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Facebook est directement lié au déclin de la santé mentale – étude

Publiée dans l'American Economic Review, l'étude a établi un lien de causalité direct entre la plateforme et l'augmentation de l'anxiété et de la dépression

Des employés au siège de Facebook à Menlo Park, en Californie, le 13 décembre 2011. (Crédit : AP Photo/Paul Sakuma)
Des employés au siège de Facebook à Menlo Park, en Californie, le 13 décembre 2011. (Crédit : AP Photo/Paul Sakuma)

Une nouvelle étude a établi un lien direct entre l’utilisation de Facebook et une « aggravation » des taux d’anxiété et de dépression chez les étudiants.

L’étude, publiée par l’American Economic Review, a découvert qu’au cours des deux premières années et demie d’existence de la plateforme, les étudiants qui avaient un compte sur le site étaient 7 % plus susceptibles de souffrir de dépression et 20 % plus susceptibles de souffrir d’anxiété.

Le déploiement initial de Facebook en 2004 a été échelonné. Les étudiants de Harvard ont été les premiers à y avoir accès, suivis des universités de Columbia, Stanford et Yale. Les chercheurs ont utilisé les données médicales de ces campus, en comparant leurs enquêtes sur la santé mentale avec celles des campus universitaires n’ayant pas accès à la plateforme.

Alors que des centaines d’études ont montré une corrélation entre l’utilisation des réseaux sociaux et le déclin de la santé mentale, les chercheurs affirment que leur méthodologie unique leur a permis de confirmer ce lien.

L’étude, produite en partie par Roee Levy de l’université de Tel Aviv, suggère que les « comparaisons sociales défavorables » sont probablement à blâmer pour l’augmentation de l’anxiété et de la dépression chez les jeunes.

« Aujourd’hui, comme nous le savons, nous connaissons tous très bien les plateformes de réseaux sociaux. Elles suscitent la jalousie, et les utilisateurs ont du mal à comprendre que ce qu’ils voient en ligne ne reflète pas nécessairement la réalité. C’était encore plus vrai il y a une quinzaine d’années, lorsque le phénomène était complètement nouveau », a déclaré Levy à la Douzième chaîne.

Le créateur de Facebook, Mark Zuckerberg, répondant aux questions des membres des réseaux sociaux sur le campus de l’université Harvard, à Cambridge, dans le Massachusetts, le 7 novembre 2011. (Crédit : AP Photo/Steven Senne)

« Les effets semblent augmenter avec le temps », a déclaré Alexey Makarin, professeur adjoint au MIT Sloan, qui a également participé à l’étude.

« Si, à la fin de l’automne 2004, un étudiant de première année à Harvard disposait de Facebook pendant un semestre et un étudiant de deuxième année pendant deux semestres, l’effet semblait plus fort chez l’étudiant de deuxième année, ayant été plus exposé », a déclaré Makarin au site Web du MIT Sloan.

Makarin a déclaré qu’il considérait initialement la santé mentale comme « un élément de plus » de l’utilisation des réseaux sociaux, mais qu’après avoir mené ses recherches, il s’est dit « avoir réalisé à quel point la situation était vraiment mauvaise », ce qui l’a profondément marqué.

« Tout ce que cette étude, entre autres, peut mettre en lumière sur ce qui se cache derrière cette tendance sera très précieux pour la société », a-t-il ajouté.

Selon les données des Centers for Disease Control, le taux de suicide chez les jeunes de 10 à 24 ans était stable de 2000 à 2007, puis a augmenté de 57 % entre 2007 et 2017.

Aujourd’hui, Facebook compte 2,5 milliards d’utilisateurs quotidiens. Plus de la moitié de la population mondiale, soit 4,3 milliards de personnes, possède au moins un compte de réseau social.

Selon l’étude de l’American Economic Review réalisée en 2021, l’utilisateur moyen passe environ deux heures et demie par jour sur les réseaux sociaux.

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