lycéens de l'Autorité israélienne des antiquités ont fouillé la plus ancienne fabrique de savon en Israël, à Rahat, une ville bédouine du désert du Néguev. (Emil Aladjem / Autorité israélienne des antiquités)
  • Dr Lior Weisbrod, archéologue de l’Autorité israélienne des antiquités, montre de minuscules fossiles de rongeurs provenant des fouilles. (Yoli Schwartz, Autorité israélienne des antiquités)
    Dr Lior Weisbrod, archéologue de l’Autorité israélienne des antiquités, montre de minuscules fossiles de rongeurs provenant des fouilles. (Yoli Schwartz, Autorité israélienne des antiquités)

Lorsque la pandémie a frappé, la plupart des archéologues ont dû déposer leurs truelles, ce qui leur a donné le temps de travailler sur leurs recherches, et il y a une pléthore de publications pour le prouver.

Pour cette journaliste d’archéologie, 2020 fut une année passée à jouer à repérer les nouveaux articles passionnants dans des revues prestigieuses. Des dizaines de scientifiques se sont engagés dans des études internationales et interdisciplinaires qui exploitent le pouvoir de la
« science pure ». L’incontournable datation au carbone 14 n’est que la partie émergée de l’iceberg dans cette course des scientifiques pour sonder le passé avec les outils du futur.

Ainsi, alors que les visites des sites archéologiques sont malheureusement devenues une denrée rare, voici une série de voyages pour l’esprit.

Les articles suivants sont un maigre échantillon des dizaines, sinon des centaines de découvertes fascinantes, depuis des études de provenance, à qui a écrit la Bible et sur quel support, en passant par l’assistance que la
« science pure » peut fournir aux archéologues pour confirmer des événements historiques, et toute une série de « nouveautés » préhistoriques.

1) Les découvertes de provenance inconnue obtiennent enfin le label de leur origine – ou pas

Cachet d’argile vieux de 2 700 ans provenant du sceau du roi israélite Jéroboam II au 8e siècle avant notre ère. (Dani Machlis / Université Ben Gurion)

LIRE : « Il y a 2 700 ans, un petit morceau d’argile a scellé un accord pour le roi de la Bible Jéroboam II »

Une empreinte de sceau achetée il y a des décennies pour une somme dérisoire – et considérée comme une grossière contrefaçon par son propriétaire – est finalement identifiée comme le deuxième artefact contenant le sceau de la cour de Jéroboam II. Et le premier a disparu.

Le tombeau des patriarches, dans la ville de Hébron en Cisjordanie, le 22 juin 2017. (Crédit : Gershon Elinson / Flash90)

LIRE : « La poterie volée de la tombe des patriarches acquiert sa première étude scientifique »

L’histoire de la façon dont les tessons de poterie de la période du Premier Temple ont été extraits du Tombeau des Patriarches dans les années 1980 est encore plus spectaculaire que la science qui soutient leur « origine ».

À gauche, le « Christ Pantocrator » de la cathédrale de Cefalù, autour de 1130 (Andreas Wahra / CC-BY-SA / via Wikipedia) ; à droite, l’Édit de Nazareth, Bibliothèque nationale de France, à Paris France. (Journal of Archaeological Science)

LIRE : « La technologie met à mal une hypothèse sur la première preuve du christianisme »

L’Édit dit de Nazareth, dont la provenance était inconnue, est une inscription impériale de 22 lignes en grec contre la profanation des
tombes ; selon certains, elle constituait depuis sa découverte en 1925 à Paris la plus ancienne preuve matérielle du christianisme primitif. L’analyse isotopique de haute technologie a identifié l’origine du marbre comme provenant de l’île grecque de Kos et non de Nazareth.

2) Qui a écrit la Bible ? Et sur quel support ?

Exemples d’ostraca d’Arad en hébreu. (Michael Cordonsky, Université de Tel Aviv et Autorité israélienne des antiquités)

LIRE : « Expertise graphologiques et algorithmes pour retrouver l’auteur de la Bible »

Des chercheurs de l’Université de Tel Aviv combinent analyse médico-légale à l’ancienne de la police et algorithmes informatiques de haute technologie pour leur nouvelle étude sur des tessons de poterie vieux de 2 500 ans ; ils en concluent que l’alphabétisation était suffisamment répandue chez les récents adeptes du Livre pour qu’ils aient écrit des parties de la Bible au 7e siècle avant notre ère.

