Gantz : les technologies militaires ont limité les morts civiles à Gaza
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Gantz : les technologies militaires ont limité les morts civiles à Gaza

Le ministre de la Défense s'est exprimé lors de la remise du prix de la Sécurité à quatre projets classifiés dans les secteurs de la Défense, en présence du président Rivlin

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz remet le prix de la sécurité Golomb à une responsable non-identifiée des services de renseignement militaire israéliens aux côtés du président   Reuven Rivlin, à droite, et du directeur-général du ministère de la Défense,   Amir Eshel, à la résidence du président de Jérusalem, le 5 juillet 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Benny Gantz remet le prix de la sécurité Golomb à une responsable non-identifiée des services de renseignement militaire israéliens aux côtés du président Reuven Rivlin, à droite, et du directeur-général du ministère de la Défense, Amir Eshel, à la résidence du président de Jérusalem, le 5 juillet 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le président Reuven Rivlin et le ministre de la Défense Benny Gantz ont remis d’éminents prix relatifs à la Défense israélienne à quatre projets classifiés dans la journée de lundi – c’est un prix de plus que les autres années.

Ces projets qui ont été distingués sont considérés comme ayant substantiellement contribué à la sécurité du pays.

Dans son discours, Gantz a noté que ces quatre programmes avaient donné à l’État juif des capacités militaires qui avaient permis des opérations plus précises pendant le conflit d’onze jours qui a opposé Israël aux groupes terroristes de Gaza, une opération qui a été appelée « l’opération Gardien des murs ».

« Nous avons constaté ces avantages pendant l’opération Gardien des murs – avec des frappes plus précises, un travail de renseignement sans précédent, une campagne qui a entraîné un préjudice minimal pour les civils en comparaison avec l’ampleur des raids aériens et une exactitude dans les frappes contre les terroristes qui se sont ainsi révélées être efficaces et puissantes », a commenté le ministre de la Défense.

Les chiffres précis portant sur le nombre de combattants tués par rapport au nombre de civils morts pendant ce conflit n’ont pas encore été rendus publics, que ce soit par Israël ou par les autorités palestiniennes dans la bande de Gaza.

Selon les Nations unies, 256 Palestiniens au total ont été tués pendant les affrontements du mois de mai, même si l’ONU n’a pas su dire avec exactitude combien, parmi eux, étaient des civils, ni préciser comment ils étaient morts. Une petite partie au moins des victimes a été tuée par des roquettes lancées par les groupes terroristes, des missiles qui n’étaient pas parvenues à franchir la frontière.

Un think-tank israélien, étroitement lié aux renseignements militaires, a estimé qu’au moins la moitié des personnes tuées appartenaient à des groupes terroristes et l’armée israélienne a indiqué que le nombre réel de victimes était sans doute supérieur à celui avancé par les Nations unies, répétant qu’elle a tué plus de 200 terroristes au cours des combats.

Gantz a averti que le Moyen-Orient était prêt à entrer dans une course aux armements déclenchée par les avancées du programme nucléaire iranien – des progrès qui inquiètent non seulement Israël mais aussi les autres opposants à la république islamique de la région, notamment l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe persique.

« Le Moyen-Orient tout entier est sur le point de connaître une course aux armements – elle sera lancée si l’Iran continue à avancer vers son objectif nucléaire. Nous regardons bien en face toutes ces menaces : Nos systèmes de défense, dont la plus grande partie a été développée en Israël, sont déployés et les renseignements travaillent d’arrache-pied pour localiser des cibles et pour identifier les intentions », a-t-il continué.

Des Palestiniens inspectent les dégâts suite à une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 mai 2021. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Le ministre de la Défense a noté les violences en cours de long de la frontière avec Gaza, malgré le conflit du mois de mai, et il a paru faire référence à une attaque récente qui a visé un cargo qui avait appartenu à un homme d’affaires israélien – une attaque qui a été attribuée à Téhéran et qui, selon Israël, serait venue répondre à une frappe au drone ayant pris pour cible une usine nucléaire iranienne, le mois dernier.

