Gaza : un hôpital paralysé à cause d’une pénurie de carburant
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Gaza : un hôpital paralysé à cause d’une pénurie de carburant

L'hôpital de Beit Hanoun a indiqué que les vies des patients étaient menacées parce qu'il ne peut pas faire fonctionner ses générateurs pendant les heures sans électricité

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Illustration : un Palestinien blessé dans un hôpital de Beit Lahia, après une frappe israélienne au nord de la bande de Gaza, le 8 décembre 2017. (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMMED ABED
Illustration : un Palestinien blessé dans un hôpital de Beit Lahia, après une frappe israélienne au nord de la bande de Gaza, le 8 décembre 2017. (Crédit : AFP PHOTO / MOHAMMED ABED

L’hôpital palestinien de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, a cessé de fonctionner faute de fuel et doit transférer ses patients vers d’autres établissements, ont indiqué lundi les autorités sanitaires locales.

Il s’agit de la dernière illustration en date de la grave pénurie d’électricité dont souffre depuis des années l’enclave palestinienne.

L’hôpital de Beit Hanoun dessert environ 60 000 personnes alentour et traite des dizaines de patients souffrant de pathologies graves, a précisé le porte-parole du ministère de la Santé gazaoui, Ashraf al-Qudra.

D’autres hôpitaux gazaouis continuent en revanche à fonctionner.

Les deux millions d’habitants de la bande de Gaza ne reçoivent du réseau public que quelques heures d’électricité par jour. De nombreux foyers et services s’en remettent à des générateurs, comme l’hôpital de Beit Hanoun qui a besoin, selon M. al-Qudra, de 500 litres de fuel quotidiens pour fonctionner.

L’hôpital a indiqué sur sa page Facebook officielle que « tous les services de l’hôpital de Beit Hanoun ont été suspendus en raison des coupures de courants et du manque de fuel pour les générateurs de l’hôpital ».

Le mauvais temps des dernières semaines a provoqué une hausse de la consommation d’électricité et de carburant.

L’Autorité palestinienne a récemment accepté de mettre fin aux coupures de courants en réglant la facture d’électricité de Gaza, leur octroyant ainsi 6 heures consécutives de courant, suivies de 12 heures sans électricité.

Une Palestinienne aide son fils à faire ses devoirs à la lumière des bougies, alors qu’une crise électrique touche la bande de Gaza, dans le camp de réfugiés de Khan Yunis, le 19 avril 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Depuis des mois, le ministère de la Santé à Gaza a prévenu qu’il serait contraint de restreindre les services de santé et de prendre des mesures d’austérité, parce qu’il manque de fuel pour faire fonctionner les générateurs.

La semaine dernière, l’AP aurait annoncé l’octroi d’une bourse d’un million de shekels destiné à l’achat de fuel pour les infrastructures sanitaires de Gaza.

L’approvisionnement d’urgence en fuel était supposé duré 10 jours, le temps pour les autorités de trouver une solution. Aucune solution n’a été annoncée.

L’hôpital de Beit Hanoun a publié des photos de lits vides, de couloirs, de départements pédiatriques et de salles d’opération, indiquant que la crise d’électricité « menace la vie des patients ».

مستشفى بيت حانون تستغيث..بعد انقطاع للتيار الكهربائى و عدم توفر الوقود اللازم لعمل المولدات فقد توقفت الخدمات الصحية بش…

Posted by ‎مستشفى بيت حانون‎ on Monday, 29 January 2018

L’hôpital de Beit Hanoun est le seul établissement dans le nord de l’enclave à proposer un département de pédiatrie et d’otorhinolaryngologie, a écrit Qudra.

Au début du mois, les Gazaouis sont descendus dans la rue pour protester contre les conditions de vie déplorables dans la bande de Gaza. De nombreux rapports ont prévenu que l’enclave est sur le point de s’effondrer, et que ses 1,8 million d’habitants sont touchés par des pannes de courant, n’ont pas accès à l’eau potable, ni a un réseau internet décent.

Cela fait une décennie que la bande de Gaza est soumise à un blocus de la part d’Israël et de l’Egypte, depuis que le groupe terroriste du Hamas a pris le contrôle de l’enclave côtière en 2007. Depuis, il a mené trois guerres avec Israël. Israël indique que ce blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas d’importer des armes vers Gaza ou le matériel nécessaire à leur fabrication ou la fabrication de tunnels d’attaque. D’autres denrées, comme le fuel, peuvent entrer à Gaza via un seul point de passage. L’Egypte autorise également l’importation de fuel.

Des Palestiniens manifestent aux abords d’un centre de distribution de l’ONU à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 21 janvier 2018 (Crédit : AFP/SAID KHATIB)

Le paiement de la facture d’électricité est l’un des points centraux des efforts de réconciliation entre le Hamas et le Fatah, parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en Cisjordanie.

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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