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Gantz aux Américains : j’ai ordonné à Tsahal de se préparer pour attaquer l’Iran

Gantz : les États-Unis sont toujours alignés sur Israël, mais ont d'autres priorités ; Eyal Zamir : il sera difficile d'attaquer l'Iran sans coordination avec Washington

Le ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) et le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin se rencontrent au Pentagone le 9 décembre 2021. (Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) et le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin se rencontrent au Pentagone le 9 décembre 2021. (Ministère de la Défense)

HOLLYWOOD BEACH, Floride – Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a déclaré vendredi qu’il avait informé les responsables américains, lors de réunions la semaine dernière à Washington, qu’il avait donné l’ordre à l’armée israélienne de se préparer à une frappe contre l’Iran.

Lors d’un briefing avec les journalistes en marge du sommet national du Israeli American Council (ICA) en Floride, Gantz a déclaré que l’ordre qu’il avait donné était de « se préparer au défi iranien au niveau opérationnel ».

Un haut responsable de la défense, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que Gantz avait présenté un calendrier pour le moment où une telle attaque pourrait avoir lieu lors de ses réunions avec le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin et le secrétaire d’État Antony Blinken, mais la source n’a pas fourni plus de précisions.

M. Gantz a déclaré aux journalistes vendredi que les États-Unis et les pays européens « perdent patience » et se rendent compte que l’Iran tente de faire traîner les négociations, bien qu’il « joue une mauvaise carte ».

Il a déclaré qu’aucun progrès n’avait été réalisé lors du récent cycle de négociations à Vienne visant à relancer l’accord nucléaire connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA).

M. Gantz a déclaré qu’il avait exhorté les États-Unis à intensifier la pression contre l’Iran.

« Il y a de la place pour une pression internationale – politique, économique et aussi militaire – afin de convaincre l’Iran de mettre fin à ses fantasmes concernant un programme nucléaire », a-t-il déclaré.

Gantz a déclaré que les responsables de l’administration qu’il a rencontrés étaient attentifs aux préoccupations d’Israël, et qu’il a souligné que l’Iran est avant tout un problème mondial, avant d’être un problème israélien.

Il a déclaré avoir convenu, lors de ses rencontres avec Austin et Blinken, que les États-Unis et Israël développeraient davantage leur coopération contre Téhéran.

Le négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Bagheri Kani, quitte le Palais Coburg, lieu de la réunion du Plan d’action global conjoint (JCPOA) visant à relancer l’accord sur le nucléaire iranien, à Vienne, le 3 décembre 2021. (Crédit : Joe Klamar/AFP)

Les parties ont également discuté du maintien de l’avantage militaire qualitatif (QMA) d’Israël sur les autres pays de la région, selon M. Gantz. « Nous avons discuté de nombreuses mesures qui affecteront la capacité d’Israël à être l’État le plus fort de la région pour de nombreuses années à venir. »

M. Gantz a reconnu que l’administration Biden n’avait pas fixé de date limite pour le retrait des pourparlers de Vienne en l’absence de progrès, mais il s’est dit convaincu que les États-Unis commenceraient à envisager plus sérieusement une option militaire en l’absence de développements positifs.

Le haut responsable de la Défense a déclaré que l’Iran était sur le point d’enrichir la quantité d’uranium nécessaire à la fabrication d’une bombe nucléaire et qu’il serait plus facile d’agir contre Téhéran avant qu’il ne franchisse ce seuil.

Le responsable a reconnu que l’opinion publique américaine n’est pas favorable à une nouvelle intervention militaire au Moyen-Orient, mais il a ajouté qu’à mesure que l’Iran se rapproche de l’arme nucléaire, les Américains se raviseront.

« Les Américains sont toujours avec nous, mais en même temps, nous, Israéliens, devons comprendre que les États-Unis ont des priorités plus larges », a déclaré Gantz séparément.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken (à gauche) rencontre le ministre de la Défense Benny Gantz (à droite) à Washington, DC, le 9 décembre 2021. (Shmulik Almany/GPO)

« L’Amérique est le pays le plus fort du monde, et c’est précisément pour cette raison qu’elle ne se précipite pas pour utiliser la force. Elle le fait généralement à un stade ultérieur de l’affaire », a-t-il déclaré.

M. Gantz a également justifié la nécessité pour trois responsables israéliens distincts – M. Bennett, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et lui-même – de s’entretenir avec M. Blinken, même s’ils ont tous abordé la même question de l’Iran. M. Gantz a déclaré que chacun d’entre eux avait mis l’accent sur des questions différentes dans leurs discussions, mais qu’ils se sont coordonnés les uns avec les autres.

Quelques heures plus tard, un haut responsable militaire et candidat présumé au poste de chef d’état-major de Tsahal a déclaré samedi que bien qu’Israël soit déterminé à agir de manière indépendante contre l’Iran si nécessaire, une frappe contre les installations nucléaires de la République islamique serait difficile sans coordination avec les États-Unis.

« Le désir reste toujours de coordonner avec [les États-Unis] ce que nous faisons, mais en fin de compte, Israël est responsable de son propre destin et protégera la sécurité de ses citoyens, a déclaré le général de division Eyal Zamir lors d’une interview en direct samedi à la conférence de l’Israeli American Council.

Le général Zamir est un ancien chef d’état-major adjoint de Tsahal, actuellement chargé de recherche dans un groupe de réflexion à Washington. Il fait partie des candidats potentiels à la tête de Tsahal, bien que l’actuel chef d’état-major adjoint Herzi Halevi soit le favori présumé.

Interrogé à ce sujet, M. Zamir a reconnu, que « ce serait un défi de lancer une telle opération sans coordination avec les Américains ».

Il a déclaré que si Israël espère que les États-Unis dissuaderont l’Iran, Israël agira si Washington ne le fait pas.

Il a précisé que l’action militaire serait un dernier résultat et ne serait menée que s’il n’y a pas de solution diplomatique au problème iranien. Il a noté que les discussions à Vienne sont très « inquiétantes » et que toutes les options semblent très mauvaises en ce qui concerne Israël.

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