Glick demande à la Haute cour de lever l’interdiction faite aux députés de se rendre sur le mont du Temple
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Glick demande à la Haute cour de lever l’interdiction faite aux députés de se rendre sur le mont du Temple

Alors que Netanyahu envisagerait de lever l’interdiction dans 3 mois, le député demande sa suspension avant Pessah

Yehuda Glick, député du Likud, devant la Cour suprême à Jérusalem, le 28 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yehuda Glick, député du Likud, devant la Cour suprême à Jérusalem, le 28 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yehuda Glick, député du Likud, a annoncé mardi avoir saisi la Haute cour de Justice contre la décision du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’interdire aux parlementaires de se rendre sur le mont du Temple, lieu saint cristallisant les tensions à Jérusalem.

Glick, membre du parti de Netanyahu, a dénoncé dans la plainte qu’il a déposée avec la Fondation du mont du Temple, et que l’AFP a pu consulter, comme « discriminatoire » et « politique » cette décision prise il y a près d’un an et demi en vertu de laquelle aucun des 120 membres de la Knesset n’a le droit de se rendre sur le mont du Temple.

Ce site est le premier lieu saint du judaïsme et troisième lieu saint de l’islam, et certains Juifs demandent le droit d’y prier, notamment Glick, suscitant la crainte chez les Palestiniens d’un possible changement du statu quo en vigueur sur le site ultra-sensible.

Ces règles autorisent la visite de tous mais ne donnent qu’aux musulmans le droit de prier. Les visites sous haute protection policière israélienne de Juifs dégénèrent régulièrement en incident et une vague de terrorisme palestinien avait commencé il y a un an et demi, entraînant la décision de Netanyahu.

Sur le mont du Temple, Yehuda Glick montre à des Juifs religieux un diagramme du Temple juif, qui se trouvait autrefois à l'emplacement du Dôme du Rocher, à Jérusalem, le 17 septembre 2013. (Crédit : Christa Case Bryant/The Christian Science Monitor via Getty Images)
Sur le mont du Temple, Yehuda Glick montre à des Juifs religieux un diagramme du Temple juif, qui se trouvait autrefois à l’emplacement du Dôme du Rocher, à Jérusalem, le 17 septembre 2013. (Crédit : Christa Case Bryant/The Christian Science Monitor via Getty Images)

L’approche de Pessah, le 10 avril, fait redouter à certains de nouvelles violences.

Lundi, il a été annoncé que Netanyahu envisageait de réexaminer sa position après la fête de Pessah, le 50e anniversaire de la réunification de Jérusalem pendant la guerre des Six Jours, et la fin du Ramadan, soit fin juin.

Glick a pris les devants, dénonçant dans une vidéo une « étrange et intolérable réalité » qui fait que « n’importe qui dans le monde peut se rendre dans ce lieu, sauf les députés » israéliens, musulmans comme juifs.

Dans sa plainte, Glick fait valoir le « retour au calme » sur le site, après que le gouvernement a déclaré illégaux les « mourabitate » et les « mourabitoune », ces sentinelles musulmanes auto-proclamées qui prétendent défendre le lieu saint face aux visiteurs juifs. Le gouvernement israélien affirme qu’elles agissent pour le compte du Mouvement islamique, un parti islamiste arabe israélien dont la Branche nord a été classée groupe terroriste.

Dans sa plainte, il affirme encore que la police israélienne, la seule présente à Jérusalem Est, a récemment préconisé le retour des ministres et députés israéliens sur le site.

Glick demande la fin de l’interdiction dès que possible, ou du moins pour la veille de Pessah.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan et le maire de Jerusalem Nir Barkat, le 16 septembre 2015 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan et le maire de Jerusalem Nir Barkat, le 16 septembre 2015 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Aucune date n’a encore été fixée pour l’audience de la Cour sur cette plainte, qui cite comme accusés le Premier ministre, le ministre de la Sécurité intérieure, le président de la Knesset Yuli Edelstein, la commission d’Ethique de la Knesset, le chef de la police Roni Alsheich et le procureur général Avichai Mandelblit.

Glick, rabbin né aux Etats-Unis, avait échappé en octobre 2014 à une tentative d’assassinat alors qu’il menait campagne pour les droits des Juifs sur le lieu saint.

En mai 2016, Glick était de retour sur le mont, mais n’a pu s’y rendre de nouveau puisqu’il a prêté serment à la Knesset juste après, ce qui avait déclenché la colère de Netanyahu.

« C’est la dernière fois que tu me fais ça », avait dit Netanyahu à Glick, qui avait semblé surpris, à la fin de la réunion du groupe parlementaire du Likud.

« Qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai appelé tout à l’heure [le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad] Erdan aux Etats-Unis, je lui ai dit cela », avait alors répondu le député au Premier ministre.

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