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GB: une délégation israélienne accueillie par le Labour en signe de rapprochement

Michael Rubin, a décrit la visite comme "une étape importante dans la reconstruction de la relation profonde et historique avec [le] parti frère britannique"

Le leader du parti travailliste britannique Keir Starmer arrive pour assister au dernier hommage du Prince Philip, Duc d'Edimbourg, à l'Abbaye de Westminster à Londres, le 29 mars 2022. (Crédit: AP Photo/Matt Dunham)
Le leader du parti travailliste britannique Keir Starmer arrive pour assister au dernier hommage du Prince Philip, Duc d'Edimbourg, à l'Abbaye de Westminster à Londres, le 29 mars 2022. (Crédit: AP Photo/Matt Dunham)

Le leader du parti travailliste britannique Keir Starmer et de hauts membres de son parti ont récemment accueilli des membres du parti travailliste israélien, les emmenant faire du porte-à-porte pour rencontrer les résidents dans le cadre de la campagne pour les élections locales dans le nord de Londres.

Selon un article publié jeudi dans The Guardian, Starmer a accueilli neuf représentants israéliens, dont le maire adjoint de Tel Aviv, Chen Arieli, le chef de l’exécutif du parti travailliste, Nir Rosen, et des cadres du bureau du chef du parti, Merav Michaeli.

Selon l’article, la délégation israélienne a rencontré les membres du parti travailliste David Lammy, David Evans et Morgan McSweeney, discutant avec eux de tactiques de campagne. Wesley Streeting, membre du parti, a également invité la délégation à dîner.

Cette démarche, décrite par The Guardian comme une « offensive de charme », visait à souligner le contraste frappant avec la direction du parti par Jeremy Corbyn, connu pour avoir été le fer de lance de ce que certains ont considéré comme une position anti-israélienne lorsqu’il dirigeait le parti.

En 2018, Avi Gabbay – politicien et homme d’affaires israélien – à la tête du  Parti travailliste israélien a suspendu ses relations avec le chef de file du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn. La suspension des relations ne s’appliquait toutefois qu’au bureau de Corbyn, et non au parti dans son ensemble.

Gabbay a accusé Corbyn de faire preuve d’hostilité envers la communauté juive du Royaume-Uni et d’autoriser des déclarations et des actions antisémites de la part des responsables de son parti.

Le conseiller international de Michaeli, Jonathan Cummings, a été cité par The Guardian comme exprimant un « grand soulagement » d’être en contact avec le parti britannique.

Il a également déclaré que la délégation israélienne ne s’attendait pas à recevoir autant de temps et d’attention de la part des membres dirigeants du parti.

« Notre principale préoccupation a toujours été l’antisémitisme et la communauté juive – l’anti-israélisme, l’antisionisme, étaient presque des questions secondaires. Nous voulions être du bon côté, soutenir la communauté », a-t-il déclaré.

Michael Rubin, directeur du groupe Labour Friends of Israel, a décrit la visite comme « une étape importante dans la reconstruction de la relation profonde et historique avec notre parti frère britannique », a rapporté The Guardian.

Réagissant aux informations faisant état d’antisémitisme au sein du parti, Starmer a promis de prendre des mesures décisives contre tout membre tenant des propos antisémites, alors qu’il renoue avec la branche israélienne du parti.

S’attirant quelques critiques de la gauche de son parti, Starmer a rejeté un rapport publié plus tôt cette année par Amnesty International qui affirmait qu’Israël était un état d’apartheid et a renvoyé un membre du parti qui a comparé les tactiques de la police israélienne au meurtre de George Floyd aux Etats-Unis.

Photo d’illustration : Keir Starmer, à gauche, et Jeremy Corbyn à la Chambre des Communes de Londres, le 26 novembre 2018. (Crédit : House of Commons / PA via AP)

Corbyn a été suspendu en 2020 du parti par Starmer, son successeur, après avoir suggéré que les problèmes d’antisémitisme du parti avaient été exagérés.

Dans une décision inhabituelle, Corbyn a rejeté en 2016 une invitation du leader de l’opposition israélienne de l’époque et du parti travailliste Isaac Herzog à visiter le mémorial de Yad Vashem. L’invitation de Herzog, pour un rappel des conséquences de l’antisémitisme, avait été faite à la suite d’une controverse antisémite qui s’étalait sur plusieurs mois entourant plusieurs responsables et militants affiliés au parti britannique.

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