Gantz exclut les députés Asaf Zamir et Miki Haimovich de Kakhol lavan
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Gantz exclut les députés Asaf Zamir et Miki Haimovich de Kakhol lavan

Les députés qui ont voté en faveur de la dissolution du gouvernement la semaine dernière ont convenu de ne pas se présenter sur la liste du parti centriste pour le prochain vote

Les députés à la Knesset Asaf Zamir et Micky Haimovich lors de la cérémonie marquant la journée de commémoration des soldats israéliens tombés au combat et des victimes du terrorisme organisée place Rabin  à Tel Aviv, le 7 mai 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Les députés à la Knesset Asaf Zamir et Micky Haimovich lors de la cérémonie marquant la journée de commémoration des soldats israéliens tombés au combat et des victimes du terrorisme organisée place Rabin à Tel Aviv, le 7 mai 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, a informé les députés Asaf Zamir et Miki Haimovich qu’ils ne figureraient pas sur la liste électorale du parti pour le scrutin du mois de mars 2021 en raison de leur décision de voter contre la prolongation du délai accordé pour l’adoption d’un budget, la semaine dernière, ce qui a contribué à provoquer la chute du gouvernement.

Zamir et Haimovich ont fait partie des trois députés issus de Kakhol lavan à voter contre la prolongation de l’échéance budgétaire (le troisième était Ram Shefa.) Leurs voix ont aidé à dissoudre la Knesset vingt-quatre heures plus tard, précipitant le retour aux urnes des Israéliens – pour le quatrième scrutin national en l’espace de deux ans – des élections qui ont été fixées au 23 mars.

« Je ne regrette pas la façon dont j’ai voté », a écrit Zamir sur Facebook, dimanche.

Evoquant Gantz, il a déclaré que « je l’ai remercié pour la confiance qu’il m’a accordée jusqu’à présent et je l’ai prié de faire tout le nécessaire pour que le centre-gauche arrive uni aux élections dans une structure qui lui permettra de se présenter au pouvoir », a-t-il ajouté dans sa publication.

Le député Asaf Zamir à la Knesset, à Jérusalem, le 21 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le bureau de Gantz a indiqué que la décision était « mutuelle » et que le ministre de la Défense lui a « souhaité bonne chance pour l’avenir ».

Haimovich a ultérieurement confirmé qu’elle avait, elle aussi, rencontré Gantz et que tous deux avaient décidé que leurs chemins devaient se séparer.

« J’ai rencontré Benny Gantz aujourd’hui et nous avons convenu de mettre un terme à notre partenariat politique et que je ne me présenterai pas sur la liste Kakhol lavan lors des élections pour la prochaine Knesset », a-t-elle dit. « Je suis tout à fait à l’aise avec cette décision. »

« J’ai la conscience tranquille, » a ajouté Haimovich, qui a affirmé être « fière » d’avoir voté contre la coalition.

Miki Haimovich, à gauche, avec le leader de Kakhol lavan Benny Gantz à la Knesset de Jérusalem, le 3 juin 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Démissionnant du cabinet au mois d’octobre, Zamir avait cité l’adoption d’une législation controversée qui restreignait les mouvements de protestation pendant le confinement dû à la crise du coronavirus et déclaré que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’inquiétait davantage de ses déboires judiciaires que de la lutte contre la COVID-19.

« Je ne peux plus rester au sein d’un gouvernement alors que je n’ai pas un iota de confiance dans celui qui le dirige », a écrit Zamir dans un long post publié sur Facebook à ce moment-là, évoquant Netanyahu.

Le départ de Zamir et de Haimovich survient alors que Gantz réfléchit actuellement à son avenir politique, ignorant s’il va continuer à diriger le parti, s’il fusionnera sa liste avec d’autres ou s’il quittera la politique. Les responsables de Kakhol lavan lui auraient accordé quelques jours encore pour prendre une décision finale.

Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères et numéro deux de la formation Kakhol lavan, Gabi Ashkenazi, aurait refusé de promettre qu’il resterait dans la faction centriste lors du prochain scrutin si la liste devait être encore dirigée par Gantz.

Selon la Douzième chaîne, les deux hommes se sont rencontrés, dimanche après-midi. Des informations ont laissé entendre qu’Ashkenazi souhaiterait prendre la tête du parti.

