« Etty », après le film, la série signée Hagai Levi
La série s'inspire du destin tragique et lumineux d'Esther « Etty » Hillesum, une intellectuelle juive néerlandaise née en 1914
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Ce jeudi soir, la chaîne tv Arte va diffuser la série « Etty », œuvre singulière initialement sortie en salles sous forme de long-métrage le 6 mai dernier. Un projet décliné en six épisodes diffusés les jeudis 21 et 28 mai.
Nous vous avions déjà parlé de cette fresque bouleversante, adaptée du livre « Une vie bouleversée » d’Etty Hillesum, découvert bien après le Journal d’Anne Frank et très différent de ce best-seller, tant sur la forme que sur le fond.
Derrière cette création se trouve le scénariste et réalisateur israélien Hagai Levi, mondialement connu pour avoir créé des séries « culte » telles que The Affair, In Treatment (adaptée en France sous le titre En thérapie par Olivier Nakache et Eric Toledano) ou encore le remake de Scènes de la vie conjugale.
Pour Levi, ce projet est profondément personnel : il a découvert les journaux intimes d’Etty Hillesum il y a une dizaine d’années, une lecture qui – dit-il – a transformé sa propre perception de la spiritualité après s’être éloigné de la foi juive orthodoxe.
La série s’inspire du destin tragique et lumineux d’Esther « Etty » Hillesum, une intellectuelle juive néerlandaise née en 1914. Le récit suit son parcours entre 1941 et 1943 dans une ville d’Amsterdam sous occupation nazie.
L’intrigue ne se contente pas de relater les faits historiques de la Shoah ; elle se concentre sur l’évolution psychologique et spirituelle fulgurante d’une jeune femme initialement décrite comme « névrosée et égocentrique ».
Sous l’influence de son amant et mentor, le psychologue et chirologue Julius Spier (interprété par Sebastian Koch), Etty commence à tenir un journal intime. Ces écrits, publiés après la guerre sous le titre Une vie bouleversée (En poche, aux éditions Points Seuil), témoignent de sa quête acharnée de liberté intérieure et d’autonomie alors que le monde extérieur s’effondre.
L’une des caractéristiques les plus marquantes de cette adaptation est le choix d’Hagai Levi de situer l’action dans un cadre contemporain. Bien que l’histoire se déroule sous l’occupation, les personnages portent des vêtements actuels et évoluent dans l’Amsterdam d’aujourd’hui.
Par ce geste artistique, le réalisateur signifie qu’il a voulu extraire l’histoire du « musée du passé » pour la rendre plus immédiate et vivante, souligner l’universalité des thèmes abordés, en montrant des citadins modernes confrontés à une mécanique de dépossession et au fascisme et enfin créer une résonance avec les tensions et les haines actuelles, Levi voyant dans le parcours d’Etty une façon de retrouver l’espoir dans un monde désespéré.
Portée par l’actrice Julia Windischbauer, la série retrace le cheminement d’Etty vers l’altruisme pur. Après avoir travaillé pour le Conseil juif, elle choisit délibérément de rejoindre le camp de transit de Westerbork pour porter assistance aux internés, refusant de se cacher.
Son voyage se termine tragiquement à Auschwitz, où elle est assassinée en 1943 à l’âge de 29 ans, laissant derrière elle l’un des témoignages les plus célèbres et les plus profonds de cette période.
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