« Nous sommes conscients des événements qui se déroulent dans notre région est notre politique est absolument sans ambiguïté : Nous n’accepterons pas les violations de la souveraineté israélienne, qu’elles se fassent par le biais des ballons incendiaires, des roquettes émanant de Gaza ou de quoi que ce soit de la part de l’Iran et de ses groupes mandataires. Nous répondrons en utilisant la force, sur la base de nos besoins et au moment qui sera le bon pour nous », a-t-il indiqué.

La nature spécifique des quatre projets qui ont reçu le prix israélien de la sécurité est secrète, même si les organisations impliquées ont été rendues publiques par le ministère de la Défense.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’exprime lors d’une cérémonie organisée à la résidence du président de Jérusalem, le 5 juillet 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Un projet est ainsi dirigé par l’Unité 800 des services de renseignement militaire – c’est l’équivalent de l’Agence de sécurité nationale américaine – qui, selon le ministère, a développé une nouvelle technologie « innovante » qui a donné à l’armée « des capacités supplémentaires significatives ».

Un deuxième a été mis en place par l’armée israélienne, la division de recherche et de développement du ministère de la Défense et deux entreprises du secteur — Rafael et l’IAI (Israel Aerospace Industries) — qui travaillent dessus depuis plus d’une décennie.

Un troisième prix a été décerné à une grande variété d’unités spécialisées dans l’informatique, notamment la division de cyberdéfense de l’administration de télétraitement de l’armée israélienne, les services de sécurité du Shin Bet, l’administration de la sécurité au sein du ministère de la Défense, l’administration nationale de cyberdéfense, l’agence d’espionnage du Mossad et l’administration des renseignements militaires de Tsahal.

Selon le ministère de la Défense, cette équipe a développé une capacité de défense contre « la menace des cyberattaques qui est devenue une menace quotidienne significative au cours de ces dernières années ».

Le quatrième prix a été remis à une autre équipe constituée de représentants issus de diverses organisations de sécurité nationale. Parmi elles, l’Unité 81 de l’armée israélienne qui développe de nouvelles technologies pour Tsahal, le Mossad, l’armée de l’air Rafael et Israel Aerospace Industries.

« Ce projet a permis de mettre en place des capacités professionnelles, spécialisées et significatives pour l’armée israélienne », a noté le ministère de la Défense.

Le président Reuven Rivlin prend la parole lors d’une cérémonie organisée à la résidence du président de Jérusalem, le 5 juillet 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Rivlin, qui va terminer son mandat de président cette semaine, a salué les quatre lauréats, soulignant que les membres des équipes à l’origine des différents projets étaient finalement le plus important.

« Ce sont ceux qui sont en coulisse qui sont la fondation de tous ces projets et qui sont le plus important dans tout cela – sans tous ces gens, jamais ces projets hi-tech n’auraient pu voir le jour et ils ne pourraient pas nous défendre aujourd’hui. Ce sont ces individus derrière les machines et leur esprit – leur esprit de dévouement et de foi dans le chemin qu’ils choisissent d’emprunter – qui font la différence. Et c’est tout cela qui fait de vous – de vous, que j’estime très profondément – les meilleurs d’entre nous », a dit Rivlin aux lauréats.

En plus de Gantz et Rivlin, le chef d’État-major de l’armée israélienne et le directeur-général du ministère de la Défense, Amir Eshel, ont pris part à la cérémonie.

Le prix de la Sécurité est remis chaque année par le président depuis 1958. S’il récompense parfois le travail de toute une vie, les lauréats sont généralement les créateurs d’une technologie innovante ou ils sont distingués pour une opération spécifique.

A l’ordinaire, ce sont trois lauréats qui sont sélectionnés pour recevoir le prix Eliyahu Golomb, une personnalité qui avait été déterminante dans le développement de la milice Haganah qui avait précédé l’armée israélienne.

Au fil des années, le prix a été remis à des individus – comme Uzi Gal qui avait reçu le premier prix de la Défense israélienne en 1958 pour avoir créé la mitraillette Uzi – ou à des équipes toutes entières, comme cela avait été le cas du groupe responsable du développement du système antimissile TROPHY qui protège les tanks et les véhicules blindés chargés du transport de troupes, qui avait été distingué en 2014.

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