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Trafic aérien : flambée des prix à l’approche des fêtes malgré le retour de certaines compagnies

Malgré le retour de Delta à Tel Aviv, les vols depuis et vers New York coûtent près de 3 000 dollars ; le trafic à Ben Gurion proche de son niveau d'avant-guerre

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Passagers à l'aéroport international Ben Gurion près de Tel Aviv, le 8 août 2025. (Crédit : Rachel Alroey/Flash90)
Passagers à l'aéroport international Ben Gurion près de Tel Aviv, le 8 août 2025. (Crédit : Rachel Alroey/Flash90)

Alors même que Delta et Air Baltic reprennent ce mois-ci leurs vols à destination et en provenance de Tel Aviv, les prix montent en flèche en raison de l’augmentation des réservations. De nombreux transporteurs étrangers continuent de plus de retarder leur retour en raison de la guerre en cours à Gaza.

Cette guerre qui pourrait bientôt entamer sa troisième année a considérablement ralenti le trafic aérien israélien. La majorité des compagnies aériennes étrangères ont en effet suspendu leurs services, et même les transporteurs nationaux restent souvent cloués au sol pour des raisons de sécurité.

Les agences de voyage font pourtant état d’une forte hausse des ventes de billets à l’approche des fêtes du Nouvel An juif, prévues à la fin du mois. Les voyageurs, avides de vacances, se précipitent pour réserver leurs billets malgré des tarifs élevés.

« La demande est très forte à l’approche des fêtes. Et plus nous nous en rapprochons, plus les prix continuent d’augmenter », a déclaré Shirley Cohen Orkaby, vice-présidente du groupe Eshet Tours, au Times of Israel. « Même si certaines compagnies étrangères ont repris leurs vols vers Israël, elles n’assurent pas tous les vols qu’elles proposaient avant le début de la guerre, le 7 octobre 2023. D’autres transporteurs n’ont pour leur part pas du tout repris leurs liaisons avec Tel-Aviv. C’est cette disponibilité limitée qui fait grimper les tarifs aériens. »

Au cours du mois dernier, pendant la haute saison d’été, le nombre de passagers transitant par l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv a progressivement retrouvé son niveau d’avant-guerre, malgré une hausse de 119 % des tarifs ces deux dernières années.

Cette reprise fait suite au retour à un fonctionnement normal de l’aéroport Ben Gurion à la fin du mois de juin, après qu’Israël a fermé son espace aérien pendant 12 jours durant la guerre contre l’Iran. À la suite des frappes israéliennes visant des sites nucléaires et militaires iraniens le 13 juin et des tirs incessants et aveugles de missiles balistiques par Téhéran, la majorité des grandes compagnies aériennes européennes et américaines ont suspendu leurs vols vers Israël ou prolongé la suspension de liaisons déjà gelées, certaines jusqu’en juillet ou août, d’autres jusqu’en septembre, en octobre, ou même en 2026.

Shirley Cohen Orkaby, vice-présidente du groupe Eshet Tours. (Crédit : Ezra Levy)

Cette vague d’annulations avait bloqué des milliers d’Israéliens à l’étranger ou d’étrangers en Israël, contraints de réserver de nouveaux vols à des tarifs exorbitants, de trouver d’autres solutions, ou encore d’annuler purement et simplement leurs projets de vacances.

Depuis l’invasion sanglante d’Israël par le Hamas, le 7 octobre 2023, tuant quelque 1 200 personnes et en enlevant 251 autres vers la bande de Gaza, les compagnies aériennes étrangères ont à plusieurs reprises suspendu et repris leurs vols vers Tel-Aviv, abandonnant très largement les liaisons aériennes d’Israël avec le reste du monde aux transporteurs locaux El Al, Israir et Arkia.

« Après avoir dû annuler leurs vacances à cause des multiples suspensions des liaisons avec Tel Aviv des compagnies étrangères en raison de la situation sécuritaire, de nombreux Israéliens préfèrent réserver auprès de transporteurs israéliens », a indiqué Cohen Orkaby. « Ils sont prêts à payer plus cher, parce qu’ils ne veulent pas risquer de se retrouver bloqués à l’étranger ou de voir leurs vacances encore une fois gâchées si la situation venait à se dégrader. »

Parmi les compagnies européennes ayant récemment repris une partie de leurs vols vers Tel Aviv figurent le groupe Lufthansa (Lufthansa, SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines et Eurowings), Air France, LOT Polish Airlines, Hainan Airlines, Etihad Airways, Azerbaijan Airlines, Ethiopian Airlines, Uzbekistan Airways, Georgian Airways, Bulgaria Air, flydubai, Cyprus Airways, Air Seychelles et la compagnie low-cost hongroise Wizz Air.