Les professeurs Oded Rechavi et Noam Mizrahi de l’Université de Tel Aviv, dans le cadre de l’étude de l’ADN animal des manuscrits de la mer Morte. (Autorisation : Tadmit et Université de Tel Aviv)

LIRE : « Une étude ADN inédite révèle que tous les manuscrits de la mer Morte ne proviennent pas de la mer Morte »

Une étude interdisciplinaire sur l’ADN animal prélevé sur des fragments de manuscrits de la mer Morte vieux de 2 000 ans aboutit enfin après sept ans et fournit aux chercheurs une perspective nouvelle et surprenante sur les Juifs et leur théologie à l’aube de la chute du Second Temple. Cette étude révolutionnaire révèle que les rouleaux dont proviennent les fragments ont été écrits à des endroits différents, et parfois même loin de la mer Morte.

Illustration : trois fragments du Rouleau du Temple, l’un des manuscrits de la mer Morte, exposés au Maltz Museum of Jewish Heritage à Beachwood, Ohio, le 28 mars 2006. (AP Photo / Jamie-Andrea Yanak, dossier)

LIRE : « Le “Shabbat” révélé : des fragments “vierges” des rouleaux de la mer Morte créent la surprise »

Une université britannique a découvert que des morceaux « vierges » de parchemin en cuir extraits des célèbres grottes de Qumrân ne sont pas vierges du tout. Au contraire, ils sont dorénavant considérés comme d’authentiques fragments de manuscrits de la mer Morte – les seuls en Grande-Bretagne.

3) Les « sciences pures » permettent aux archéologues de confirmer des événements historiques

Yoav Vaknin, étudiant en doctorat à l’Université de Tel Aviv, prend les mesures d’un sol qui s’est effondré lors de la destruction de Jérusalem par les Babyloniens en 586 avant notre ère, lors de fouilles dans le parc de la Cité de David à Jérusalem. (Shai Halevi / Autorité israélienne des Antiquités)

LIRE : « Des restes calcinés de 586 avant notre ère, découverts à Jérusalem, pourraient détenir la clé de la protection de la planète »

La Bible et la science pure convergent dans une nouvelle étude archéo-magnétique d’une grande structure publique totalement détruite lors de la conquête babylonienne de Jérusalem à Tisha B’Av en 586 avant notre ère. Les données qui en résultent renforcent considérablement la capacité des géophysiciens à comprendre le « Saint Graal » des sciences de la Terre – le champ magnétique de la Terre en constante évolution.

L’archéologue Joe Uziel nettoie les assises murales du Mur occidental, récemment dégagées, situées sous l’arche de Wilson dans la vieille ville de Jérusalem, en octobre 2017. (Yaniv Berman / Autorité israélienne des antiquités)

LIRE : « Des scientifiques ont découvert qui a construit le pont du Temple de Jérusalem »

Une technique révolutionnaire de datation au radiocarbone permet désormais de dater en toute sécurité le moment où les structures monumentales de la Vieille Ville de Jérusalem – notamment la célèbre arche de Wilson – ont été construites. En collectant méticuleusement la matière organique dans chaque strate excavée et en effectuant une datation au carbone des minuscules échantillons prélevés dans le mortier ancien, une équipe interdisciplinaire de l’Institut Weizmann et de l’Autorité israélienne des antiquités peut désormais clore les interminables débats sur la date de construction des anciennes structures de Jérusalem. Pour une fois, les scientifiques sortent du laboratoire pour aller sur le terrain.

Illustration : gros plan sur une sépulture humaine vieille de 12 000 ans incrustée dans le matériel blanc trouvé dans la grotte Ein Gev. (Autorisation : Ein Gev)

LIRE : « La première carte complète des isotopes du strontium d’Israël sur la trace des migrations humaines de l’Antiquité »

Une équipe australienne des Sciences de la Terre a achevé la première cartographie complète des isotopes du strontium d’Israël. Les isotopes du strontium, que l’on trouve dans la plupart des sols, se retrouvent dans les os et les dents des humains et des animaux, tels une « empreinte » des endroits où les organismes résidaient.

