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États-Unis : Adoption d’une loi pour nommer un envoyé aux Accords d’Abraham

La Chambre a voté cette législation quelques jours après qu'Antony Blinken a déclaré que l'administration prévoyait de créer ce poste

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des participants au forum du Neguev tenant une réunion, à Abou Dhabi, le 10 janvier 2022. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères des Émirats)
Des participants au forum du Neguev tenant une réunion, à Abou Dhabi, le 10 janvier 2022. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères des Émirats)

La Chambre américaine des représentants a adopté une législation, mardi, qui somme l’administration Biden de nommer un envoyé spécial à la promotion des Accords d’Abraham. Le vote a été favorable à cette initiative à une écrasante majorité.

Cet envoyé spécial sera chargé d’encourager d’autres pays à emboîter le pas aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Maroc qui avaient normalisé leurs liens avec Israël en 2020.

Il devrait aussi renforcer les accords d’ores et déjà conclus entre Israël et les pays à majorité arabe tout « en coordonnant les efforts au sein de tout le gouvernement américain et en s’engageant au niveau diplomatique auprès des gouvernements étrangers, des organisations à but non-lucratif et des autres acteurs », déclare le texte de loi bipartisan qui avait été présenté par le représentant démocrate Ritchie Torres et par le républicain Michael Lawler.

Cet envoyé, au sein du département d’État, aura le rang d’ambassadeur, ce qui nécessite que son choix soit confirmé par le sénat – une stipulation qui risque de politiser ce processus à Washington, où les clivages sont déjà importants.

Le projet de loi a été adopté à 413 voix « Pour » contre 13 « Contre » – onze de ces opposants appartiennent aux rangs des démocrates progressistes qui sont connus pour leurs critiques d’Israël et ils ont été rejoints par les représentants républicains conservateurs Thomas Massie et Rich McCormick.

Le projet de loi doit encore passer devant le sénat avant d’être adopté définitivement. Les dirigeants de la Commission des relations étrangères, au sénat, ont annoncé que cette dernière présenterait sa propre loi dont l’objectif est de dynamiser les Accords d’Abraham et un conseiller du sénat a par ailleurs confié, mardi, au Times of Israel que le texte comprendra une section comparable à la législation qui a été approuvée par la Chambre.

Le conseiller, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, a noté que le projet de loi du sénat optait pour une approche plus holistique du renforcement des Accords d’Abraham que celui qui a été adopté à la Chambre, et qui s’est spécifiquement concentré sur l’établissement de ce poste d’envoyé spécial. La législation du sénat encouragera également l’élargissement du forum du Néguev – une initiative qui avait été prise par l’administration Biden et qui cherche à mettre en œuvre des projets régionaux dans de multiples domaines tout en améliorant la situation et les revenus des Palestiniens.

Le projet de loi de la Chambre est passé quelques jours après l’annonce faite par le secrétaire américain Antony Blinken que l’administration prévoyait d’annoncer rapidement la nomination d’un envoyé chargé exclusivement des Accords d’Abraham et de leur promotion.

Le conseiller a insisté sur le fait que la nouvelle loi restait nécessaire dans la mesure où elle codifiait le poste pour les administrations américaines futures.

Mais un responsable de l’administration a indiqué au Times of Israel que certains officiels avaient le sentiment que les efforts livrés par le Congrès étaient exagérés et qu’ils ne contribueront pas nécessairement à atteindre leur objectif, qui est celui de la promotion des Accords d’Abraham.

« Nous avons clairement établi, dès le début, que c’était une priorité pour nous… Nous reconnaissons que c’est une question très populaire et le Congrès veut avoir sa part du gâteau, mais ces initiatives variées n’aideront pas à faire avancer les choses », a-t-il dit.

« Nous apprécions toutefois l’initiative qui a été prise et nous sommes impatients de travailler avec le Congrès pour faire avancer ce dossier important », a-t-il néanmoins établi clairement.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken lors d’une prise de parole lors du sommet politique de l’AIPAC, à Washington, le 5 juin 2023. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

D’un autre côté, les partisans des initiatives prises au Congrès affirment que les pressions constantes du Capitole sur l’administration permettent de faire en sorte que le sujet de la normalisation reste bien une priorité de l’ordre du jour des dirigeants américains.

Dans ses propos annonçant la décision prise par l’administration de créer ce nouveau poste, Blinken avait dit que « l’intégration d’Israël dans la région aide à créer une région plus stable, plus sûre, plus prospère. C’est la raison pour laquelle le président Biden a fait de cette question un pilier de sa politique au Moyen-Orient ».

« Nous créerons rapidement un nouveau poste pour donner un nouveau poids à notre diplomatie et pour nous engager auprès des gouvernements, du secteur privé et des organisations non-gouvernementales, qui œuvrent en faveur d’une région plus pacifique, plus connectée, avait-il poursuivi.

Le secrétaire d’État n’avait pas donné plus de détail sur la nature de ce nouveau poste mais un responsable américain avait confirmé auprès du Times of Israel, le mois dernier, que le nom de l’ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, avait été évoqué.

Blinken s’était rendu en Arabie saoudite le lendemain et il avait évoqué l’idée d’une normalisation des relations entre Ryad et Jérusalem pendant sa rencontre avec le prince héritier Mohammed bin Salman.

Washington a travaillé, l’année passée, à mieux intégrer encore Israël dans la région, formant le Sommet du Néguev et l’I2U2 pour renforcer la coopération dans tout le Moyen-Orient et au-delà, tentant d’obtenir de l’Arabie saoudite et d’Oman l’ouverture de leurs espaces aériens respectifs aux transporteurs israéliens et négociant un accord maritime entre Israël et le Liban.

Mais ces efforts ont été délégués à différents bureaux, et notamment à Brett McGurk, à la Maison Blanche, à Amos Hoschstein, envoyé américain chargé des questions énergétiques et à Yael Lempert, au sein du département d’État, qui ont tous les trois tenu des rôles de premier plan dans les réalisations de l’administration américaine. Les pressions se sont intensifiées, au Congrès, en faveur d’une démonstration plus ouverte d’engagement, avec plus spécifiquement la nomination d’un envoyé dont la seule mission serait d’élargir les Accords d’Abraham. Lempert, pour sa part, devrait devenir ambassadrice des États-Unis en Jordanie et elle devrait devoir prendre en charge un grand nombre d’autres dossiers.

La décision de nommer un envoyé qui travaillera sur la promotion des Accords d’Abraham a suivi, de manière notable, la décision prise par Biden de ne pas désigner d’envoyé spécial au processus de paix israélo-palestinien comme l’avaient fait ses prédécesseurs.

L’administration estime que les conditions nécessaires pour relancer une initiative de paix de grande envergure ne sont pas actuellement réunies.

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