États-Unis-Iran : les experts pointent du doigt le flou du texte du protocole d’accord
Selon des diplomates américains cités par le New York Times, Téhéran a interprété la clause sur le détroit d'Ormuz comme l'autorisant à dicter la route à suivre par les navires et à attaquer ceux qui s'en écartent
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Alors que l’accord entre les États-Unis et l’Iran semble battre de l’aile sur fond de désaccords profonds concernant le détroit d’Ormuz, le New York Times a cité dimanche des experts qui soulignent le caractère vague du texte du protocole d’accord, à l’origine d’interprétations extrêmement divergentes.
Si le protocole d’accord du 17 juin obligeait explicitement les États-Unis à « lever le blocus naval dans un délai de 30 jours » et à mettre un terme à « toute interférence ou obstruction à l’encontre de la République islamique d’Iran », son contenu était nettement moins précis quant aux obligations de Téhéran concernant le détroit.
Il stipulait ainsi que l’Iran devait « prendre les dispositions nécessaires, en mettant tout en œuvre, pour assurer le passage en toute sécurité des navires commerciaux, sans frais, pendant 60 jours uniquement ». Il ajoutait : « La République islamique d’Iran engagera un dialogue avec le Sultanat d’Oman afin de définir la gestion future et les services maritimes dans le détroit d’Ormuz, en concertation avec les autres États riverains du golfe Persique, conformément au droit international applicable et aux droits souverains des États bordant le détroit d’Ormuz. »
« Personne ne devrait s’étonner que l’Iran considère cela comme lui accordant explicitement un rôle à long terme dans le contrôle des passages par le détroit d’Ormuz », a expliqué Michael Ratney, diplomate américain chevronné, cité par le New York Times.
« Le contrôle exercé par l’Iran lui confère évidemment un pouvoir considérable. Le pays semble même prêt à prendre le risque d’une reprise du conflit, voire d’un effondrement du cessez-le-feu, pour conserver ce levier », a-t-il ajouté.
Selon les propos du négociateur de longue date Dennis Ross, rapportés par le journal, du point de vue de Téhéran, « on ouvrait le détroit, mais à condition que l’Iran en ait le contrôle total et qu’aucune autre route ne soit possible ».
L’article souligne qu’aucune disposition du protocole d’accord ne précisait quelle route les navires devaient emprunter pour franchir le détroit d’Ormuz, ni ne limitait le pouvoir de l’Iran quant au choix de cette route.
Alors que les États-Unis ont interprété le texte du mémorandum comme interdisant à l’Iran d’attaquer les navires suivant la route qui longe la côte d’Oman – route par laquelle l’armée américaine achemine depuis des mois ses navires -, Téhéran y a vu une autorisation de déterminer une route « agréée » et « sûre » proche de ses propres côtes, ainsi que le droit d’attaquer tout navire qui s’écarterait de cette route et de percevoir des droits de passage ou des péages au terme de la période de 60 jours pendant laquelle cette pratique lui est interdite.
L’accord s’est pratiquement effondré depuis que l’Iran a commencé, la semaine dernière, à cibler les navires empruntant la route du littoral omanais. Ces derniers jours, les États-Unis ont mené des frappes contre des zones côtières iraniennes, tandis que l’Iran a riposté en attaquant des bases américaines dans les pays du Golfe et en Jordanie.
Le nombre de navires transitant par ce passage maritime stratégique pour le pétrole a chuté, passant de 400 par semaine à la fin du mois dernier – soit plus de 55 par jour – à seulement 22 jeudi dernier, a rapporté la société de suivi du trafic maritime Kpler.
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