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Face aux menaces, les internes de l’hôpital Rambam retirent leur lettre de démission

Le directeur a menacé les internes de licenciement s’ils ne retiraient pas leur lettre de démission envoyée en signe de contestation face à la durée des gardes

Des internes manifestent pour de meilleures conditions de travail sur la place HaBima à Tel Aviv, le 30 août 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des internes manifestent pour de meilleures conditions de travail sur la place HaBima à Tel Aviv, le 30 août 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Face aux menaces de licenciement de la direction, les internes du centre hospitalier Rambam, à Haïfa, ont accepté de retirer leur lettre de démission, envoyée pour manifester leur mécontentement face à la durée des gardes.

La semaine passée, 200 internes de tout le pays ont envoyé leur lettre de démission en lien avec un différend de longue date avec le ministère de la Santé au sujet de la durée des gardes. Les démissions ne prenant effet que deux semaines après la remise des lettres à l’employeur, cela donne au ministère de la Santé 14 jours pour trouver une solution à la grogne des internes.

L’hôpital a déclaré mercredi que les 25 internes qui avaient remis leur lettre de démission s’étaient finalement rétractés, deux jours après les menaces de licenciement proférées par le directeur de Rambam, Michael Halberthal.

Halberthal s’est félicité des rétractations et dit prêt à faire le nécessaire pour trouver « une solution au problème des gardes, continuer à œuvrer à l’amélioration des conditions de travail du personnel hospitalier et améliorer la santé publique », selon Ynet.

Selon une information donnée par la Douzième chaîne, Halberthal a organisé, dimanche dernier, une réunion avec les internes pour les avertir qu’ils disposaient de deux jours pour retirer leur lettre, sous peine de licenciement.

Il leur aurait également précisé que, quand bien même une réduction de la durée des gardes serait entérinée l’année prochaine, il faudrait un certain temps avant qu’elle soit appliquée à l’hôpital.

Certains internes auraient quitté la réunion en larmes.

Ces derniers effectuent actuellement des gardes de 26 heures, qu’ils tentent de faire passer à 16-18 heures, assurant que leur incapacité à se concentrer pendant une période aussi longue sans repos présentait un danger pour les professionnels de santé comme pour les patients.

Le gouvernement avait initialement prévu de limiter la durée des gardes dès avril de cette année, mais une annonce faite en juillet en a reporté le terme à septembre 2023, évoquant des problèmes de procédure induits par les élections de cet automne.

L’organisation Mirsham, qui représente les internes en Israël, a déclaré lors d’une conférence de presse, jeudi dernier, que quelque 200 internes allaient remettre leur lettre de démission, sans doute suivis par d’autres si la crise n’était pas résolue.

La ministre de l’Economie, Orna Barbivai, a indiqué dimanche à Ynet être favorable aux revendications des internes en matière de réduction des heures de garde – raison pour laquelle elle avait approuvé le nouveau cadre – mais être contrainte d’en retarder la mise en œuvre en raison des élections du 1er novembre. Barbivai a rappelé que la procureure générale avait confirmé l’impossibilité d’apporter les changements nécessaires aux règlements en période électorale.

La mise en œuvre du nouveau cadre suppose de recruter un plus grand nombre d’internes et implique de modifier des règlements, chose impossible lorsque la Knesset n’est pas en session.

La ministre de l’économie Orna Barbivai participant à une conférence à Modiin, le 26 mai 2022. (Crédit : Flash90)

Jonathan Halevy, président du centre hospitalier Shaare Zedek, à Jérusalem, a déclaré dimanche à Radio 103FM que tout le monde était favorable à la réduction de la durée des gardes et que travailler 26 heures d’affilée « était totalement inacceptable ».

Il a toutefois ajouté que si l’organisation Mirsham comptait un millier de membres, 7 500 internes membres de l’Association médicale israélienne étaient, eux, favorables à la mise en œuvre du plan de réduction de la durée des gardes dans les centres hospitaliers de la périphérie à partir de l’année prochaine.

Halevy a souligné que raccourcir la durée des gardes impliquait de créer et pourvoir des centaines de postes supplémentaires, ce qui prenait du temps et rendait impossible la réduction de la durée des gardes aussi rapidement que les internes le souhaitaient.

Il a en outre rappelé que ceux qui choisissaient de devenir médecins ou chirurgiens hospitaliers savaient que les gardes de longue durée étaient un passage obligé.

« Pendant longtemps, c’est ainsi que les médecins se sont faits les dents », a-t-il ajouté.

Le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz, a apporté son soutien aux revendications des internes, rejetant la faute sur le ministère des Finances, affirmant que « le ministère de la Santé était lui favorable à la limitation de la durée des gardes » et que le « budget était en place ».

En octobre dernier, des milliers d’internes avaient démissionné pour protester contre les gardes de 26 heures. Le gouvernement avait alors proposé un plan, supposé entrer en vigueur le 1er avril de cette année, en vertu duquel les gardes dans 10 hôpitaux situés en dehors du centre du pays, seraient limitées à 16-18 heures.

Jusqu’en 2000, les internes effectuaient des gardes de 36 heures et parfois même davantage. Cette année-là, un accord a été conclu pour limiter la durée des gardes à 26 heures, avec une pause de deux heures.

En 2012, à la suite d’appels à réduire à nouveau la durée des gardes, le gouvernement a limité à deux gardes par semaine pour les internes, précisant qu’ils ne pouvaient pas travailler plus de 71,5 heures par semaine. La plupart des hôpitaux n’ont jamais mis en œuvre ces dernières réglementations.

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