Export d’armes françaises en 2017 au Moyen-Orient : les ONG vent debout
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Export d’armes françaises en 2017 au Moyen-Orient : les ONG vent debout

La ministre Florence Parly souligne que "ces exportations s'inscrivent dans un cadre légal extrêmement strict" et "respectent les traités et les engagements internationaux"

Florence Parly, ministre française des Armées, en conférence de presse à Bamako, au Mali, le 1er août 2017. (Crédit : Souleymane Ag Anara/AFP)
Florence Parly, ministre française des Armées, en conférence de presse à Bamako, au Mali, le 1er août 2017. (Crédit : Souleymane Ag Anara/AFP)

Amnesty International et deux autres ONG ont dénoncé la poursuite des ventes d’armement français à destination de l’Arabie saoudite et des Émirats Arabes Unis, accusés de violer le droit humanitaire au Yémen, après la publication du rapport sur les exportations de matériel militaire en 2017.

Selon ce rapport, dévoilé par l’AFP et présenté au Parlement par la ministre des Armées Florence Parly, le Proche et Moyen-Orient ont représenté l’an dernier quelque 60 % des commandes de systèmes d’armement français, soit 3,9 milliards d’euros sur un total de 6,9 milliards d’euros. Le Koweït est en tête (1,1 md EUR) suivi du Qatar (1,08 md EUR), des Émirats (701 millions) et de l’Arabie (626 millions).

Les livraisons d’armements français dans cette région se sont élevées sur la période à 3,4 milliards d’euros, soit plus de la moitié du montant total livré dans le monde (6,7 milliards d’euros).

« Pour l’Arabie saoudite seulement, la France a livré en 2017 pour plus de 1,38 milliard d’euros de matériels de guerre, bien plus qu’en 2015 ou 2016 », ce qui fait de Ryad « le deuxième client de la France en termes de livraison en 2017 malgré les violations du droit humanitaire par la coalition en conflit au Yémen », accuse Aymeric Elluin, d’Amnesty, dans un communiqué co-rédigé avec l’ONG chrétienne ACAT et l’Observatoire des armements (Obsarm).

Depuis l’intervention en 2015 de la coalition sous commandement saoudien au Yémen, visant à chasser les rebelles houthis, le conflit a fait près de 10 000 morts et provoqué « la pire crise humanitaire au monde », avec des millions de personnes au bord de la famine, selon l’ONU.

« Les Émirats arabes unis, le Koweït, l’Arabie saoudite et l’Égypte, impliqués dans ce conflit, figurent parmi nos premiers clients. Une violation manifeste du traité sur le commerce des armes et de la Position commune de l’Union européenne qui interdisent les transferts vers des pays accusés de crimes de guerre », renchérit Tony Fortin, d’Obsarm.

Ce rapport au Parlement « ne livre aucune information permettant aux parlementaires d’exercer leur contrôle sur les exportations de matériels de guerre », critique de son côté Hélène Legeay, de l’ACAT.

La ministre Florence Parly, citée dans le rapport, souligne elle que « ces exportations s’inscrivent dans un cadre légal extrêmement strict » et « respectent à la lettre les traités et les engagements internationaux ».

Concernant les ventes d’armement aux belligérants du conflit au Yémen, « nous pratiquons un système d’examen au cas par cas et veillons à ce que les équipements qu’on exporte ne soient pas utilisés sur la ligne de front », assure-t-on au ministère des Armées.

De manière plus générale, les exportations d’armement sont indispensables pour faire vivre l’industrie française de défense, par ailleurs chargée de fournir les équipements de la dissuasion nucléaire nationale, fait-on valoir au ministère.

Le marché intérieur français ne permettrait pas seul de « viabiliser toutes nos entreprises de défense », ajoute la même source.

En 2018, la France prévoit des commandes d’armement à l’export « assez nettement au-dessus » des 6,9 milliards de 2017, de source gouvernementale. Plusieurs grosses ventes conclues l’an dernier entreront en vigueur cette année, comme par exemple le contrat pour 12 Rafale signé par le Qatar, qui pourrait également confirmer l’achat de véhicules blindés français pour 1,5 milliard d’euros.

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