Enquête sur la diffusion par l’extrême droite d’une carte de lieux juifs à Berlin
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Enquête sur la diffusion par l’extrême droite d’une carte de lieux juifs à Berlin

Un député a critiqué la politique de Facebook, qui permet ce genre de publication "sous couvert de la liberté d'expression"

Photo prise le 9 ovembre 2013 d'un "Stolperstein» sur une promenade à l'occasion du 75e anniversaire de la Nuit de Cristal qui a eu lieu la nuit du 9  et 10 novembre 1938 à Berlin (Crédit : AFP PHOTO / JOHANNES EISELE)
Photo prise le 9 ovembre 2013 d'un "Stolperstein» sur une promenade à l'occasion du 75e anniversaire de la Nuit de Cristal qui a eu lieu la nuit du 9 et 10 novembre 1938 à Berlin (Crédit : AFP PHOTO / JOHANNES EISELE)

La police allemande a annoncé jeudi enquêter sur la publication la veille, jour du 78e anniversaire de la Nuit de Cristal, d’une carte de Berlin sur un groupe Facebook d’extrême droite indiquant près de 70 adresses d’organisations juives.

« Une plainte pour incitation à la haine raciale a été déposée », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police à Berlin.

Repérée mercredi soir par une organisation de lutte contre l’extrême droite, le MBR, cette carte recensait près de 70 lieux juifs à Berlin (synagogues, garderies, écoles, monuments ou encore restaurants) sur fond rouge et avec l’inscription en écriture gothique « Juifs parmi nous ».

Elle a été publiée sur le groupe Facebook d’extrême droite des « Forces libres de Berlin-Neukölln (FKBN) » 78 ans après le pogrom perpétré par les nazis contre les Juifs dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938. Jeudi après-midi, ni le groupe ni la carte n’étaient visibles sur Facebook.

« Les autorités judiciaires doivent prendre ces menaces au sérieux », a estimé Bianca Klose, chef de projet au MBR.

La Nuit de Cristal « a été le prélude de la persécution systématique des juifs en Allemagne, qui a ensuite conduit à l’Holocauste », a rappelé le député CDU Martin Patzelt sur sa page Facebook, qualifiant la carte d' »insupportable ».

Ce député a également critiqué la politique de Facebook, qui permet ce genre de publication « sous couvert de la liberté d’expression ».

Ce réseau social est régulièrement accusé en Allemagne d’être trop tolérant vis-à-vis des contenus racistes. La justice allemande a justement annoncé cette semaine l’ouverture d’une enquête visant le patron de Facebook après le dépôt d’une plainte pour « incitation à la haine ». La procédure en est encore à un stade préliminaire.

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