Face aux réfugiés syriens, un député Druze veut créer un camp à la frontière
Rechercher

Face aux réfugiés syriens, un député Druze veut créer un camp à la frontière

Un député de l'opposition, Saleh Saad, déclare que "l'État d'Israël ne peut rester indifférent à la situation humanitaire", alors que l'armée d'Assad bombarde le sud du pays

De la fumée s'élève au-dessus des zones tenues par l'opposition de la ville de Daraa pendant les frappes aériennes des forces du régime syrien le 28 juin 2018. (AFP PHOTO / Mohamad ABAZEED)
De la fumée s'élève au-dessus des zones tenues par l'opposition de la ville de Daraa pendant les frappes aériennes des forces du régime syrien le 28 juin 2018. (AFP PHOTO / Mohamad ABAZEED)

Un député de l’opposition a appelé le gouvernement jeudi à établir un camp de réfugiés temporaire pour fournir une aide humanitaire à des dizaines de milliers de personnes déplacées de leurs foyers dans le sud de la Syrie par le régime d’Assad, dont Israël estime qu’elles pourraient arriver à sa frontière.

« La situation sur le plateau du Golan syrien appelle à une solution créative », a déclaré le député Saleh Saad, membre de l’Union sioniste. « L’État d’Israël ne peut rester indifférent à la situation humanitaire des citoyens déplacés. »

« Je voudrais proposer comme solution que nous établissions une ville temporaire à la frontière pour les réfugiés syriens, qui répondra aux besoins humanitaires jusqu’à ce que la communauté internationale puisse décider d’une solution permanente », a-t-il dit.

Saleh, originaire du nord d’Israël, est membre de la communauté druze.

Le député Saleh Saad de l’Union sioniste au Tribunal national du travail à Jérusalem le 5 décembre 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Israël se prépare à ce qu’un assaut des forces du dictateur syrien Bashar el-Assad conduise des dizaines de milliers de réfugiés syriens vers la frontière israélienne. Tsahal se prépare à prévenir une brèche massive à la frontière, mais aussi à fournir une aide humanitaire aux personnes déplacées, selon des sources militaires.

Avec l’aide de la Russie, l’armée d’Assad a pilonné le sud pendant plus d’une semaine avec des frappes aériennes, des tirs de roquettes et des bombes artisanales, forçant plus de 50 000 personnes à fuir à la recherche de sécurité. Beaucoup d’entre eux ont fui vers la frontière avec Israël, estimant que c’était la destination la plus sûre puisque le régime n’oserait pas frapper dans cette zone pour éviter de mettre Jérusalem en colère.

L’ONU a averti que plus de 750 000 vies sont en danger dans le sud, qui est censé être protégé par un cessez-le-feu mis en place l’an dernier par la Russie, la Jordanie et les États-Unis.

Des Syriens fuyant les bombardements des forces gouvernementales dans la campagne du sud de la province de Daraa se déplacent en tracteurs et camions près de la ville de Shayyah, au sud de la ville de Daraa, vers la zone frontalière entre les hauteurs du Golan et la Syrie le 28 juin 2018. (AFP PHOTO / Mohamad ABAZEED)

La plupart des plus de 50 000 personnes qui se sont déjà enfuies se sont dirigées vers la frontière jordanienne verrouillée. Les responsables de Nawa, une ville tenue par les rebelles et fortement bombardée par des frappes jeudi, ont publié une déclaration demandant à la Jordanie d’accueillir des réfugiés.

Mais Amman a dit que la frontière restera fermée. Le royaume accueille déjà plus de 650 000 réfugiés syriens enregistrés et estime que le nombre réel est plus proche de 1,3 million.

La Jordanie étant fermée, Jérusalem craint que les réfugiés ne se dirigent vers la frontière israélienne.

Alors que plusieurs dizaines de réfugiés seulement avaient installé des camps de tentes près de la frontière israélienne dans la ville de Quneitra à partir de jeudi, Israël se prépare à divers scénarios, selon les sources.

Un des développements possibles qu’Israël redoute est que des masses de réfugiés se regroupent pour tenter de franchir la clôture de la frontière, a rapporté la chaîne Hadashot. Les responsables de la sécurité craignent que, dans un tel scénario, les terroristes puissent également essayer de se faufiler parmi eux dans le pays.

« Aucun réfugié syrien n’entrera en Israël, mais nous aiderons là où nous le pouvons sur le plan humanitaire « , a déclaré un haut responsable cité par la Dixième chaîne de télévision.

Une jeune fille syrienne déplacée de la province de Daraa, fuyant les bombardements des forces pro-gouvernementales, transporte un nourrisson dans un camp de fortune dans la province de Quneitra, au sud-ouest de la Syrie, près de la frontière avec le plateau du Golan, le 22 juin 2018. (AFP PHOTO / Mohamad ABAZEED)

Ces dernières années, Israël a fourni une aide humanitaire importante aux civils du côté syrien de la frontière, qui se sont rangés pour la plupart aux côtés des rebelles dans la guerre civile syrienne. Israël a fourni de la nourriture et des médicaments, et des milliers de Syriens blessés sont entrés en Israël pour recevoir des soins médicaux vitaux.

Les rebelles occupent une bande de territoire en forme de fer à cheval dans le sud, couvrant la majeure partie de la province de Deraa et de Quneitra à l’ouest.

Ils contrôlent également les quartiers sud de la ville de Daraa, connue comme le berceau du soulèvement syrien qui a duré sept ans.

Le reste est détenu par les forces gouvernementales, qui contrôlent également la majeure partie de la ville de Sweida, dans le sud de la Syrie, à l’est.

Malgré un cessez-le-feu négocié à l’échelle internationale depuis 2017, le régime a commencé à bombarder les villes tenues par les rebelles à Daraa le 19 juin.

Les avions de guerre russes ont commencé les raids samedi et mardi, les deux forces aériennes ont lancé des opérations de bombardement contre les quartiers tenus par les rebelles de la capitale provinciale.

Michael Bachner et l’AFP ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...