En fonction de l’évolution de la situation sécuritaire, l’italien ITA Airways et le néerlandais KLM devraient reprendre leurs vols à la fin du mois de septembre. D’autres transporteurs, parmi lesquels la compagnie low-cost irlandaise Ryanair, Air Canada, Air India et British Airways, ont suspendu leurs liaisons vers Tel Aviv jusqu’à la fin du mois d’octobre, et n’ont pas encore confirmé de dates de reprise. Le géant britannique du low-cost easyJet a annoncé qu’il ne reprendrait pas ses liaisons vers Israël avant le printemps 2026.

Un vol de rapatriement El Al atterrit à l’aéroport Ben Gurion près de Tel Aviv en pleine guerre avec l’Iran, le 18 juin 2025. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

« Les Israéliens sont très nombreux à vouloir voyager pendant les prochaines fêtes juives, après cette longue période pendant laquelle ils n’ont pas pu sortir du pays à cause de la situation sécuritaire, ou ont vu leurs déplacements annulés avec le retrait des compagnies étrangères », a expliqué Revital Ben Natan, PDG d’Ofakim Travel and Tours.

« Beaucoup ont peut-être renoncé à voyager récemment à cause des tarifs très élevés. Mais comme les prix ne devraient pas baisser, les voyageurs semblent prêts à faire des compromis, en choisissant des vols avec escale plutôt que des vols directs afin de rendre les tarifs plus abordables. »

« De plus, le calendrier des fêtes de cette année va permettre aux Israéliens de profiter de pauses relativement longues sans avoir à poser trop de jours de congé », a fait remarquer Ben Natan.

La plupart des fêtes – Rosh Hashanah et Yom Kippour à la fin du mois, puis immédiatement Sukkot et Shemini Atzeret/Simhat Torah – tombent en milieu de semaine, ce qui signifie, pour les Israéliens, plusieurs jours chômés et de longs congés.

« Nous sommes également témoins d’une demande notable concernant les réservations vers des destinations lointaines en Extrême-Orient, comme la Thaïlande et le Japon, ainsi que vers les États-Unis, notamment New York, qui reste très prisée », a ajouté Ben Natan.

Actuellement, quatre compagnies exploitent la liaison Tel Aviv-New York : El Al et Arkia, ainsi que les transporteurs américains United Airlines et Delta. Israir a annoncé son intention de desservir également cette liaison à compter d’avril 2026.

Revital Ben Natan, PDG de Ofakim Travel and Tours. (Crédit : Autorisation)

Malgré le retour des compagnies aériennes américaines, les tarifs des vols vers New York restent élevés. Les billets aller-retour pour la fin septembre et la mi-octobre sont vendus, selon les dates, entre 2 015 $ et 3 000 $ sur United et Delta. Sur cette même période, El Al a vendu presque tous ses sièges en classe économique sur la ligne Tel Aviv-New York.

Selon Cohen Orkaby et Ben Natan, les destinations proches, parmi lesquelles la Grèce et Chypre, particulièrement prisées au cours de l’année écoulée, continuent d’attirer de nombreux Israéliens. Des villes d’Europe de l’Est telles que Budapest, les pays des Balkans comme le Monténégro et des destinations plus à l’est, notamment l’Azerbaïdjan, font également partie des destinations de prédilection.

« Les tarifs des billets sont extrêmement fluctuants. Selon les dates, les tarifs aller-retour vers Athènes peuvent atteindre jusqu’à 700 dollars pendant les grandes fêtes. Les billets moins chers sont très rapidement épuisés », a souligné Cohen Orkaby.

Ben Natan et Cohen Orkaby s’accordent toutes deux à dire que les prix continueront d’augmenter jusqu’à la fin de la saison des fêtes, à la mi-octobre.

« Les tarifs devraient connaître une certaine stabilisation après les vacances, lorsque la demande diminuera », a déclaré Ben Natan. « Mais pour que les tarifs retrouvent leur niveau d’avant-guerre, il faudra davantage de concurrence, un retour complet des compagnies étrangères et une augmentation de la fréquence des vols. »

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