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Gantz : « ce n’est pas le moment de faire des concessions à l’Iran »

Dans un dîner d’adieu à Washington, le chef d’état-major de Tsahal a évoqué ses positions sur la sécurité d’Israël

L'ancien secrétaire d'Etat américain Colin Powell et l'ancien chef d'Etat-major Benny Gantz à l'ambassade d'Israël à Washington, le 7 janvier 2015. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)
L'ancien secrétaire d'Etat américain Colin Powell et l'ancien chef d'Etat-major Benny Gantz à l'ambassade d'Israël à Washington, le 7 janvier 2015. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

WASHINGTON – Le plus haut gradé de l’armée israélienne a affirmé aux membres du Congrès des Etats-Unis et des stratèges de la défense que le moment n’était pas venu, selon lui, de faire des concessions à l’Iran en échange d’un accord sur le nucléaire.

La rencontre a eu lieu lors d’une soirée, organisée à l’ambassade d’Israël mercredi. Benny Gantz, chef d’Etat-major de Tsahal, est venu à Washington pour une visite d’adieu [il va quitter son poste dans quelques semaines] visant aussi à donner un large aperçu de ses opinions sur la sécurité actuelle d’Israël.

« L’Iran est actuellement sous pression majeure, » a déclaré Gantz, avertissant que ce n’est pas le moment de leur faire des concessions. » Le chef d’état-major a déclaré qu’il espérait qu’un accord serait atteint sans l’usage de la force, mais « les résultats espérés devraient être les bons. »

Lors d’une soirée dédiée à la réaffirmation mutuelle de la proximité des relations israélo-américaines, les commentaires de Gantz ont fait allusion à des différences empreintes de tension entre Jérusalem et Washington dans l’évaluation des termes de tout accord final avec Téhéran.

Dans les négociations en cours, les États-Unis ont maintenu que l’Iran pourrait continuer à enrichir de l’uranium à faible teneur, et pourrait cesser la production de plutonium sans forcément démonter entièrement son usine d’eau lourde à Arak. Israël maintient que l’Iran doit être totalement dépouillé de sa capacité à enrichir de l’uranium.

Lors des tentatives pour conclure un accord de paix entre Israël et les Palestiniens, Gantz a déclaré qu’il « pense et estime qu’Israël essaiera, essaiera et essaiera encore. Je pense que nous devrions essayer autant que possible dans l’intérêt de la région et dans l’intérêt des deux nations. »

« Si nous ne réussissons pas, nous serons au moins en mesure de dire que nous aurons essayé autant que possible, » a-t-il ajouté. Israël ne peut pas « compromettre ses considérations en matière de sécurité », en particulier, a-t-il soutenu, étant donné l’instabilité de la situation régionale.

Gantz a parlé d’un certain nombre de ces problèmes, en particulier de l’impact de la guerre civile syrienne, qui, a-t-il confié, peut se retourner vers la frontière la plus stable d’Israël et devenir un défi sécuritaire.

De nombreux responsables politiques ont assisté aux adieux de Gantz, et ce malgré une température bien en dessous de zéro dans la capitale américaine.

Michele Flournoy, ancienne sous-secrétaire à la défense – le troisième rang officiel au sein du département de la Défense – et candidate susceptible de diriger le Pentagone si la prochaine administration reste aux mains des Démocrates – a fait les louanges de Gantz tout en réaffirmant le soutien militaire américain à Israël.

«Au cœur de cette relation très spéciale, il y a l’engagement inébranlable des États-Unis pour la sécurité de l’Etat d’Israël », a-t-elle poursuivi. « Je suis très fière que nous ayons pu nous accorder sur les problèmes difficiles auxquels nous sommes confrontés », a-t-elle ajouté, évoquant le programme nucléaire iranien et la guerre civile syrienne.

Avec un certain nombre de sénateurs et de représentants, l’ancien secrétaire d’État et chef d’état-major Colin Powell a assisté au dîner, assis à la table de Gantz et bavardant avec lui – selon Gantz – à propos des intentions du général israélien de passer un peu de son temps libre au guidon de sa moto.

Gantz quittera son poste le 15 février, remettant les rênes de Tsahal au général Gadi Eisenkot, dont on dit qu’il s’opposerait fermement – en théorie – à l’intervention de l’armée israélienne pour contrecarrer le programme nucléaire de l’Iran dans le cas où la République islamique ne poserait pas une menace existentielle immédiate à Israël. Il aurait émis l’idée qu’Israël ne devrait pas frapper l’Iran « à moins que nous ayons l’épée sous la gorge », avait rapporté la Dixième chaîne en novembre.

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