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Fermeture des crèches et des écoles primaires avec la grève des enseignants

La journée s'est terminée à 13 heures pour permettre aux enseignants de se rassembler à Tel Aviv ; les personnels éducatifs réclament une revalorisation de salaire

Des enseignants du syndicat national des enseignants protestent contre les faibles salaires à Tel Aviv, le 25 mai 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Des enseignants du syndicat national des enseignants protestent contre les faibles salaires à Tel Aviv, le 25 mai 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Les maternelles et les écoles élémentaires publiques du pays ont fermé à 13 heures, lundi, en raison d’un mouvement de grève sur les salaires qui a été initié par l’un des deux plus importants syndicats d’enseignants d’Israël.

La majorité des écoles primaires et des jardins d’enfants terminent leurs activités avant 14 heures, et les petits élèves peuvent alors prendre part à des programmes extra-scolaires pendant l’après-midi. Ces programmes se termineront une heure plus tôt, en fonction des arrangements qui ont été individuellement décidés.

Cette grève de 24 heures du Syndicat des enseignants d’Israël a été prévue de manière à permettre aux personnels éducatifs de se rendre à une manifestation organisée en fin de journée à Tel Aviv.

Annonçant cette action, la semaine dernière, le syndicat a fait savoir que les enseignants de toutes les institutions d’éducation se mettraient en grève, notamment les écoles recevant des publics à besoins particuliers.

L’Association des professeurs de lycée et ses membres ne participeront pas au mouvement de protestation de Tel Aviv. Ce syndicat est impliqué dans un conflit distinct portant sur les réformes apportées au diplôme de fin d’études secondaires.

Cette manifestation survient alors que le ministère des Finances prône des changements dans le calendrier annuel des vacances d’été, de manière à ce que ces dernières puissent se coordonner à la période des Grandes fêtes, à l’automne, où de nombreux parents se mettent en congé.

Le syndicat des enseignants a fait savoir, lundi, qu’il ne souhaitait pas s’engager dans des négociations sur ce changement de calendrier des vacances si des pourparlers n’avaient pas lieu au préalable sur la hausse du salaire des enseignants, a fait savoir la Treizième chaîne.

Dimanche, le ministre des Finances Avigdor Liberman a donné une conférence de presse au côté du président du Conseil national des parents et du président de l’Association israélienne des fabricants, pendant laquelle les trois hommes ont présenté leurs principes de rationalisation du système éducatif.

Ils ont souligné qu’il était déterminant de faire coïncider les jours de vacances des parents et ceux des élèves.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman, au centre, pendant une conférence de presse, aux côtés de Ron Tomer, président de l’Association des fabricants israéliens, à gauche, et de Merom Schiff, du Conseil national des Parents, au ministère des Finances de Jérusalem, le 29 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Nous voulons tous améliorer le système éducatif et le rendre plus efficace », a déclaré Liberman lors de cette conférence de presse. Il a affirmé que le manque de chevauchement entre les vacances d’été des jeunes et les congés de leurs parents était « impossible à ignorer ».

Une anomalie qui, a-t-il dit, « n’est pas raisonnable et il faut réajuster les choses ici ».

La ministre de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton, a répondu que « les politiques du ministère de l’Éducation ne sont définies que par le ou la ministre en charge de ce portefeuille ».

« Avant tout, le département du budget du Trésor devrait accepter de donner aux enseignants ce qu’ils méritent pour ce qu’ils font », a-t-elle ajouté.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 9 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

De son côté, le syndicat des enseignants a répondu à Liberman qu’il « est ridicule que les industriels et les parents soient chargés de déterminer les conditions de travail des professeurs ».

« Liberman semble avoir adopté le positionnement hors-sol des responsables de son bureau qui ferment les yeux face au départ en masse des personnels éducatifs, ce qui entraînera l’effondrement du système éducatif tout entier dès le début de la prochaine année scolaire », a déclaré le groupe.

Dans un courrier adressé aux professeurs et instituteurs, la semaine dernière, la secrétaire-générale du syndicat Yaffa Ben-David a averti que les salaires peu satisfaisants des enseignants plaçaient « le système de l’éducation tout entier au bord de l’effondrement ».

« De nombreux éducateurs ont d’ores et déjà quitté le système et de nombreux autres ont l’intention de le faire d’ici la fin de l’année », a écrit Ben-David. « Faisons tous entendre nos voix : Arrêtez de détruire le système de l’éducation ! Arrêtez de porter préjudice aux enseignants ! »

Selon une récente enquête réalisée par l’université Bar-Ilan, le salaire touché par les enseignants israéliens représente environ un tiers de celui qui est versé aux enseignants allemands, en moyenne.

L’étude a aussi affirmé que l’État juif était au bas de l’échelle en comparaison avec les autres pays de l’OCDE. Elle a établi que cet écart de salaire spectaculaire ne touchait pas seulement les enseignants en début de carrière, mais également les vétérans qui se trouvent dans le système éducatif depuis 15 ans et qui, malgré cela, gagnent bien moins que leurs collègues des autres pays développés.

Certains affirment toutefois que ces données sont trompeuses dans la mesure où elles ne prennent pas en considérations divers facteurs, notamment le fait que les enseignants israéliens travaillent moins d’heures en comparaison avec la moyenne horaire de l’OCDE.

D’autres études ont indiqué que si un écart existe, il pourrait ne pas être significatif. Une enquête publiée par le Centre de recherche et d’information de la Knesset au mois de décembre 2020 a montré, par exemple, que les enseignants vétérans gagnaient en moyenne 31% de moins que leurs homologues allemands.

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