4) « Nouveautés » préhistoriques

Coquillages de la grotte de Misliya : a-b : Patella caerulea ; c : Potamides conicus ; d : Melanopsis lampra ; e : Donax trunculus. (Oz Rittner)

LIRE : « Le collier préhistorique trouvé en Israël est-il le premier collier du monde ? »

Il y a environ 160 000 à 120 000 ans, les premiers hommes ont commencé à enfiler des coquilles peintes et à les exposer, selon une nouvelle étude interdisciplinaire internationale publiée dans la revue librement accessible PLOS One. Les auteurs, une équipe de scientifiques dirigés par Daniella E. Bar-Yosef Mayer de l’Université de Tel Aviv et Iris Groman-Yaroslavski de l’Université de Haïfa, ont réalisé des expériences « d’utilisation-usure » sur des collections de coquillages de palourdes douces-amères (Glycymeris) extraites dans deux grottes du nord d’Israël. Ils ont découvert que les trous naturels dans les coquilles de mollusques bivalves présentaient la preuve qu’ils avaient été enfilés sur du fil de lin, apparemment pour former les premiers colliers des premiers humains.

Illustration : un jeune fidèle, le visage enduit de poudre de curcuma, participe à une procession vers le Fort Golconda pendant le festival Bonalu à Hyderabad, Inde, le 15 juillet 2010. (AP Photo / Mahesh Kumar A.)

LIRE : « Les Levantins “mondialisés” de l’âge du bronze mangeaient asiatiques »

Les savants se sont longtemps cassé les dents sans parvenir à démontrer l’existence d’un réseau de routes commerciales du mystérieux âge du bronze. Prenant l’expression au pied de la lettre, les principaux auteurs d’un nouvel article scientifique ont analysé le tartre dentaire des anciens hommes du Levant méridional, et ont découvert une profusion de minuscules particules de leurs derniers repas – dont les ingrédients exotiques confirment la théorie académique de plus en plus reconnue d’un âge du bronze « mondialisé » au 2e millénaire avant notre ère. .

Dr Lior Weisbrod, archéologue de l’Autorité israélienne des antiquités, montre de minuscules fossiles de rongeurs provenant des fouilles. (Yoli Schwartz, Autorité israélienne des antiquités)

LIRE : « Les premiers hommes ont quitté l’Afrique il y a 200 000 ans pour Israël »

De minuscules fossiles de rongeurs découverts dans une grotte sur le mont Carmel d’Israël pourraient changer notre compréhension de l’évolution des migrations humaines, indiquant que les premiers humains aventureux qui ont migré d’Afrique vers Israël il y a 200 000 ans l’ont fait pendant une ère glaciaire.

Usine de fusion de cuivre vieille de 6 500 ans dans le quartier de Neveh Noy à Beersheba. (Anat Rasiuk / Autorité israélienne des antiquités)

LIRE : « Beer Sheva: Des preuves des premiers fours en métallurgie, datant de 6 500 ans »

Une nouvelle étude archéologique montre qu’il y a quelque 6 500 ans, Israël était déjà une startup nation – avec un centre de R&D métallurgique à Beer Sheva. Des fouilles d’urgence dans la capitale du Néguev en 2017 ont révélé les premiers restes de fours connus, attestant de la présence d’ateliers de fusion de cuivre vieux de 6 500 ans qui avaient déjà remplacé les petits creusets portatifs par des fours pour la métallurgie.

Si vous aimez lire sur l’archéologie, écoutez ces podcasts du Times of Israel en anglais :

Visite de la tour de David avec l’archéologue Amit Re’em, et inscription en arabe qui modifie la datation d’au moins un des murs de la citadelle.

https://soundcloud.com/the-times-of-israel/toi-2-12-20

Une discussion approfondie avec le professeur Eric Cline sur les premières fouilles (très fructueuses) de Megiddo.

https://soundcloud.com/the-times-of-israel/toi-7-10-20

Le professeur David Ben-Shlomo sur ses fouilles de l’ancienne Hébron et ses récentes recherches sur la poterie volée.

https://soundcloud.com/the-times-of-israel/toi-15-9-20

L’archéologue Yardenna Alexandre explique ce qu’elle a découvert lors des fouilles dans la ville natale de Jésus.

https://soundcloud.com/the-times-of-israel/toi-21-7-20

À 7 mètres sous la Vieille Ville de Jérusalem, à côté du mur des lamentations, avec l’archéologue Dr Barak Monnickendam-Givon.

https://soundcloud.com/the-times-of-israel/toi-30-6-20

Pnina Shor, conservatrice, fondatrice et chef de l’unité des manuscrits de la mer Morte au sein de l’Autorité israélienne des antiquités, pour un DSS 101.

https://soundcloud.com/the-times-of-israel/toi-2-6-20

Fouille de la Shiloh biblique : le Dr Scott Stripling explique pourquoi il ne s’attend pas à trouver l’Arche de l’Alliance.

https://soundcloud.com/the-times-of-israel/at-ancient-shiloh-archaeologist-finds-cluster-of-artifacts-that-hint-at-tabernacle

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