Des Israéliens portant les masques du Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à gauche), et du ministre de la Défense Benny Gantz lors d’une manifestation à Tel Aviv, le 2 décembre 2020. (Jack Guez/AFP)

Gantz, qui est ministre de la Défense et « Premier ministre d’alternance » au sein du gouvernement sortant, avait organisé une conférence de presse, samedi soir, qui a été finalement annulée, selon la chaîne Kan. De hauts-responsables de la formation ont confié à la chaîne attendre patiemment de savoir quelles seraient les prochaines initiatives prises par Gantz, tout en avertissant que « si Gantz ne change pas de manière significative, le parti n’y survivra pas ».

Un reportage accablant diffusé par l’émission « Uvda », jeudi soir, a encore davantage écorné les soutiens apportés à Gantz, d’ores et déjà déclinants, en suggérant que, pendant des mois, le leader de Kakhol lavan n’avait pas averti que son téléphone avait été piraté par l’Iran lors des élections de 2019 – son téléphone comportait des informations hautement sensibles – mais qu’il en avait parlé ouvertement à d’autres proches. L’information était finalement arrivée aux oreilles de l’équipe de campagne de Netanyahu et aux médias.

Le reportage a ajouté que Kakhol lavan avait dépensé 500 000 shekels de fonds publics auprès de la firme de renseignement CGI de manière à ce qu’elle se taise sur les relations extraconjugales présumées de l’ex-chef d’Etat-major. La compagnie avait laissé planer de fortes présomptions de relations sexuelles entre Gantz et deux femmes – dont une membre du parti, Omer Yankelevitch – sans toutefois aller jusqu’à les confirmer ouvertement.

Des reportages télévisés ont fait savoir, vendredi, que Gantz restait déterminé à conserver la direction de sa formation en déroute, même s’il pourrait ne pas y avoir de nombreuses personnalités pour l’accompagner, de multiples membres de l’alliance centriste s’apprêtant à quitter le navire ou à abandonner la politique alors que Kakhol lavan ne cesse de plonger dans les sondages.

Le ministre de la Défense Benny Gantz arrive à la Knesset de Jérusalem, le 2 décembre 2020. (Crédit : Alex Kolomiensky/Pool/AFP)

De hauts-responsables du parti – parmi lesquels Ashkenazi, le ministre de la Justice Avi Nissenkorn et le ministre des Sciences et des technologies Izhar Shay – ont décidé de ne pas rester dans une formation dont Gantz serait à la tête, a fait savoir la Douzième chaîne. Kakhol lavan avait remporté 33 sièges lors du scrutin du mois de mars mais il pourrait aujourd’hui ne gagner que 5 à 6 sièges, et de nombreux analystes envisagent même qu’il puisse échouer à intégrer le parlement lors du vote du 23 mars 2021.

Un grand nombre de députés, au sein du parti, regardent aussi ailleurs, ont annoncé les chaînes de télévision, se penchant sur la possibilité de rejoindre des factions de tout le spectre politique – de Yesh Atid, dirigé par Yair Lapid, à gauche, à Yamina, placé sous l’autorité de Naftali Bennett, à droite, en passant par Tikva Hadasha, la nouvelle formation de Gideon Saar – même s’il est difficile de dire pour le moment si ces partis seraient intéressés à l’idée de les intégrer dans leurs rangs.

Gantz était entré en politique il y a deux ans, jurant de remplacer Netanyahu. Il avait fusionné sa formation naissante, Hossen LeYisrael, avec Yesh Atid, formant l’alliance Kakhol lavan et échouant de justesse, au cours de trois scrutins consécutifs, à former un gouvernement sans y intégrer le Likud de Netanyahu. Alors que Gantz avait fait campagne sur la promesse de ne jamais servir dans un gouvernement placé sous l’autorité de Netanyahu tant que le Premier ministre serait accusé de corruption, il avait accepté d’entrer dans une coalition avec le leader du Likud à la fin du mois de mars et formé, au mois de mai, un gouvernement d’unité avec Netanyahu. Furieux, Yesh Atid et une autre faction mineure avaient fait scission, quittant Kakhol lavan et rejoignant l’opposition.

Netanyahu et Gantz avaient conclu un accord qui prévoyait que l’ex-chef d’Etat-major remplacerait le Premier ministre à son poste au mois de novembre 2021, mais une faille figurant dans l’accord a finalement entraîné l’effondrement de la coalition en raison du refus de Netanyahu à faire approuver un budget.

Les Israéliens se préparent donc à retourner aux urnes une quatrième fois après la dissolution de la Knesset survenue la semaine dernière. Mais les enquêtes d’opinion ont clairement établi que Gantz a aujourd’hui perdu le soutien de presque tous les électeurs qui s’étaient rassemblés sous sa bannière lors des trois derniers scrutins – et les députés de sa faction semblent en tirer les conséquences en cherchant dorénavant des alternatives.

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