Flug : la Banque centrale d’Israël doit investir davantage dans l’infrastructure et l’éducation
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Flug : la Banque centrale d’Israël doit investir davantage dans l’infrastructure et l’éducation

La gouverneure a indiqué que l'investissement dans les infrastructures en Israël « est nettement inférieur à celui de la plupart des économies avancées »

Karnit Flug, gouverneure de la Banque d'Israël, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 31 mars 2015.  (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Karnit Flug, gouverneure de la Banque d'Israël, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 31 mars 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La gouverneure de la Banque central d’Israël Karnit Flug, a appelé le gouvernement israélien à profiter de la bonne position économique d’Israël pour investir dans l’infrastructure et dans les ressources humaines du pays afin de soutenir la croissance future de l’économie, plutôt que de réduire les impôts.

Le niveau d’investissement dans les infrastructures en Israël « est nettement inférieur à celui de la plupart des économies avancées », a déclaré Flug lors d’une conférence de presse à Jérusalem mercredi, alors que la banque centrale présentait son rapport annuel de 2016.

« Des investissements importants et efficaces » dans les ressources humaines et dans l’infrastructure sont nécessaires pour accroître la productivité de tous les citoyens israéliens et c’est crucial pour l’augmentation de la croissance potentielle de l’économie et le niveau de vie de ses citoyens.

La situation macro-économique robuste d’Israël « offre précisément la possibilité d’adopter une telle politique », a-t-elle ajouté.

L’économie israélienne a augmenté de 4 % en 2016, ce qui est supérieur à la plupart des autres économies avancées. La croissance vigoureuse, en plus de la récente acquisition de l’israélien Mobileye par Intel pour 15 milliards de dollars, a incité le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Moshe Kahlon à annoncer une possible réduction des impôts des contribuables israéliens.

En janvier, M. Kahlon a déclaré qu’il envisagerait des réductions d’impôt si les recettes fiscales continuaient de dépasser les attentes.

« Si nous parlons de recettes fiscales élevées en raison de phénomènes temporaires et ponctuels – comme dans le cas de Mobileye, ou d’une augmentation inhabituelle de l’importation de voitures – il est clair que nous ne voudrions pas réduire les impôts de manière définitive pour cette raison », a déclaré Flug.

Le mois dernier, Flug a déclaré qu’il serait plus judicieux que le gouvernement dépense l’excédent des recettes fiscales dans l’amélioration des services sociaux.

« Le principal défi auquel doivent faire face les décideurs au cours des prochaines années, c’est de faire en sorte que la croissance repose, dans une plus grande mesure, sur l’augmentation de la productivité du travail tout en réduisant les inégalités au sein de l’économie », a écrit Flug dans son rapport. Cela implique de dépenser davantage pour l’éducation – y compris l’éducation technologique – et la formation professionnelle, ainsi que d’investir davantage dans les infrastructures publiques. Ces deux domaines « sont à la traîne, au regard des besoins », a ajouté Flug.

Flug a également déclaré que l’instabilité politique et les gouvernements à court terme en Israël nuisent à l’économie, en raison de la perspective à court terme des décideurs.

Netanyahu et Kahlon se sont réunis mercredi pour tenter à nouveau de trouver une solution à la crise autour de la nouvelle autorité de radiodiffusion, qui menace de briser la coalition et de mener à des élections anticipées.

Les investissements du gouvernement dans les infrastructures – les transports terrestres, les ports maritimes et aériens, les communications, l’électricité l’énergie et l’eau – ont augmenté en 2007, mais ont fortement diminué après une augmentation du déficit en 2012, ce qui a contraint le gouvernement à réduire les dépenses.

« Les dépenses par étudiant dans le système éducatif ne sont pas suffisantes et peuvent être considérées comme étant relativement faibles par rapport aux autres économies avancées, tant en termes de réussite scolaire qu’en termes d’inégalité. Cette inégalité indique que le système ne corrige pas suffisamment les lacunes découlant des disparités dans les antécédents socioéconomiques des étudiants », a poursuivi Flug.

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